Charest s'oppose à la légalisation de la marijuana

Le Droit, samedi 11 août 2001, p. 27
Hébert, Michel

Saint-Augustin-De-Desmaures (PC) - Le chef libéral Jean Charest a fermé la porte au nez des jeunes militants de son parti qui souhaitent la légalisation de la marijuana. À son avis, il est avisé de décriminaliser la marijuana pour des fins thérapeutiques comme le fait le gouvernement fédéral. Mais il ne faut pas aller plus loin, estime le chef du PLQ.

«La décriminalisation pour des fins thérapeutiques est une bonne chose, c'est souhaitable, et il s'agit de le faire correctement. Au-delà de ça, il faut être prudent», a déclaré M. Charest, hier, à son arrivée à Saint-Augustin-de-Desmaures, près de Québec, où se réunissent ses députés et l'aile jeunesse du PLQ, en fin de semaine.

«Que ça soit fait pour des fins médicales, d'accord, a-t-il ajouté, mais je ne suis pas favorable à ce que ça soit décriminalisé davantage.»

Une proposition des jeunes libéraux de Pointe-aux-Trembles recommande que la marijuana soit légalisée, pour les gens de 18 ans et plus, et pour usage privé seulement. Cette proposition doit être débattue demain.

Mais comme le chef n'y est pas du tout favorable, elle risque fort de mourir au feuilleton ou de ne pas être adoptée et, donc, de ne pas apparaître dans l'éventuel programme électoral du PLQ.

L'idée de la décriminalisation fait son chemin au Canada. Au moins deux partis politiques en prônent l'usage, le Parti marijuana et le Bloc Pot. Le chef conservateur Joe Clark soutient qu'il faut décriminaliser la marijuana parce que trop de jeunes pris à en fumer se retrouvent avec un casier judiciaire qui les empêche de poursuivre leurs études.

Élections complémentaires

Par ailleurs, les libéraux mèneront une lutte acharnée dans les quatre circonscriptions où auront lieu des élections complémentaires, cet automne.

«Ce sont des châteaux forts du Parti québécois; ce sera, bien sûr, une bonne occasion pour prendre la température. Mais on va s'engager dans une bonne bataille dans chaque comté. Vous avez vu ce qui est arrivé dans Mercier, alors tout est possible», a-t-il déclaré hier.

Mais Jean Charest ne se fait pas d'illusions: que ce soit Laviolette ou Labelle, Blainville ou Jonquière, ces circonscriptions ont constamment échappé aux libéraux depuis presque 20 ans.

Même lorsqu'ils ont pris le pouvoir en 1985 et en 1989, les libéraux n'ont pu y faire élire un député, a rappelé M. Charest.

Des élections complémentaires y sont nécessaires pour remplacer les députés péquistes qui se sont retirés de la politique. Il s'agit de l'ex-premier ministre Lucien Bouchard (Jonquière), des ex-ministres Jacques Léonard (Labelle) et Jean-Pierre Jolivet (Laviolette) et de l'ex-députée Céline Signori (Blainville).

Les libéraux s'attendent à ce que le premier ministre Landry déclenche les élections à la fin d'août pour que le scrutin ait lieu en septembre.

Fusions municipales

Les fusions municipales seront assurément de l'arsenal qu'utiliseront les candidats libéraux au cours de la campagne électorale.

M. Charest n'en démord pas: le gouvernement, a-t-il répété hier, a «passé sur le corps des citoyens» en leur imposant ces fusions.

Avec ce sujet, les libéraux croient pouvoir faire des gains au moins dans Jonquière, où les fusions municipales ont suscité de vives oppositions.

Jean Charest a repris son engagement de redonner aux citoyens des municipalités concernées le pouvoir de décider s'ils veulent défaire les nouvelles villes.