Autoproduction de cannabis en Italie : silence gênant au Sénat
Le cas “Io Coltivo” « Je cultive » met en lumière une réalité politique un brin désespérante : quand le peuple parle, il semble que certains responsables politiques mettent des bouchons dans leurs oreilles.
Entre délais piétinés, règlements ignorés, et engagements piétinés
En Italie, le cannabis est légal pour usage médical et industriel,
« mais décriminalisé » pour usage récréatif (petites quantités pour soi),
entraînant des sanctions civiles comme suspension de permis « ou passeport »
plutôt que peines de prison, avec des zones grises sur la culture personnelle.
La vente illégale et la culture non autorisée restent punissables,
mais des jugements récents ont toléré la culture de petites quantités pour usage personnel.
Des "clubs de culture" clandestins existent, mais opèrent dans une zone grise juridique,
souvent sous couvert d'associations de culture de "cannabis light" (faible en THC) chanvre*.
Autoproduction de cannabis en Italie : silence gênant au Sénat
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Publié le 25 novembre 2025 à 10h23
Francesca
Écrit par Francesca
Durée de lecture : 4 minutes
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Chanvre et Sénat Italien© Le Cannabiste - Autoproduction de cannabis en Italie : silence gênant au Sénat
Alors que les citoyens se mobilisent et que les signatures affluent, le Sénat italien, lui, fait la sourde oreille. La proposition de loi “Io Coltivo”, soutenue par plus de 54 000 personnes, est toujours coincée dans les limbes parlementaires, en violation pure et simple du règlement. L’autoproduction de cannabis ? Apparemment pas une priorité pour les hautes sphères.
Le Sénat face à ses obligations : un blocage assumé
On dirait bien que certains bureaux du Sénat italien sont devenus de véritables bunkers anti-débats. Malgré un cadre législatif clair, la proposition de loi d’initiative populaire “Io Coltivo”, déposée fin 2023, attend toujours son tour de parole. Le texte ; qui ambitionne de légaliser l’autoproduction de cannabis, la création de Cannabis Social Clubs, et d’assouplir la possession jusqu’à 30 grammes pour usage personnel, devait ouvrir la voie à une approche plus moderne et pragmatique, dans la lignée de l’exemple allemand. Mais rien. Silence radio.
Pourtant, le règlement du Sénat n’est pas particulièrement ambigu : une fois une proposition attribuée à une commission, cette dernière a un mois pour commencer les travaux, et trois mois pour les conclure. Passé ce délai, le texte doit obligatoirement rejoindre le calendrier des travaux de l’Assemblée pour une discussion publique. Mais visiblement, à Rome, certains règlements sont plus décoratifs qu’efficaces.
Une mobilisation citoyenne contournée
Malgré une ferveur militante impressionnante et un tour d’Italie en 100 places publiques, la proposition “Io Coltivo” n’a pas trouvé le chemin des débats parlementaires. Pourtant, avec plus de 54 000 signatures au compteur, difficile de faire plus démocratique… ou plus ignoré.
Le parcours du texte “Io Coltivo”
Tout commence avec l’association Meglio Legale, bien connue pour son engagement pro-légalisation. À l’image d’un marathon militant, elle lance la campagne “Io Coltivo”, épaulée par une trentaine d’autres partenaires, et réussit à mobiliser plus de 54 000 citoyens à travers 100 villes italiennes. Le score est sans appel, la volonté populaire limpide.
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Déposées en juin, les signatures auraient dû être un tremplin pour accélérer les choses. Mais au lieu de ça, on entre dans le labyrinthe des validations administratives.
Une validation sabotée par l’inaction
Petit détour bureaucratique obligatoire : pour être valides, les signatures doivent être certifiées par les communes. Et là, c’est la cata. Délais à rallonge, papiers qui traînent, dossiers qui dorment. Si le projet n’a pas été purement abandonné à ce stade, c’est uniquement grâce à la ténacité d’une femme : Barbara Bonvicini, vice-présidente de Meglio Legale. Grâce à son travail de fourmi, tous les certificats manquants sont récupérés en 2024. Et la loi est enfin officiellement prête à suivre son parcours parlementaire. Sauf qu’elle n’a jamais quitté la salle d’attente.
Quand la procédure parle plus fort que la politique
Cannabis Italie
Le 23 décembre 2024, “Io Coltivo” est confiée aux commissions Justice et Affaires sociales, dans le cadre fixé par le règlement. Ce qui signifie, noir sur blanc : réunion sous un mois, examen terminé sous trois. Mais les mois passent, les saisons aussi. Et toujours rien.
La suite logique, l’inscription automatique au calendrier de l’Assemblée, n’a jamais été activée non plus. Résultat : une proposition portée à bout de bras par les citoyens, parfaitement conforme aux règles, se retrouve bloquée comme si elle n’avait jamais existé. Le tout sans la moindre explication. Chapeau bas.
Meglio Legale ne reste pas silencieuse face à ce blocage. Lors d’une conférence organisée au Sénat, à l’occasion de la présentation d’un projet de loi de la sénatrice Licheri (M5S), l’association relance publiquement l’exécutif sur cette absence de calendrier :
La proposition ‘Io Coltivo’ a été déposée il y a presque un an, assignée aux commissions depuis dix mois… et jamais discutée. Ce retard est inacceptable. Il viole l’article 74 du règlement du Sénat et méprise la volonté populaire.
Et le message passe. Du moins dans les médias. Parce qu’au Sénat, c’est toujours le calme plat.
Et maintenant ? L’herbe de la discorde continue de pousser
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Entre délais piétinés, règlements ignorés, et engagements piétinés, le cas “Io Coltivo” met en lumière une réalité politique un brin désespérante : quand le peuple parle, il semble que certains responsables politiques mettent des bouchons dans leurs oreilles.
Le projet n’a rien de radical. Il suit des exemples européens concrets, propose un cadre strict, et retire à la justice des dossiers qui ne devraient plus encombrer les tribunaux. Et pourtant, dans un pays où les fleurs de chanvre sont bannies comme si elles allaient déclencher une révolution, le texte reste coincé dans les tiroirs, comme s’il faisait peur.
Alors on attend ? Pas vraiment. Les collectifs poursuivent leur mobilisation. Les voix s’élèvent. Et le “non-dit” parlementaire devient de plus en plus bruyant. Reste à savoir combien de temps il faudra encore au Sénat pour découvrir le bouton “débloquer”.
* Usage médical et industriel
Légal et réglementé : Le cannabis est autorisé pour le traitement médical et la production industrielle.
Culture : Nécessite des semences certifiées.
Usage récréatif
Détention (petites quantités) : Considérée comme une infraction civile, pas criminelle.
Sanctions possibles : Avertissement pour les primo-délinquants,
suspension temporaire de permis de conduire ou passeport.
Culture (petite échelle) :
Des décisions de justice récentes ont permis la culture de petites quantités
pour usage strictement personnel, mais la vente reste illégale.
Cannabis Light (faible THC) chanvre.
Des "clubs de culture" clandestins existent, mais opèrent dans une zone grise juridique,
souvent sous couvert d'associations de culture de "cannabis light" (faible en THC). *.
Qui fume du chanvre sans effet psychoactif récréativement ?
Légal : Planté avec des semences certifiées avec des niveaux très bas de THC, ne nécessite pas d'autorisation.
Points clés à retenir
Zone grise : La frontière entre usage personnel toléré et illégalité est parfois floue,
notamment pour la culture domestique.
Commercialisation : La vente de produits à base de cannabis sans licence reste illégale et passible de prison.














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