Les politiques actuelles sur les drogues – 1. Le renouveau d'implication politique locale dans les dossiers de la toxicomanie

Depuis les années 1990, il est clair que l'État cherche à réduire ses dépenses, et le secteur de la toxicomanie n'échappe pas à son regard. Comme le souligne avec vigueur le rapport du procureur-en-chef Cain en Colombie Britannique, la répression coûte extrêmement cher, tant par ses pratiques que par ses résultats.

Cain mentionne d'abord les coûts effarants de l'intervention du système de justice pénale dans les cas de possession simple (coûts des arrestations, des passages devant les tribunaux et éventuellement des séjours en prison). Il y a également ceux qui s'initient aux drogues par injection en prison, ou encore qui s'y endettent pour consommer et qui doivent en payer les coûts à leur sortie, physiquement, socialement et financièrement. Et Cain d'ajouter : « Finalement, je suggérerais même que nos prisons et pénitenciers facilitent les contacts personnels avec le réseau toxicomane quand ils retournent dans la rue; en effet, ils constituent un apprentissage du milieu qui se poursuit dans le old boys network. »

À ces coûts directs de la répression, souligne-t-il, il faut ajouter les coûts indirects qui sont supportés par le système de santé et les organismes sociaux en général; il fait référence ici aux usagers de drogues par injection (UDI) qui, craignant cette répression, tardent à recevoir l'aide nécessaire, augmentant tragiquement la lourdeur des interventions, que ce soit par l'augmentation des cas de HIV, d'hépatite, ou encore la détérioration beaucoup plus sérieuse de leurs conditions de vie.

Enfin, conclut-il, ces conséquences négatives liées à la répression ne se limitent pas aux toxicomanes, mais s'étendent à leur famille (surtout les enfants) et à la société en général (criminalité, détérioration du milieu, etc.).

Mais pourquoi cette invitation au débat en cette matière de la part de politiciens provinciaux, considérant que les lois en matière de drogues sont de juridiction fédérale? Parce que ce sont d'abord les grandes villes et les provinces qui paient le prix de la prohibition et que l'approche de réduction des méfaits qui gagne du terrain chez les intervenants en toxicomanies et les institutions de santé leur ouvre une alternative à ces coûts socio-économiques générés par la répression.