Il convient de laisser les adolescents vivre quelques expériences que je qualifierais d'un peu border-line.
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« On consomme de plus en plus jeune »
Publié le lundi 15 mars 2010 à 10H32
Le Professeur Gérard Schmit, chef du secteur de pédopsychiatrie Marne Nord et professeur de psychologie de l'enfant et de l'adolescent à la faculté de Reims, vient décrypter les expériences des adolescents en matière de consommation d'alcool et de substances psycho-actives.
Recevez-vous beaucoup de jeunes confrontés à ces consommations et à leur dépendance ?
Les jeunes nous sont adressés en raison de souffrances psychologiques, de difficultés de développement ou de symptômes psycho-pathologiques. On ne se focalise pas sur l'addiction. Nous rencontrons des adolescents qui vont mal et nous nous efforçons de traiter leur malaise, leur mal-être, même si pour certains cas le problème vient de l'addiction. Beaucoup de ces conduites addictives sont plus liées aux conflits sous-jacents qu'au fait de braver des interdictions.
« Pour se désangoisser »
Le cannabis figure toujours en tête des substances psycho-actives consommées, pourquoi ?
Le cannabis, c'est leur médicament face au stress. Il faut alors aborder ces jeunes avec une démarche généraliste pour les guérir de la souffrance. Seul un petit pourcentage revêt des problèmes d'addiction au cannabis car la consommation habituelle n'est pas synonyme d'addiction avérée. Les jeunes le consomment pour se « désangoisser ». Lorsque cela devient une fin en soi, là on a affaire à une addiction.
Ces phénomènes ne sont pourtant pas récents, quelles sont les évolutions ?
Le recours aux produits psychotropes prohibés a beaucoup augmenté depuis une trentaine d'années. L'alcool a toujours été consommé mais cela se faisait plus tardivement et marquait l'entrée dans l'âge adulte. Aujourd'hui, on assiste à un rajeunissement de la consommation avec des prises d'alcool et de cannabis visant à faire appartenir au monde de l'adolescence. Pour sortir de l'enfance, je dois fumer le cannabis et être ivre.
Comment cela se pratique-t-il pour l'alcool ?
Auparavant, l'ado pouvait avoir des pratiques alcooliques comme les adultes. Maintenant, l'ivresse se recherche en groupe et rapidement le samedi soir, elle se matérialise dans les données « usage ponctuel sévère au moins trois fois dans le mois ». C'est vraiment une observation différente de celles d'il y a dix ou quinze ans. La fête du samedi soir est devenue une épreuve de beuverie pour les sensations, l'évasion et la rupture avec le quotidien. Avant, c'était plus récréatif, plus festif. Alors que là, les jeunes peuvent être à trois grammes au bout d'une demi-heure. C'est le binge drinking…
Comment réagissent ces jeunes consommateurs de cannabis face à la loi ?
Dans leur grande majorité, même si certains sont excités par le côté dangereux de la pratique, leur consommation n'est plus frappée de l'interdit.
Lorsqu'on les interroge, ils ne savent pas que c'est interdit, ne connaissant pas les risques judiciaires ou alors ils vous répondent que « de toute façon cela va être dépénalisé bientôt ». Comme ils pensent que le cannabis est permis, ils croient qu'il est assez peu nocif.
« Le traitement, c'est le temps »
Ces adolescents deviennent-ils « accros » ?
Heureusement, cela n'a pas d'effet à long terme, car, dans quasiment tous les cas, ils arrêtent rapidement la consommation.
Sur les 40 % ayant expérimenté le cannabis, un certain nombre subira néanmoins les effets graves comme l'apragmatisme. Ils s'enfoncent dans la consommation de cannabis et risquent de s'accrocher là-dedans, « se réveillant » à 25 ou 30 ans en ayant gâché leur période de formation. Ces contre-exemples tiennent à la massivité de la consommation.
Quelles réponses pouvez-vous leur apporter ?
Le traitement pour les crises des adolescents, c'est le temps. Pareil pour le binge drinking.
D'ailleurs, on ne reçoit que peu de jeunes pour ces problèmes. En fait, il convient de laisser les adolescents vivre quelques expériences que je qualifierais d'un peu border-line.
Le binge drinking, comme le cannabis, cela va devenir un problème quand un adolescent ne s'investit pas normalement le reste du temps.
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Clopes, joints et « binge drinking » : la région n'y coupe pas...
Publié le lundi 15 mars 2010 à 09H13
Une étude nationale relève les consommations de drogues chez les adolescents. Sans être exclue du phénomène, la Champagne-Ardenne n'est pas spécialement plus touchée que d'autres.
LOL (Laughing Out Loud, soit « mort de rire » en langage sms), cette comédie de mœurs sur les teenagers des années 2010, sortie voilà un an, avait peut-être mis la puce à l'oreille de certains parents. Leurs rejetons se lancent de plus en plus tôt dans les expérimentations : sexe, alcool, cannabis...
Une enquête, réalisée en 2008 auprès des ados de 17 ans par l'Observatoire français des drogues et toxicomanies (OFDT), vient confirmer la tendance, du moins pour la consommation de substances psycho-actives et d'alcool. Autrefois rite de passage vers le statut d'adulte, ces usages figurent désormais au rang des habitudes des adolescents. Un virage qui n'est néanmoins pas totalement récent puisque déjà observé lors de la précédente enquête en 2005.
Seuls les poppers augmentent
« Mais il ne faut pas tout noircir », vient moduler le Professeur Gérard Schmit, chef du secteur de pédo-psychiatrie au CHU de Reims. « Il convient de laisser les adolescents vivre quelques expériences que je qualifierais d'un peu border-line. »
Pour le spécialiste des mots et des maux des jeunes, l'usage de cannabis n'engendre « pas d'effet à long terme, car, dans quasiment tous les cas, ils arrêtent rapidement la consommation ».
Cette étude nationale, réalisée lors des journées d'appel et de préparation à la défense auprès de 40.000 jeunes, permet aussi de moduler les pratiques par région. Et les données 2008, dévoilées dernièrement, placent la Champagne-Ardenne dans la moyenne nationale, avec des différences peu marquées dans presque toutes les catégories.
Ainsi, près d'un quart des jeunes champardennais avouent consommer de manière sévère de l'alcool au moins trois fois par mois. Le fameux binge-drinking du samedi soir : la recherche rapide de l'euphorie de façon régulière, via la consommation expéditive d'alcool.
Les seuls écarts notables entre la région et la métropole dans sa globalité concernent la consommation de tabac, toujours au-dessus de la moyenne hexagonale, et l'expérimentation des poppers (vasodilatateurs à effets euphorisants), bien en-dessous des chiffres nationaux.
Quant aux variations entre 2005 et 2008, la Champagne-Ardenne enregistre une baisse de la consommation de cigarettes (passée de 35 % à 31 %) et de l'expérimentation du cannabis (de 47 % à 40 %) mais l'on note une hausse de celle des poppers (de 4 % à 10 %), des tendances là-aussi observées nationalement.
Loin d'être préservée, la région ne va donc pas jusqu'à figurer au palmarès des plus planantes de l'Hexagone pour ses jeunes.
Frédéric GOUIS
















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