Guerre contre la drogue

C'est ainsi que tant au Canada, en Australie, que dans plusieurs pays d'Europe, on constate des tendances contradictoires entre les politiques juridiques et les politiques en matière de santé, et entre le national et le local. Les ministères de la Justice nationaux, sous la pression américaine à travers les Conventions internationales et de certaines industries et bureaucraties qui bénéficient de la prohibition actuelle de certaines drogues, poursuivent l'approche répressive traditionnelle.

Depuis les années 1990, il est clair que l'État cherche à réduire ses dépenses, et le secteur de la toxicomanie n'échappe pas à son regard. Comme le souligne avec vigueur le rapport du procureur-en-chef Cain en Colombie Britannique, la répression coûte extrêmement cher, tant par ses pratiques que par ses résultats.

Texte de Line Beauchesne, Ph.D., professeure agrégée du Département de criminologie de l’Université d'Ottawa, publié dans la revue Options politiques Vol. 19(8) , 24-27 (1998).

Menottes aux mains

À moins qu'une personne soit accusée d'un crime, la police n'a pas le droit de la détenir ou de l'arrêter.

Le cannabis et ses préparations deviennent synonymes de fléau au plan mondial dans les années 30. La plante en vient à représenter la quintessence de la « drogue » : son usage fait dès le début du 20e siècle l’objet d’une stigmatisation mise en scène à des fins politico-économiques, dans la mesure où l’opprobre dont elle est chargée demeure sans rapport avec sa toxicité véritable. Les consommateurs de cannabis appartiennent à des groupes culturels souvent mal compris, peu intégrés

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