1998-2008 : 10 ans d'élections

La jeunesse québécoise affronte les vieux démons de la prohibition

Il y a dix ans, le Bloc Pot vivait sa première expérience électorale et par le plus grand des hasards, le Québec commença à parler comme jamais du cannabis récréatif. Malgré la jeunesse politique du Bloc Pot, le vieux débat (sic) de la prohibition sera brillamment rallumé par l'équipe du parti lors des élections provinciales de 1998.

Un parti, une cause?

Afin de créer un parti, il fallut trouver un point de ralliement au sein de la communauté bigarrée du pot et celle du milieu intellectuel de la "réduction des méfaits".

La première Assemblée générale, suite à un travail de recherche et de discussion fait par les premiers membres actifs du parti, adopta un programme calqué sur celui du premier parti pro-pot au monde ainsi que sur le Parti vert de l'Ontario.

Seulement le cannabis?

Et oui, l'approche adoptée est celle des partis à vocation unique. Cette stratégie avait l'avantage de rapatrier ensemble différentes opinions sur un sujet fort et ce, afin de concrètement combattre les préjugés sociaux.

Par le fait même, nous évitions la longue et plate liste d'épicerie qui aurait pu créer des conflits ou des scissions dans le groupe hétéroclite que nous formions et diluer notre lutte principale.

Alors, nous nous sommes concentrés uniquement sur le cannabis évitant ainsi une crise d'hystérie collective sur une position plus globale au sujets des autres drogues.

Comment?

Lorsque nous parlons du cannabis (terme officiellement utilisé), nous tenions à mettre en valeur les avantages qu'apporterait un changement législatif. Le programme prend donc un aspect assez pratique.

De plus, nous avons réussi à éviter les mots trop souvent galvanisés par une presse à sensation. Ainsi, légalisation et décriminalisation furent laissées tomber à la faveur d'une action législative précise et beaucoup plus explicite qu'aucun parti ou analyste ne pouvait contester sur sa forme.

En dernier point, une annexe fut ajoutée au programme afin d'établir des règles pour une utilisation responsable du cannabis. L'objectif de cette section était de démontrer notre intérêt à protéger et à responsabiliser les individus consommateurs, la société en général et à ne pas promouvoir la consommation.

Cet aspect du "Comment" s'est grandement développé par la suite sans dénaturé ou contredire la première version de notre programme atteignant ainsi, une plus grande maturité politique.

Ce programme est-il trop simple?

Ce programme donna le ton au parti sans mettre de côté toutes les idées présentes au sein des membres du parti. Le programme stipule donc que chaque candidat et candidate a le droit à la dissidence lors des campagnes électorales.

En plus de démontrer les avantages du cannabis, les activistes peuvent ainsi donc participer activement à tout autre débat qui les concernent ou qui touchent leur société.

C'est assurément faire de la politique inversée en cette période où tout est consommation jetable, même si partir de la base afin d'organiser l'ensemble est contraire à la politique institutionnelle, cela reste notre seul choix sensé.

Tâche difficile et impossible mais qui en vaut la peine afin que le mot changement ne soit plus jamais un mauvais slogan de campagne électorale!

Programme actuel
Plateforme électorale de 2003 (pdf seulement)
Plateforme électorale de 2007

Anecdote de 1998
-Bloc pot vert, un nom dans le vent ! Il fallut de peu que le Bloc Pot reprenne le nom du Parti vert en 1998 lorsque celui-ci cessa d'exister. À suivre...
-Lors des élections de 1998, le Bloc Pot avait un Chef inexistant! En effet, Marc-Boris St-Maurice (Chef de 1998 à 2000) a quitté le Québec en plein milieu de la campagne afin d'aller en Europe pour une tournée musicale avec le groupe Grim Skunk. À suivre...

Politisons notre « puff » en aidant financièrement la seule organisation québécoise contre la prohibition.