Le Devoir, mardi 19 décembre 2006
Paul Cliche, Membre fondateur du Mouvement pour une démocratie nouvelle et auteur du livre Pour une réduction du déficit démocratique: le scrutin proportionnel
Jean-Pierre Charbonneau, Ex-président de l'Assemblée nationale et ex-ministre de la Réforme des institutions démocratiques
En renvoyant le dossier de la réforme du mode de scrutin au directeur général des élections, le ministre Benoît Pelletier a clôturé, il y a quelques jours, un énième cycle d'une interminable saga qui afflige la scène politique québécoise depuis le début des années 70. À la veille d'une année électorale, ce geste constitue en effet plus qu'un report. C'est d'un enterrement de première classe qu'il s'agit, comme l'ont d'ailleurs souligné la plupart des chroniqueurs politiques qui ont commenté le sujet. En fait, c'est même un flagrant mensonge politique quand on se souvient avec quelle vigueur les libéraux de Jean Charest avaient réclamé cette réforme alors qu'ils étaient dans l'opposition, justement à cause du mode de scrutin actuel, et quand on se souvient de leur promesse de modifier rapidement le système électoral. Cet enterrement risque d'ailleurs de se transformer en renvoi aux calendes grecques si le Parti québécois est élu lors des prochaines élections, car cette formation a annoncé qu'elle n'entendait pas procéder à une réforme du mode de scrutin avant l'accession du Québec à la souveraineté, cela en contradiction avec toutes les versions de son programme politique depuis sa fondation! Rappelons que le PQ avait lui aussi promis que les prochaines élections se feraient selon un mode de scrutin de type proportionnel.