La clinique Caméléon disparaîtra à la fin de l'été

Lorsque j’ai relancé le ministère de la Santé et des Services sociaux, on m’a répondu qu’à cause de la COVID, on avait des priorités plus importantes en santé mentale.

La clinique Caméléon disparaîtra à la fin de l'été
Cinq ans après son ouverture, l'établissement montréalais ferme ses portes, faute de financement.

Radio-Canada

Publié hier à 19 h 34
Des centaines de Montréalais aux prises avec des problèmes de santé mentale et de dépendance devront trouver un nouvel endroit pour obtenir de l'aide.

Faute de financement, la clinique Caméléon fermera ses portes à la fin de l'été, a fait savoir sa directrice, la Dre Marie-Ève Morin, à l'émission Bien entendu, sur ICI Première.

L'établissement – situé dans la Tour Jacques-Cartier, au coin des rues Sherbrooke Est et Cartier – avait été fondé il y a cinq ans par la Dre Morin, qui a investi près d'un demi-million de dollars dans l'aventure. C'est donc avec émotion qu'elle a annoncé la nouvelle mercredi avant-midi à l'animateur Stéphan Bureau.

On a vraiment été au bout des démarches qu’on pouvait faire, a assuré la Dre Drouin, spécifiant que son équipe travaillait depuis deux ans à trouver des solutions de financement. Elle-même multipliait les apparitions médiatiques afin de faire bouger les choses.

En février dernier, des pourparlers avec le cabinet de l'ex-ministre de la Santé et des Services sociaux, Danielle McCann, laissaient entrevoir une issue positive aux problèmes de financement de la clinique. Mais la pandémie de COVID-19 qui s'est abattue sur le Québec a tout changé, raconte la Dre Morin.

Lorsque j’ai relancé le ministère de la Santé et des Services sociaux, on m’a répondu qu’à cause de la COVID, on avait des priorités plus importantes en santé mentale.

Marie-Ève Morin, médecin de famille œuvrant en toxicomanie et directrice de la clinique Caméléon
La clinique Caméléon fermera donc ses portes le 28 août prochain. Moi, je ne peux plus continuer d'assumer, de soutenir cette clinique-là financièrement, a déclaré la Dre Morin, se disant désolée de devoir mettre la clé dans la porte.

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Un service essentiel
Pourtant, la crise du nouveau coronavirus a fait exploser la demande en matière de soins de santé mentale et de dépendances, explique la Dre Morin.

Ç'a été quelque chose, jure-t-elle, expliquant que la COVID-19 a provoqué son lot d'anxiété chez plusieurs personnes; que le confinement a compliqué la pratique d'activités physiques et sociales qui leur auraient permis d'aller mieux; et que bien des gens en détresse se sont abstenus de consulter, de peur d'attraper la maladie.

Résultat : plusieurs sont tombés dans l'automédication pour se soulager, beaucoup ont compulsé. La Dre Morin dit avoir constaté une recrudescence de la consommation d'alcool, de drogues, de tabac, de nourriture, de sexe. Certains adolescents, dit-elle, pouvaient passer 18 heures d'affilée à jouer à des jeux vidéos.

Je serais bien curieuse de pouvoir avoir les statistiques de la Régie de l'assurance maladie du Québec sur l'augmentation de la vente de médicaments psychiatriques, de médicaments contre la dépression et contre l'anxiété. Il s'en est prescrit beaucoup, devine-t-elle.

Certaines personnes plus vulnérables ont aussi profité de la Prestation canadienne d'urgence (PCU) pour faire la fête, a remarqué la Dre Morin.

Il y a des gens qui n'y avaient pas droit qui l'ont reçu – et il y en a beaucoup, je peux vous le confirmer, il y a des prestataires de l'aide sociale qui ont demandé cet argent-là et qui l'ont reçu, et ce sont des gens qui ne sont pas toujours habitués de gérer autant d'argent – et j'ai vu des patients qui sont partis sur une go avec cet argent-là, relate-t-elle.

Malgré la fermeture annoncée de sa clinique, Marie-Ève Morin continuera de suivre ses patients. Mais ce sera dans une clinique familiale – gérée par quelqu'un d'autre, précise-t-elle.

Entre-temps, la clinique Caméléon sera venue en aide à plus 1000 personnes, selon ses estimations.

Appelé à commenter la nouvelle, le ministère de la Santé et des Services sociaux n'a pas été en mesure de répondre à notre demande, mercredi.

Commentaires

Honteux ! Avec la SQDC qui fait des profits de 26,3 millions

Honteux ! La SQDC fait des profits de 26,3 millions

Les profits de 26,3 millions est 30 % supérieur aux prévisions annoncées l’année dernière. Jean-François Bergeron PDG

Ces profits devaient être redistribué en partie pour la prévention et la recherche sur le cannabis.

Pour moi il faut d’abord une aide immédiate et gratuite pour les personnes qui le désirent !
Ensuite la vrai prévention et la recherche.
Aucun problème à ce que ces profits servent aux Banques Alimentaires et autres organismes charitables.

"Votre gouvernement" a ramassé 10 203 600 $ d’amendes arbitraires.
Pas de masques ni de tests salivaires gratuits.

Les médicaments psychiatriques,
contre la dépression et l'anxiété prescrits à "pochetée",
aux moins de 21 ans et à de jeunes enfants, sont remboursés !

La Dre (rebelle) Marie-Ève Morin
Connu dans le milieu de la musique électronique, sous le nom de DJ Lady Kam.

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