"Accompagner le risque, épauler son ado, et se dire que l'on fait toujours de son mieux" !

Forums: 

Zappiste: De séparer l'alcool, drogue dure la plus consommée qui cause des comas. des morts, des maladies et des comportements antisociaux, de "LA" drogue ne vas pas aider à balayer les clichés genre: Les bons drogués aux drogues licites et les mauvais drogués aux produits illicites.

http://www.laprovence.com/article/salon-de-provence/ces-adolescents-pour...

Ces adolescents pour qui les adultes s'inquiètent (trop ?)
Publié le jeudi 22 mars 2012 à 11H38

La MDA multiplie les échanges afin de rassurer les parents et ne pas stigmatiser les jeunes

Ah , l'adolescence ! Cette période trouble de bouleversements physiques, physiologiques, psychologiques... Cette période problématique, dirait une grande majorité de parents.

"C'est un thème qui revient régulièrement lors des cafés santé que nous organisons", révèle Agnès Benoît, coordinatrice psychiatre de Salon action santé. C'est pourquoi elle a proposé à Manon Delhomme, éducatrice à la Maison des adolescents 13 Nord, d'intervenir sur le sujet "Adolescence et conduites à risque".

Une première pour celle qui s'adresse habituellement aux jeunes ou à des parents mais dans des situations concrètes. "Je veux réconcilier la vision que les parents ont de l'adolescence avec la réalité, réexpliquer ce qu'est cette période." L'intervenante balaie les clichés sur l'alcool, la drogue, les jeux vidéos : "les jeunes se sentent stigmatisés, car d'un événement isolé, les adultes en font une généralité".

"Dédramatiser sans banaliser"

Et de rappeler que personne ne peut empêcher le risque et que celui-ci fait même partie de la construction vers l'âge adulte. "Il faut dédramatiser sans banaliser. Des parents, lorsqu'ils découvrent du cannabis dans les affaires de leur enfant, nous appellent pour qu'on réalise un test urinaire. Nous leur proposons plutôt de venir avec leur enfant pour en discuter."

Un lieu neutre, un tiers pour écouter les angoisses et les envies de chacun, permettent souvent de désamorcer une crise. Elle donne un exemple : "une famille est venue. Le père a expliqué son inquiétude, le fils a parlé de l'effet de socialisation du cannabis. Nous lui avons fait prendre conscience de l'illégalité de son comportement et demandé de réfléchir à une façon de rassurer ses parents. Il a alors décidé de leur présenter ses amis."

Les parents doivent se montrer plus attentifs sur les premières prises de risque, car ce sont souvent elles qui tournent mal et dont les conséquences sont dommageables. "Le jeune ne connaît pas le produit qu'il consomme, il ne connaît pas bien son corps et ses limites", explique l'éducatrice. Elle insiste sur la responsabilisation des adolescents.

Fixer des limites que l'ado va repousser

Sortir de l'enfance pour arriver à l'âge adulte passe par une phase de séparation : le jeune demande de l'indépendance tout en voulant être certain que ses parents seront à ses côtés. "Les adultes doivent continuer à fixer des limites et l'adolescent cherchera toujours à les repousser. Les échanges avec les parents permettent de les rassurer dans leur rôle et les rencontres leur démontrent qu'ils ne sont pas les seuls à éprouver des difficultés."

L'adolescence est une période de réajustement permanent, où les parents peuvent décider de ce sur quoi ils lâchent prise, quitte à resserrer la vis en cas de débordement. "Il est essentiel d'aider le jeune à développer son esprit critique. Je suis étonnée de voir la passivité des adolescents lors des interventions. Ils n'ont pas d'avis, comme s'ils ne géraient plus toutes les informations qu'ils reçoivent."

"Mettre entre parenthèses le quotidien"

La faute peut-être, selon Manon Delhomme, à une limitation de la frustration depuis le plus jeune âge, les parents craignant que leur enfant s'ennuie. "Or on a besoin d'ennui voire de moments de déprime, pour stimuler l'imagination et trouver les ressources nécessaires pour se sortir d'une situation complexe." Car c'est là que se situe le problème des addictions : "quand la personne ne voit plus qu'une seule et unique solution à ses problèmes alors oui, on peut parler d'addiction".

Et de rappeler que si les ados utilisent des produits comme la drogue ou l'alcool, les adultes eux, se rabattent sur les médicaments puisque les Français sont les plus gros consommateurs d'anxiolytiques. "Les conduites à risque sont souvent une manière de mettre entre parenthèses leur quotidien, où on leur demande d'être performants, de penser à leur avenir alors qu'on le leur présente sans grand espoir." Autre mauvaise solution : légiférer à tout prix sur tout.

Mais Manon Delhomme se veut optimiste et livre aux adultes quelques conseils de base à retenir : "accompagner le risque, épauler son ado, et se dire que l'on fait toujours de son mieux" !

ABARTHELEMY

Commentaires

Ajouter un commentaire

Plain text

  • Aucune balise HTML autorisée.
  • Les adresses de pages web et de courriels sont transformées en liens automatiquement.
  • Les lignes et les paragraphes vont à la ligne automatiquement.