Michka Seeliger-Chatelain - J'accuse

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J’accuse les cinq millions estimés de fumeurs d'herbe ou de haschisch en France, tous ceux qui savent et qui pourtant se sont réfugiés dans le silence hypocrite face à la doctrine officielle.

De retour en France dans le milieu des années 1980,
elle se penche sur la question du cannabis, qu’elle a découvert non loin de Vancouver.
Le Canada va être l’un des premiers pays au monde à le légaliser,
et l’ambiance avant-gardiste qui y règne a modifié ses idées reçues.
(Cannabis récréatif légalisé en 2018 au Canada en respectant l'autonomie des 10 provinces et 3 territoires.)

Michka Seeliger-Chatelain - J'accuse

Soumis par Zappiste.
https://blocpot.qc.ca/fr/forum/5389

http://forum.doctissimo.fr/sante/cannabis/accuse-michka-sujet_145974_1.htm

Michka est journaliste et écrivain. Elle a écrit avec Hugo Verlomme le premier livre français sur le cannabis le Dossier vert d'une drogue douce (Laffont, 1978) et vient de publier le Cannabis est-il une drogue ? (Éditions Georg, 1993). Spécialiste du cannabis, elle a été appelée comme expert au procès de Valenciennes.

J’accuse la France d'être la nation la plus rétrograde d'Europe en matière de drogues illicites, la seule (avec le Luxembourg) où l'on aille encore en prison pour le simple fait d'avoir fumé un joint.

J’accuse les ministres de l'Intérieur, ainsi que les ministres de la Justice qui se sont succédé depuis quinze ans, de n'avoir pas fait respecter la circulaire Pelletier enjoignant de ne pas poursuivre les fumeurs de cannabis en possession de petites quantités d'herbe ou de haschisch destinées à leur usage personnel.

J’accuse les ministres de la Santé successifs d'avoir ignoré que le cannabis ne pose pas de problème de santé publique ; et je les accuse de ne pas avoir su s'entourer des conseillers qui les auraient éclairés.

J’accuse les divers Monsieur ou Madame Drogue d'avoir contribué à une désinformation systématique, et d'avoir par là même discrédité auprès des jeunes toutes les campagnes d'information véritable.

J’accuse les membres des différents gouvernements qui sont venus au pouvoir depuis vingt ans d'avoir décidé de leur attitude face aux drogues illicites en fonction de tactiques politiques plutôt qu'en fonction du bien des citoyens.

J’accuse les législateurs qui ont voté une loi aberrante, reposant sur des mots sans définition, comme le mot stupéfiant (un stupéfiant y est défini comme "une substance inscrite au tableau des stupéfiants" ... ).

J’accuse les juges et les procureurs qui appliquent sans broncher une loi inique, portant atteinte aux libertés les plus fondamentales, d'envoyer chaque année en prison quelques milliers de citoyens auxquels on ne peut faire d'autre grief que de préférer la marijuana au tabac ; et je les tiens pour responsables des 32 000 interpellations annuelles pour cause de cannabis.

J’accuse les médecins qui ne savent pas, ou qui ne font pas savoir, qu'au contraire de l'alcool et du tabac, officiellement responsables de 82 000 morts par an en France, on ne trouve pas, dans toutes les annales de la médecine, un seul cas de décès imputable au cannabis.

J’accuse la police, qui se félicite à chaque fois qu'elle met la main sur un petit vendeur, pendant que l'argent sale (10 % de notre produit national brut, selon le rapport Larcher) inonde la vie financière et corrompt les dirigeants les plus haut placés, dont la "respectabilité" garantit l'impunité.

J’accuse les pays du Nord qui, en tout impérialisme culturel, ont interdit aux pays du Sud de consommer leurs psychotropes traditionnels, comme le cannabis, intégré depuis plusieurs milliers d'années à la vie religieuse et profane sur le continent indien ; et je les accuse d'imposer à ces pays, comme seules drogues licites, l'alcool, le tabac à les psychotropes chimiques fabriqués par notre industrie, pharmaceutique.

J’accuse les scientifiques qui préfèrent détourner le regard lorsque des études pseudo-scientifiques servent de caution aux croisés de la guerre contre le cannabis.

J’accuse les économistes qui taisent l'exorbitant fardeau financier de la prohibition, le scandale des millions de dollars dépensés annuellement dans les pays industrialisés pour tenter, au-delà de toute raison, de maintenir en place une prohibition dont l'échec est patent; et je les accuse aussi de ne pas démonter le mécanisme pourtant fort simple par lequel la répression fait monter les prix et stimule le marché des drogues illicites, contribuant à l'expansion du trafic.

J’accuse les intervenants en toxicomanie qui perpétuent le malentendu en ne répétant pas en toute occasion qu'il n'y a pas de dépendance physique au cannabis ; et que les. fumeurs d'herbe, ou de, haschisch, loin d'être des malades à soigner, n'ont aucun besoin de leur aide.

J’accuse les spécialistes qui laissent se perpétuer le mythe de l'escalade alors que les chiffres parlent d'eux-mêmes 96 % des fumeurs de cannabis ne "passent" pas aux drogues dures.

J’accuse tous ceux, journalistes, enseignants, éducateurs, qui contribuent au maintien de l'imposture en utilisant l'expression "la drogue", Amalgamant de fait des substances qui n'ont rien de commun entre elles, si ce n'est de tomber sous le coup du même interdit.

J’accuse les parents qui n'ont pas su maintenir ouvertes les portes de la communication avec leurs enfants et qui, en conséquence, voient d'un oeil favorable l'installation d'un climat policier jusque dans les familles.

J’accuse les cinq millions estimés de fumeurs d'herbe ou de haschisch en France, tous ceux qui savent et qui pourtant se sont réfugiés dans le silence hypocrite face à la doctrine officielle.

J’accuse enfin les technocrates peu soucieux d'éthique qui s'apprêtent à se remplir les poches en nous imposant le dépistage du cannabis dans les urines, sous de faux prétextes de sécurité.

En conséquence, j'exhorte tous les citoyens de ce pays à mettre en oeuvre ce qui est en leur pouvoir pour corriger une désastreuse erreur collective ; et j'appelle, en particulier, à la révision de la loi de 1970 qui viole la Déclaration universelle des droits de l'homme selon laquelle "la liberté consiste à pouvoir faire tout ce qui ne nuit pas à autrui.

Biographie de l'auteur
Michka Seeliger-Chatelain, dite Michka, est une femme de lettres née en France, pays qu’elle quitte à l’âge de vingt ans, pour rejoindre en Angleterre un Britannique amoureux de la mer.

Installée dans le sud de l’Angleterre, elle enseigne le français tout en retapant un très vieux et très petit voilier, sur lequel le couple part à l’aventure, après avoir vendu tous ses biens. Elle découvre une liberté incommensurable, durant une année de croisière vagabonde.

Puis les deux navigateurs émigrent en Colombie-Britannique, à l’ouest du Canada, où ils se lancent dans la construction d’un voilier de belle taille, dans lequel ils rentreront en France (par le canal de Panama). Ces années nautiques donneront naissance à son premier livre, Le grand départ et la vie sur l’eau, publié chez Albin Michel en 1977.

Dans une tranche de vie ultérieure, elle retourne en Colombie-Britannique, en compagnie cette fois de l’écrivain Hugo Verlomme. Ils construisent en forêt une "cabane", qui sera agrandie au fil des ans et deviendra le lieu au monde où elle se sent le plus chez elle. Il leur naîtra deux fils, qu’ils auront la joie d’élever ensemble.

De retour en France dans le milieu des années 1980, elle se penche sur la question du cannabis, qu’elle a découvert non loin de Vancouver. Le Canada va être l’un des premiers pays au monde à le légaliser, et l’ambiance avant-gardiste qui y règne a modifié ses idées reçues. Elle publie des livres sur ce sujet chez divers éditeurs, à Paris et Genève.

En 1995, ses écrits lui valent d’être poursuivie en justice par un croisé anti-cannabis, un professeur couvert d’honneurs qui détourne la science afin de manipuler l’opinion. Ce procès, suivi par la presse de différents pays, la fait passer dans le camp des « activistes ».

Ses années d’immersion dans une certaine culture américaine l’ont faite qui elle est. Michka s’est longtemps perçue comme un pont entre l’Amérique du Nord et la France, tant dans son rôle de traductrice (notamment des Livres de Seth, canalisés par Jane Roberts) que dans le choix des ouvrages qu’elle publie dans la maison d’édition qu’elle a fondée, en 2000, avec son « compagnon d’armes », Tigrane Hadengue.

En 2017, Sensi Seeds, l’une des plus anciennes compagnies commercialisant les semences de cannabis aux Pays-Bas (où cette activité est légale), crée une nouvelle variété, la Michka®, en hommage à la façon dont elle a contribué à « améliorer la connaissance » de cette plante.

Son goût pour l’exploration et son amour de la nature se sont combinés pour faire de Michka une pionnière de l'agriculture bio et des potagers urbains, de la naissance naturelle et de l’allaitement long.

Depuis la mort de sa mère en 2015, elle est parfois saisie de tremblements (Parkinson) qui lui font explorer les chemins de la guérison.

Elle se consacre aujourd’hui à son métier d’éditrice et à l’écriture. Son livre le plus récent, Feu la jalousie, paraît en 2023.

Elle se réjouit du retour de lecteurs (et, plus encore, de lectrices) affirmant qu’elle les libère car, par ses livres, elle les « autorise » à être eux-mêmes et elles-mêmes.

« GABRIEL NAHAS Vs MICHKA SEELINGER-CHATELAIN »

Gabriel Georges Nahas (4 mars 1920 – 28 juin 2012) était un anesthésiste
connu pour son plaidoyer contre la consommation de marijuana et pour l’illégalité
des drogues.

G. Nahas qui a globalement appuyé tous les clichés erronés sur le cannabis,
ce qui lui a valu une désolidarisation publique de l’université de Colombia
dès 1975.

Son dernier communiqué de presse intitulé « Cannabis, alerte rouge à l’épidémie
» a d’ailleurs entrainé très récemment une attaque publique en règle de
Didier Jayle, ancien président de la Mission Interministérielle de Lutte
contre les Drogues et les Toxicomanies, relayée le 27 mars 2014 par le
réseau « SOS addiction » présidé par le Dr William Lowenstein, qui estiment
à juste titre que « L’académie nationale de médecine ne remplit pas sa
mission » .

Michka Seeliger-Chatelain

L’individu n’est-il pas souverain quant à ce qu’il souhaite introduire dans
son propre corps ? Et même : en tant qu’êtres humains, ne recevons-nous pas,
à la naissance, le droit d’utiliser à notre guise toutes les plantes qui
poussent sur notre belle planète ?

Oui, le THC possède des effets psychotropes, c’est ce qui fait sa beauté. À
condition de l’honorer et de respecter un code des bons usages qui,
justement, n’a pas encore eu la possibilité de voir le jour chez nous du
fait de sa prohibition !

C’est dans les années 90 qu’elle est devenue une personnalité cannabique
internationale. Suite à la publication d’un article qui remettait en cause
ses recherches, le Professeur Gabriel Nahas, un pseudo scientifique anti
cannabis, avait attaqué Michka en diffamation. Ce rôle du médecin anti
cannabis est maintenant tenu par le professeur Jean Constentin. Suite à cet
événement, elle a reçu le soutien de nombreuses personnalités cannabiques
internationales et a même eu une double page dans le magazine américain High
Times. Elle a participé aux premières cannabis cups à Amsterdam et on peut
encore la rencontrer aujourd’hui dans la plupart des expos cannabiques
européennes. Michka : De la main gauche, Mama Edition

Un jour de 1994, je crois, la moutarde nous est montée au nez, au docteur
Bertrand Lebeau et moi-même, en découvrant qu’un professeur de médecine,
conseiller de l’OMS et de différents chefs d'État, mettait en avant des «
études scientifiques » menées en dépit du bon sens, dans le but d’alimenter
sa croisade anti cannabis. Nous avons écrit deux articles incisifs… et le
croisé en question nous a poursuivis en justice. Il en est résulté un procès
qui fit un certain bruit. Il faut rappeler qu’en France, la loi votée en
1970, toujours en vigueur, prévoit une peine de prison pour les fumeurs de
cannabis. Dans les années 1990, les forces de police réprimaient jusqu’à la
représentation de sa feuille, allant jusqu’à faire pression sur les
libraires pour qu’ils cachent les livres non conformes. Au tout début des
années 2000, j’ai pris plaisir à braver cet interdit en présentant, au salon
de l’Agriculture de Paris, un petit livre intitulé Pourquoi et comment
cultiver du chanvre... avec, en couverture, une gracieuse Ève voilant sa
nudité derrière une feuille de chanvre. Ce qui me valut d’être embarquée
manu militari au quai des Orfèvres pour y être interrogée. Les Verts m’apportèrent
leur soutien, le Journal de 20 heures sur Canal+ présenta « le livre que l’on
n’a pas le droit de montrer », et il en résulta une certaine commotion.
Fondamentalement, je m’exprime par ma plume ; mais j’ai le goût de l’aventure…

Une nouvelle variété d’herbe au nom de Michka
Une nouvelle variété de cannabis qui porte le nom d’une personnalité
française ! Une grande banque de graines hollandaise a décidé de rendre
hommage à celle que l’on surnomme parfois « La grande dame du cannabis », la
célèbre éditrice et écrivaine cannabique Michka Seeliger-Chatelain, plus
connue sous le nom de Michka.

Créée par les breeders de Sensi Seeds, la Michka est une variété à dominante
sativa, avec une période de floraison qui peut aller jusqu’à 85 jours. La
Michka est une plante au parfum d’agrumes, issue de la session de breeding
qui a donné naissance à la variété Eagle Bill.

Cette variété se distingue par son effet dynamisant et ses effluves de
citron frais et de pamplemousse. Cette nouvelle variété a été présentée en
avant-première au salon Cannafest à Prague en novembre dernier. Michka est
bien connue des lecteurs de Soft Secrets puisqu’elle apparaît régulièrement
dans le journal. Elle figurait même dans le tout premier numéro en français
en 2002 avec un article sur le musée du fumeur à Paris. Pourquoi Sensi Seeds
a-t-elle choisi cette personnalité française pour donner un nom à cette
nouvelle variété ? Pionnière dans le domaine du cannabis, Michka est l’auteure
d’une demi douzaine de livres sur le sujet, cofondatrice avec Tigrane
Hadengue de Mama Editions et du Musée du fumeur, éditrice de plusieurs
livres en français sur la culture du cannabis et jury dans plusieurs
cannabis cups.

NAHAS
Parmi les chercheurs présentant régulièrement des conclusions hâtives sur le
chanvre, le pionnier est sans nul doute G. Nahas qui a globalement appuyé
tous les clichés erronés sur le cannabis, ce qui lui a valu une
désolidarisation publique de l’université de Colombia dès 1975.

En France, l’académie nationale de médecine relaie pourtant très
régulièrement ces informations mensongères depuis 40 ans et les appuie
actuellement par les ouvrages de certains membres de l’académie peu
scrupuleux ou de leur thésards, dont les conclusions sont littéralement
déconcertantes, de par l’ampleur des contre-vérités qui y sont exposées et
la teneur idéologique du discours.

Son dernier communiqué de presse intitulé « Cannabis, alerte rouge à l’épidémie
» a d’ailleurs entrainé très récemment une attaque publique en règle de
Didier Jayle, ancien président de la Mission Interministérielle de Lutte
contre les Drogues et les Toxicomanies, relayée le 27 mars 2014 par le
réseau « SOS addiction » présidé par le Dr William Lowenstein, qui estiment
à juste titre que « L’académie nationale de médecine ne remplit pas sa
mission » .

Les méthodes employées font généralement appel à des expériences sur des
modèles animaux et peuvent recourir à des doses très élevées, jusqu’à 1000
fois supérieures aux doses usuelles ; d’autres conditions artificielles qui
n’aident pas vraiment à reproduire les conditions réelles sont bien souvent
ajoutées, comme par exemple l’utilisation de masque à gaz permettant l’asphyxie
des singes par manque d’oxygène pour prouver la neurotoxicité du cannabis ou
encore l’injection préalable d’un antagoniste du THC pour prouver la
dépendance physique au cannabis; puis ces résultats sur modèle animal sont
transposés littéralement ou presque sur les modèles humains, en omettant au
passage de considérer de nombreux facteurs de confusion ou bien en
extrapolant des théories neurobiologiques fumeuses.

La recherche a-t-elle été menée sur des êtres humains?

S’il est question des effets positifs ou négatifs d’un aliment ou d’un
médicament sur la santé humaine, il devrait être spécifié que la recherche a
été menée sur des humains.

En effet, les résultats de tests faits sur des animaux ne peuvent pas
systématiquement s’appliquer à l’humain en raison des différences
physiologiques (réactions aux produits chimiques, susceptibilité aux virus,
etc.).

De plus, les doses administrées aux animaux peuvent être différentes de
celles que l’on donnerait à des humains. Autrement dit, les résultats de
recherche obtenus pour une souris… valent pour une souris!

Rencontre avec Michka Pionnière Du Chanvre En France

Michka : En 1970, après un an de croisière sur un vieux voilier, j’ai quitté
l’Europe pour le Canada. Je suis arrivée en Colombie-Britannique, non loin
de Vancouver, et j’ai trouvé un poste de prof de français dans un lycée au
nord de la province. Et un soir, lors d’une réunion avec d’autres profs, on
m’a passé un joint… ou plutôt un stick, comme cela se pratiquait là-bas, c’est-à-dire
une mince cigarette ne contenant que du cannabis, sans tabac. Je n’avais
jamais été confrontée à cette plante et j’ai été très décontenancée. J’ai
fait semblant de tirer une bouffée et, bien sûr, je n’ai rien senti. C’est
seulement à la troisième occasion que je me suis laissé aller suffisamment
pour sentir quelque chose. Là, j’ai su très vite qu’avec l’Herbe, comme j’aime
l’appeler, j’avais trouvé une amie. Soudain, je découvrais un nouveau
continent. Aux antipodes de l’image que ma culture en donnait. Non sans une
certaine naïveté, j’ai voulu faire savoir au monde que nous avions des idées
fausses sur la question. Cela a pris la forme d'un livre, co-écrit avec Hugo
Verlomme, Le Dossier vert d’une drogue douce, paru chez Robert Laffont en
1978. Mais c’est seulement quinze ans plus tard que mon rôle d’écrivain
allait me précipiter dans l’arène…

Un jour de 1994, je crois, la moutarde nous est montée au nez, au docteur
Bertrand Lebeau et moi-même, en découvrant qu’un professeur de médecine,
conseiller de l’OMS et de différents chefs d'État, mettait en avant des «
études scientifiques » menées en dépit du bon sens, dans le but d’alimenter
sa croisade anti cannabis. Nous avons écrit deux articles incisifs… et le
croisé en question nous a poursuivis en justice. Il en est résulté un procès
qui fit un certain bruit. Il faut rappeler qu’en France, la loi votée en
1970, toujours en vigueur, prévoit une peine de prison pour les fumeurs de
cannabis. Dans les années 1990, les forces de police réprimaient jusqu’à la
représentation de sa feuille, allant jusqu’à faire pression sur les
libraires pour qu’ils cachent les livres non conformes. Au tout début des
années 2000, j’ai pris plaisir à braver cet interdit en présentant, au salon
de l’Agriculture de Paris, un petit livre intitulé Pourquoi et comment
cultiver du chanvre... avec, en couverture, une gracieuse Ève voilant sa
nudité derrière une feuille de chanvre. Ce qui me valut d’être embarquée
manu militari au quai des Orfèvres pour y être interrogée. Les Verts m’apportèrent
leur soutien, le Journal de 20 heures sur Canal+ présenta « le livre que l’on
n’a pas le droit de montrer », et il en résulta une certaine commotion.
Fondamentalement, je m’exprime par ma plume ; mais j’ai le goût de l’aventure…

On vante de plus en plus les bienfaits du chanvre ou du CBD, mais vous
militez depuis des années pour la légalisation du cannabis. Comment
expliquer les bienfaits d'une plante qui, avec sa teneur en THC, possède des
effets psychotropes parfois risqués (bad trip, etc.) ?

Je vois là deux sujets différents : les éventuels bienfaits du cannabis d’une
part et, de l’autre, sa légalisation. S’il faut le légaliser, ce n’est pas
en vertu d’éventuels bienfaits, mais parce que la prohibition elle-même
entraîne des effets pervers. On l’a vu avec la prohibition de l’alcool aux
États-Unis qui, pendant la quinzaine d’années qu’elle a duré, a eu des
conséquences dévastatrices sur la santé publique et la société en général.
Il faudrait légaliser le cannabis quand bien même il serait dangereux. Car
la prohibition crée de nouveaux risques. Un peu comme pour l’avortement, qui
était dangereux tant qu’il était clandestin. Personnellement, je suis prête
à aller plus loin : l’individu n’est-il pas souverain quant à ce qu’il
souhaite introduire dans son propre corps ? Et même : en tant qu’êtres
humains, ne recevons-nous pas, à la naissance, le droit d’utiliser à notre
guise toutes les plantes qui poussent sur notre belle planète ? Oui, le THC
possède des effets psychotropes, c’est ce qui fait sa beauté. À condition de
l’honorer et de respecter un code des bons usages qui, justement, n’a pas
encore eu la possibilité de voir le jour chez nous du fait de sa prohibition
!

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