Environnement : Le cannabis médical rencontre l'énergie propre dans la nouvelle ferme solaire de Colombie

Ce projet, présenté par le ministère des Mines et de l'Énergie comme une première dans les Caraïbes colombiennes

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Le cannabis médical rencontre l'énergie propre dans la nouvelle ferme solaire de Colombie
Camila Berriex

Publié le 20 mai 2026 à 15h28
Camila Berriex
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5 min de lecture

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À Baranoa, en Colombie , une entreprise de cannabis médical vient de mettre en service une centrale solaire pour alimenter une partie de ses activités. Ce projet, présenté par le ministère des Mines et de l'Énergie comme une première dans les Caraïbes colombiennes, combine 147 panneaux solaires, production d'énergie autonome et culture de cannabis médical selon un modèle agro-industriel unique.

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Bien plus qu'une simple curiosité technologique, cette initiative illustre une convergence que le gouvernement colombien souhaite encourager avec plus de vigueur : moderniser l'agriculture grâce aux énergies propres, réduire les coûts de production et décarboner les secteurs agro-industriels énergivores. Dans ce cas précis, le produit choisi pour mettre en œuvre cette vision n'était ni le bétail, ni le café, ni la canne à sucre : il s'agissait du cannabis.

L'entreprise à l'origine du projet, Cannabis Medical Company , est active dans des domaines tels que la culture de cannabis médical psychotrope et non psychotrope, la multiplication des plants, la recherche appliquée et la production selon les normes pharmaceutiques. Elle cherche désormais également à produire une partie de l'énergie nécessaire au fonctionnement de ces activités.

Cannabis médical et énergie propre : l'expérience de Baranoa

Située dans les Caraïbes colombiennes, la Cannabis Medical Company a installé un système photovoltaïque de 105,1 kilowatts-crête (kWc) conçu pour répondre partiellement aux besoins énergétiques de ses processus agricoles et de production grâce à une énergie propre et autogénérée.

Selon le ministère des Mines et de l'Énergie, l'infrastructure comprend 147 panneaux solaires à haut rendement et devrait produire environ 178 670 kilowattheures (kWh) par an. Cette énergie servira à alimenter une partie des activités agricoles, pharmaceutiques et de transformation de l'entreprise.

Comme l'a déclaré le ministre des Mines et de l'Énergie, Edwin Palma, dans un communiqué officiel : « Il s'agit d'un projet qui nécessite beaucoup d'énergie, et afin d'éviter les conséquences de factures élevées et de la dépendance à l'instabilité du système, ils ont décidé de devenir indépendants et d'approvisionner leur propre industrie du cannabis médical. »

Dans des secteurs comme celui du cannabis médical, où les coûts énergétiques peuvent être importants — de l'irrigation et du contrôle climatique à la transformation —, produire une partie de sa propre électricité peut se traduire par un gain significatif de compétitivité.

Le pari du gouvernement : le cannabis médical et la transition énergétique

Cette nouvelle révèle également un phénomène plus vaste qu'un simple projet commercial isolé. La Colombie semble commencer à relier deux initiatives stratégiques qui, jusqu'à récemment, étaient menées de manière indépendante : le développement du cannabis médical et la transition vers les énergies propres.

Le gouvernement a présenté cette initiative comme un exemple d' énergie agrivoltaïque , un modèle où production agricole et production d'électricité coexistent. L'argument officiel est que, dans un pays comptant plus de 40 millions d'hectares de terres consacrées à l'agriculture et à l'élevage, et bénéficiant d'un fort ensoleillement, la production d'énergie ne doit pas concurrencer l'agriculture, mais peut au contraire la renforcer .

Mais la logique est aussi économique : réduire la dépendance au réseau électrique pourrait contribuer à stabiliser les coûts de production dans les secteurs tournés vers l’exportation et de haute technologie. C’est particulièrement pertinent pour les industries émergentes comme le cannabis médical, qui doit encore relever des défis en matière de compétitivité régionale.

Réduction des émissions, autonomie accrue

L'impact de ce projet ne se mesure pas uniquement en kilowatts. Selon les estimations officielles, la centrale solaire pourrait éviter l'émission d'environ 35,7 tonnes de CO₂ par an , réduisant ainsi la pollution liée aux sources traditionnelles de production d'électricité et contribuant aux objectifs nationaux de développement durable.

L’histoire de Baranoa ne se résume peut-être pas aux panneaux solaires ou au cannabis thérapeutique. Elle pourrait bien être le symbole d’un phénomène plus vaste : une campagne colombienne où la production ne se limite plus aux semailles et aux récoltes, mais englobe également la production d’énergie, la réduction de la dépendance et une refonte de l’agro-industrie.

Car, du moins pour le gouvernement colombien, l'avenir de l'agriculture commence peut-être à se dessiner entre panneaux solaires et cultures à haute valeur ajoutée.

A noter : Zappiste
Les bienfaits du cannabis sur l'environnement proviennent principalement de la culture extérieure.

Cette plante textile, médicale et récréative présente des avantages écologiques majeurs :
dépollution des sols, forte séquestration du carbone,
et une excellente valorisation de ses déchets en matériaux durables ou compost.

Principaux atouts écologiques
Séquestration du carbone :
Un hectare de cannabis absorbe environ 15 tonnes CO2 par an,
soit jusqu'à deux à quatre fois plus qu'une forêt de taille équivalente.

Forêt qui prendra environ 10 ans avant d'avoir des effets positifs sur le CO2
et 20-30-40 ans avant la maturité, la récolte,
Vs le cannabis qui ne prend que 2-3 mois de la plantation
à la récolte « indéfiniment renouvelable » !

Ses fibres permettent aussi de créer des matériaux de construction "carboneutres".
Il y a des maisons faites de fibres de chanvre avec des imprimantes 3D géante !

Dépollution des sols (phytoremédiation) :
Les racines du chanvre ont la capacité d'absorber les toxines
et les métaux lourds présents dans la terre (comme à Tchernobyl),
régénérant ainsi les sols agricoles appauvris.

Biodiversité et culture propre :
Le cannabis pousse très rapidement.
Ce qui étouffe les mauvaises herbes sans nécessiter l'utilisation d'herbicides.

Il demande également moins d'eau que d'autres cultures intensives (comme le coton).
Il demande beaucoup moins d'eau que la fabrication/production d'alcool !

Économie circulaire : Les tiges, graines et autres déchets de culture
peuvent être transformés en bioplastiques, en textiles ou en paillis.

Un bilan environnemental qui dépend de la culture

Les effets positifs du chanvre industriel contrastent
avec ceux du cannabis récréatif ou thérapeutique.

La culture de ce dernier en intérieur, très gourmande en électricité
pour les lampes et la climatisation, génère une forte empreinte carbone.

Privilégier une culture en extérieur ou sous serre ensoleillée permet d'annuler cet impact énergétique.

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