C’est la prohibition qui génère la violence
"Il y a énormément de violence générée par la mariculture. Mais nous, on considère que c’est la prohibition qui génère cette violence-là"
Le Nouvelliste, samedi 19 novembre 2005
Par Marcel Aubry
Au lieu de servir à faire de la répression et de la dénonciation, l’argent devrait plutôt servir à inciter les producteurs de cannabis à avoir une attitude plus responsable, estime M. Blackburn. Selon lui, le fait de mettre l’accent davantage sur la prévention et l’éducation contribuerait à créer un climat plus sain.
Blak D. Blackburn dénonce les "mesures répressives" utilisées par la SQ dans le cadre de l’opération Cisaille
Bécancour - Blak D. Blackburn, le candidat d’Option vert dans le secteur Sainte-Angèle-de-Laval de la Ville de Bécancour aux dernières élections municipales, dénonce les "mesures répressives" utilisées par la Sûreté du Québec dans le cadre de l’opération Cisaille.
M. Blackburn, qui a aussi été candidat du Parti marijuana et du Bloc pot aux dernières élections fédérales et provinciales, s’emploie quant à lui à essayer de "développer la culture du cannabis de façon positive". Il convient que cette culture est un problème dans la région du Centre-du-Québec.
"Il y a énormément de violence générée par la mariculture. Mais nous, on considère que c’est la prohibition qui génère cette violence-là", affirmait le candidat lors du débat organisé par la Chambre de commerce de Bécancour durant la dernière campagne électorale.
Commentant par ailleurs, en entrevue au Nouvelliste, le dépôt du rapport de l’opération Cisaille par la Sûreté du Québec et la subvention de 160000$ octroyée par Santé Canada au Comité local de lutte à la culture du cannabis, M. Blackburn a dit estimer que cet argent devrait être utilisé à des fins d’éducation et de prévention plutôt qu’à des fins de répression et de dénonciation, comme il estime que c’est le cas actuellement.
Selon lui, la façon de procéder actuelle ne fait qu’appauvrir le comté de Nicolet-Yamaska. "Ça crée un climat social malsain et je ne pense pas que la société soit bien servie par un type de répression sauvage comme ça", a-t-il déclaré.
Comme représentant du Parti marijuana et du Bloc pot et à titre de président de l’Association des mariculteurs indépendants (AMI), un organisme qui s’est donné pour mission de promouvoir, de développer et de défendre l’industrie de la mariculture, M. Blackburn aimerait bien par ailleurs être invité à siéger au sein du comité présidé par le Dr André Dontigny. "Non seulement on a une expertise dans le domaine, mais on est la seule voix de cette industrie-là. Et nous, on considère que ce comité anticannabis devrait plutôt être un comité prévention cannabis."
Quant à la subvention obtenue par le comité, M. Blackburn regrette que cet argent soit notamment utilisé, selon lui, "à faire de la propagande, à inciter les gens à faire de la dénonciation et à pousser les propriétaires de terres agricoles à signer un contrat social de consentement pour les faire abandonner ainsi leurs droits civils comme en temps de guerre" et permettre à la Sûreté du Québec de "procéder comme elle veut, quand elle veut, avec les moyens qu’elle veut sur les terres".
Au lieu de servir à faire de la répression et de la dénonciation, l’argent devrait plutôt servir à inciter les producteurs de cannabis à avoir une attitude plus responsable, estime M. Blackburn. Selon lui, le fait de mettre l’accent davantage sur la prévention et l’éducation contribuerait à créer un climat plus sain.
"Toutes les études prouvent que la dénonciation, ça ne mène à rien. Avec le même argent, on serait bien mieux d’engager plutôt des travailleurs sociaux, des travailleurs de rue et des psychologues." À long terme, les résultats seraient plus probants, selon lui.
















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