Les hautes mesures de sécurité ne parviennent pas à éliminer le trafic de drogues, armes et autres objets

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19 janvier 2011 à 12h02
Saisies au pénitencier de Cowansville: Du pot, des couteaux et... des cheveux!
Par Mélina Jacques

Les hautes mesures de sécurité qui prévalent au Pénitencier fédéral de Cowansville ne parviennent pas à éliminer le trafic de drogues, armes et autres objets vers les prisonniers. Pour voir en détails le graphique, cilquez sur l'image.

Des milliers de grammes de drogue, comme de la marijuana et des pilules de méthamphétamine (speeds), des armes, comme des couteaux, des lames et des pics, parviennent à se frayer un chemin à travers les imposantes mesures de sécurité pour se rendre jusqu'à l'intérieur du Pénitencier de Cowansville, révèlent des documents obtenus par l'Express grâce à la Loi sur l'accès à l'information.

Les quantités retrouvées par les agents correctionnels à l'intérieur des murs de la prison sont impressionnantes. En 2010 par exemple, pas moins de 236 grammes de marijuana, 360 grammes de hash et 230 pilules de toutes sortes ont été saisis.

Malgré qu'ils soient confinés dans un environnement sécurisé, les prisonniers parviennent aussi à mettre la main sur des armes, comme des pics, des lames des exactos et des aiguilles. Des objets inusités comme des cellulaires, des cartes mémoire de console de jeux Playstation, des montres trafiquées et même... des sacs de cheveux.

Selon Jean-Yves Roy, gestionnaire des communications au Service correctionnel Canada, les méthodes sont très variés pour parvenir à déjouer la sécurité; visiteurs qui dissimulent la drogue sur eux-mêmes, des colis lancés par dessus les clôtures, des détenus qui reviennent de l’extérieur… et même des véhicules de livraison (Le 19 avril 2010, un paquet contenant 99 grammes de haschich et 69 grammes de marijuana a été saisi sous un véhicule de livraison).

Les gardiens font leur travail
Claude Duchesneau, président du syndicat des employés du pénitencier, croit fermement que le personnel en place fait son possible pour limiter l'entrée de drogues, d'armes et autres, mais avoue que les prisonniers font preuve de beaucoup d'imagination pour contourner les contrôles.

«Je ne crois pas qu'il nous manque d'effectifs. Au contraire, la présence de drogue dans l'établissement est à la baisse, grâce entre autres à des détecteurs plus efficaces. Mais il y a encore bien des gens qui ont des petits trucs afin de dissimuler des objets ou substances interdits. Je pense par exemple à des balles de tennis, des doublures de cartables ou même des couches de bébé», indique-t-il.

Les quantités de drogues saisies ont nettement diminué entre 2009 et 2010, tout particulièrement en ce qui a trait aux médicaments. En effet, en 2009, on a saisi une quantité impressionnante de 300 pilules d'antipsychotiques ou d'antidépresseurs, alors qu'en 2010, on en dénombrait seulement cinq.

Les prisonniers jouent les pharmaciens
Alors que dans les dernières décennies les prisonniers tentaient de produire de l'alcool de toutes les manières possibles, ceux-ci se sont tranquillement tournés vers les combinaisons médicamenteuses. Et ils sont doués, avoue Sylvie Desrosiers, de l'école de criminologie de l'UQAM.

«Les pilules ont désormais remplacé l'alcool frelaté qu'on produisait anciennement à partir de n'importe quel déchet de table. Aujourd'hui, on voit que les prisonniers deviennent de vrais spécialistes des combinaisons médicamenteuses et il est très difficile de tout contrôler à l'intérieur des murs. C'est pourquoi on préfère ne plus prendre de chance et tout saisir, même les Tylenol.»

Responsable du Pénitencier de Cowansville, le Service correctionnel du Canada a refusé de commenter les données obtenues par l'Express.

Toutefois, le gestionnaire aux communications, Jean-Yves Roy affirme que «dans le cadre de la transformation fondamentale de ses activités et dans le but d’améliorer la sécurité du public, le SCC est à mettre en place une approche nationale cohérente de contrôle des entrées principales de ses établissements afin d’empêcher l’introduction de drogues».

Cela se traduira par différentes mesures, notamment l'élargissement du programme de chien détecteurs de drogues, un meilleur service de renseignement et hausser le niveau de sécurité physique dans les établissements, notamment l'ajout de détecteurs à ions.

Avec la collaboration d'Alain Bérubé.

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