L’annus horribilis de Charest...
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Le lundi 6 décembre 2010
Chroniques Donald Charette
Chronique
L’annus horribilis de Charest
Donald Charette
06/12/2010 10h17
Prenez la semaine de Jean Charest. Elle a débuté par une défaite dans un bastion libéral et s’est conclue par un projet de loi qui le prive d’une rallonge sur son salaire de 75 000 $ qu’il touche depuis 12 ans. On a aussi appris, ces jours derniers, que son gouvernement bûche pour freiner l’augmentation de ses dépenses. Cette semaine-là n’est pourtant ni meilleure ni pire que le reste de l’année 2010.
Il ne faut donc pas s’étonner qu’il ait constaté bien lucidement à l’émission Larocque-Lapierre, à TVA, qu’il a connu également une annus horribilis, ajoutant avec humour que « la reine et moi, c’est pareil ».
Élisabeth II avait utilisé cette expression, en 1992, année où ses deux fils ont divorcé et le château de Windsor a été ravagé par le feu.
La liste des malheurs du premier ministre est également longue, au point que plusieurs se demandent s’il songe, ou devrait songer, à quitter la politique. Mercredi, cela fera tout juste deux ans que les libéraux ont été portés au pouvoir de façon majoritaire. Le gouvernement n’est qu’à mi-chemin, mais il donne l’impression de fragilité et peut tomber à tout moment.
Il est révélateur que le premier ministre ait senti le besoin de donner des entrevues à des émissions de grande écoute en ce dimanche, Larocque-Lapierre et Tout le monde en parle, pour réaffirmer qu’il veut compléter son mandat.
Il pousse le bouchon un peu loin quand il rajoute qu’il dirigera ses troupes lors des prochaines élections, en politique, c’est l’équivalent de plusieurs éternités.
Jean Charest maîtrise parfaitement et son parti et son caucus, il n’a pas, contrairement à Pauline Marois, de challenger qui lui souffle dans le cou pour prendre sa place, mais malgré tout, il sent le besoin de rassurer.
Les libéraux branchés et lucides vous diront qu’il y a un flottement au sein du gouvernement, qu’il n’y a pas d’agenda clair si bien qu’on passe son temps sur la défensive, sans offrir rien d’emballant pour les Québécois.
Au début de 2011, le gouvernement va donc proroger la session, lire un Message inaugural axé sur de grands projets comme le Plan Nord, pour offrir de la substance aux électeurs et, comme le disait, hier, M. Charest, « nettoyer l’ardoise » de toutes ses souillures. Au PQ, cela s’appellerait un projet de société.
Les libéraux vont garder un œil sur le congrès du PQ en avril, en espérant des divisions profondes donc les péquistes ont le secret. S’il fallait que Pauline Marois trébuche sur son vote de confiance, c’est toute la dynamique politique qui serait bouleversée et il est donc prématuré de mettre de la pression sur Jean Charest quant à son avenir.
Ce n’est pas la première fois que Jean Charest plonge dans les abysses de l’opinion publique. En 2006, le Journal titrait, sur la base d’un sondage, « Charest en chute libre ». Ce dernier jouit d’une étonnante capacité de rebond, mais elle a ses limites.
Hier en entrevue, Jean Charest a baissé un peu la garde et démontré une certaine lassitude. Au sujet de la pétition qui revendique sa tête, il laisse tomber, amer, « J’aime pas ça ». Cette année horrible pésera-t-elle sur son avenir? Le premier ministre de répondre « le 8 décembre, nous serons à mi-mandat...j’en ai pour trois ans », mais l’enthousiasme n’y était pas.
















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