Le Centre Compassion de Québec, n'aura pas eu le temps de souffler sa deuxième chandelle.

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Publié le 03 juin 2010 à 14h26 | Mis à jour le 03 juin 2010 à 14h29

Cannabis thérapeutique: rafle dans 5 centres Compassion

Pierre-Olivier Fortin
Le Soleil

(Québec) Le Centre Compassion de Québec, ouvert depuis octobre 2008 au 110, rue Saint-Jean, n'aura pas eu le temps de souffler sa deuxième chandelle. Les policiers y ont débarqué jeudi, en fin d'avant-midi, pour perquisitionner dans l'établissement et arrêter trois employés. Les quatre boutiques du genre à Montréal ayant subi le même sort en même temps, les consommateurs légaux de cannabis thérapeutique au Québec devront trouver une autre solution pour se procurer leur substance apaisante.

Bien que le bilan complet ne sera connu que vendredi matin, on savait déjà jeudi qu'à Québec, les policiers ont saisi des stupéfiants et un ordinateur. Du côté de Montréal, leurs confrères ont effectué huit perquisitions, entre autres dans les quatre établissements de vente de cannabis sur leur territoire, et ont saisi environ 60 kilos de marijuana, une petite quantité de haschich, environ 10 000 $ et du matériel informatique. Plus de 30 personnes ont été arrêtées dans la métropole, alors que, du côté de Québec, trois individus, des employés du centre de la rue Saint-Jean, ont été arrêtés, détenus, puis relâchés.

«Les gens arrêtés ne sont pas des gens avec des dossiers criminels», indique la porte-parole de la police de Québec, Catherine Viel. Les trois individus feront face à des accusations de possession dans le but d'en faire le trafic, de complot pour trafic, et de trafic de cannabis. Elles comparaîtront le 8 septembre prochain, selon ce qu'a appris le fondateur des centres Compassion et pionnier de la lutte en faveur de la légalisation de la marijuana, Marc-Boris Saint-Maurice.

M. Saint-Maurice a reçu un coup de téléphone jeudi matin de la part des policiers de Montréal et s'est lui-même rendu. Le Soleil s'est entretenu avec lui au téléphone après sa rencontre avec les policiers, au terme de laquelle il a appris qu'il serait accusé de possession de drogue dans le but d'en faire le trafic et de complot. Il comparaîtra le 23 juin.

Ce n'est un secret pour personne, Stephen «Harper n'est pas un fan de la marijuana», regrette M. Saint-Maurice. «C'est de la droite religieuse, on le voit aussi avec l'avortement. Je me pose la question, sincèrement [...], si l'ordre est venu d'en haut. Pour qu'il y ait des perquisitions à Montréal, à Québec, ce n'est pas [une initiative] locale, c'est concerté.» Il voit aussi un lien avec deux perquisitions similaires survenues en Ontario au mois de mai.

M. Saint-Maurice déplore aussi les remous causés par l'ouverture plus récente d'un autre établissement de vente de cannabis à des fins thérapeutiques dans le secteur de Lachine, à Montréal. Les voisins inquiets et dérangés par le va-et-vient à cet établissement ont en effet déposé plusieurs plaintes à la police.

«C'est dommage de gâcher ça pour les gens qui en ont réellement besoin», soupire Marc-Boris Saint-Maurice, qui commencera aujourd'hui une campagne de relations publiques.

Vide juridique

Mais ce «réellement besoin» est toutefois variable d'un établissement à l'autre. Si les centres Compassion sont «très rigoureux» dans leur processus de vérification et de vente aux membres - les seuls à pouvoir acheter -, «y'en a qui ont des critères un peu moins sévères». Raison de plus pour lui faire dire qu'«on a besoin d'encadrer et de réglementer» la vente de cannabis au Québec.

Il avoue cependant que «tous les centres sont illégaux». Un vide juridique avec lequel «on vivait très bien», poursuit-il. D'ailleurs, dès l'ouverture de la succursale de Québec, les policiers se promettaient de l'avoir à l'oeil. «C'est un dossier qu'on enquête, qu'on vérifie et qu'on surveille depuis un certain temps. [...] Il fallait vérifier la légalité des gens qui travaillaient ici, comment ils se procuraient leur cannabis, comment ils vendaient leur cannabis, à qui ils le vendaient», explique Catherine Viel, porte-parole de la police. «Il y a des règlements très, très précis avec Santé Canada pour pouvoir opérer un commerce comme ça, et les règlements n'étaient pas respectés», poursuit-elle. Par exemple, les policiers ont saisi, le 27 mai, 70 plants de cannabis au 201, rue Saint-Vallier, à Québec, de la marijuana qui était destinée à alimenter le Centre Compassion. Le permis que les gens détenaient à cet endroit n'était plus valide, rapporte la policière. Les enquêteurs ont aussi constaté que le commerce acceptait de fournir du cannabis à des individus qui n'avaient pas le permis de Santé Canada.

«Oui, c'est vrai, répond M. Saint-Maurice. Parce que le permis est tellement dur et compliqué à obtenir, ça prend des mois et des mois... Alors on prenait des preuves de diagnostics, des lettres signées par les médecins.»

Avec La Presse Canadienne

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