Que risquez-vous si vous faites pousser 4 plants de pot chez vous?
Que risquez-vous si vous faites pousser 4 plants de pot chez vous?
Autour du pot
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Annabelle Blais
Vendredi, 6 juillet « 2018 » 08:15
MISE À JOUR Vendredi, 6 juillet 2018 08:15
Snake-Mike (vous savez, mon ami consommateur qui tient à son anonymat en attendant la légalisation) fume du cannabis depuis qu’il a 15 ans. Mais ce n’est que récemment qu’il a découvert les joies de l’horticulture. En plus de ses courgettes, haricots, tomates et poivrons, il a récemment été tenté d’ajouter un petit plant de cannabis à son jardin urbain.
L’idée a commencé à germer (je sais, c’est lourd comme jeu de mots) lorsque le gouvernement fédéral a annoncé que les Canadiens pourraient faire pousser jusqu’à quatre plants à la maison.
Adolescent, Snake-Mike a déjà tenté de faire pousser du pot discrètement sur le terrain de ses parents. Ça n’a pas pris de temps pour que son père, Papa Snake, qui n’en était pas à son premier tango, reconnaise la plante interdite.
«Il manque d’eau et de lumière, ton plant», a alors expliqué le patriarche, soucieux de transmettre son savoir à sa progéniture.
Mais même avec les conseils du vieux sage, fiston n’était juste pas encore prêt à assumer ses responsabilités. La plante a rendu l’âme. Ce fut la fin de la carrière de master grower de jeune Snake-Mike.
L'adolescent est depuis devenu un homme et le désir de faire pousser des choses est revenu dans sa vie.
Il s’adonne donc aujourd'hui au jardinage à temps partiel. Il mange bio aussi en plus de s'intéresser à la provenance de ses aliments, de boire du Kombucha et de s'inventer une allergie au gluten comme tout le monde.
Il aimerait bien cultiver un petit plant de pot, le bichonner, le voir grandir, être ému à la vue des premières cocottes, et rouler son premier joint avec le regard digne d'un cultivateur à sa première moisson.
Mais voilà. Même si Ottawa autorisera la culture à domicile, Québec a dit non.
Voici ce que la loi provinciale adoptée au Québec à la mi-juin 2018 dit :
«Il est interdit de faire la culture de cannabis à des fins personnelles. Cette interdiction de culture s’applique notamment à la plantation des graines et des plantes, la reproduction des plantes par boutures, la culture des plantes et la récolte de leur production.»
La province, tout comme le Manitoba, martèle que sa juridiction l'emporte sur le fédéral. De son côté, Ottawa ne se cache pas pour dire que si un Snake-Mike se décidait à amener la cause devant les tribunaux, il serait possible que les juges tranchent en faveur de notre horticulteur rebelle.
(Le Manitoba qui comme le Québec avait interdit la culture a accepté la culture personnelle.
Comme 9 des 10 provinces et 3 territoires
qui ont accepté la Légalisation Harmonisation Canadienne ! Zappiste)
Un beau débat constitutionnel en vue!
Une fois que c’est dit, la question que Snake-Mike se pose est: qu'arrivera-t-il s'il décidait de faire pousser, discrètement, un petit plant de pot après le 17 octobre?
«J'ai des amis qui brassent leur propre bière, je ne comprends pas pourquoi on me refuse le droit à l'auto-production alors que la verte subtance sera légale», s'insurge mon ami qui ne dit jamais «verte substance» dans la vraie vie mais je le soupçonne de vouloir bien paraitre sur mon blogue.
Québec a prévu ceci:
«Quiconque contrevient aux dispositions du premier alinéa en faisant la culture de quatre plantes de cannabis ou moins dans sa maison d’habitation commet une infraction et est passible d’une amende de 250 $ à 750 $. En cas de récidive, ces montants sont portés au double.»
Ok, mais si c’est autorisé au fédéral, de qui relève le Code criminel, ce n’est donc pas un crime, right?
J’ai posé la question à Xavier Cormier-Lassonde, avocat en droit criminel qui a défendu plusieurs accusés dans des causes reliées à la possession de stupéfiant.
«La personne n’aura pas de «casier judiciaire» dans le sens où vous l’entendez, m'a-t-il expliqué. C’est-à-dire qu’elle pourra répondre par la négative aux questions généralement posées sur le passé criminel d’un individu dans les divers formulaires. De plus il n y aurait rien de visible aux douanes.»
Interdits d'entrée aux États-Unis pour avoir déjà fumé du cannabis
Publié le 31 mai 2017 à 5 h 22 HAE
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1036829/canadiens-interdits-etats-u...
«Cependant, un dossier de Cour demeurerait visible, précise-t-il. Donc un employeur, ou un journaliste, qui voudrait faire une enquête de moeurs sur cette personne pourrait quand même voir qu’elle a fait poussé du pot a la maison, en consultant le greffe.»
Vous ne le savez peut-être pas, mais les journalistes, entre autres, peuvent consulter le plumitif pour obtenir des informations sur les gens. Tout le monde peut avoir accès à ces informations, mais ce n’est pas gratuit.
En quelques clics, je peux savoir si vous avez eu des contraventions pour excès de vitesse, notamment. Par exemple, je peux voir que Snake-Mike s’est fait pincer en roulant 115 km/h dans une zone de 90, le 12 mai 2015, à La Tuque. Petit rebelle, va!
Mais donc, personne n'ira en prison pour avoir fait pousser trois plants de pot?
«Le juge ne peut pas envoyer quelqu’un en prison en vertu de cette loi, ajoute Me Cormier. Cependant, comme pour la plupart des amendes, le non-paiement de celle-ci pourrait avoir pour conséquence d’aller purger une peine de prison pour non-paiement.»
Voilà, maintenant vous le savez.
Pourquoi Québec refuse-t-il qu’on fasse pousser notre pot?
Certains croient que la province veut interdire la culture à domicile pour permettre à la Société québécoise de cannabis de faire plus d’argent.
Je crois plutôt que ce sont les pressions des associations de propriétaires de logements qui ont fait pencher la balance. Ils craignent que ce type de culture endommage leurs immeubles .
C'est effectivement une préoccupation légitime. Mais au dernier Lift cannabis expo, j’ai vu que des entreprises commençaient à commercialiser des sortes de caissons pour faires pousser des plants en culture hydroponiques avec de la lumière. Une fois la boîte fermée, aucune odeur n’est perceptible.
Photo Annabelle Blais
Je ne sais pas si cette boîte est la solution au problème.
La culture en extérieur serait un compromis, mais la ministre Lucie Charlebois s’inquiète que des enfants tombent là-dessus**. Mais à ce compte, je souligne que les feuilles des plants de tomates sont très toxiques et ce serait dangereux qu’un enfant en mange.
Je rappelle aussi que les personnes qui ont une prescription de cannabis thérapeutique peuvent déjà cultiver du pot et pourront continuer de la faire. Santé Canada permet même de faire affaire avec un tiers qui peut s’occuper de la production. Ça se fait déjà et la planète n’a pas (encore) arrêté de tourner.
(Cependant même si la culture du médical est légale au Québec
il n’y a aucun endroit de consommation légal en 2026. Zappiste)
Alors Snake-Mike, vas-tu défier la loi et faire pousser du pot? Seras-tu le visage de la rébellion en contestant la loi devant les tribunaux, tel un Che Guevara du quatre papiers?
Une histoire à suivre...
* AJOUT: en octobre 2018, un citoyen a entamé des procédures pour contester l'interdiction de cultiver à domicile. Le 3 septembre 2019, la cour a donné raison au gars (ce n'est pas Snake-Mike, promis) et a invalidé cet article de la loi. Mais ne plantez pas vos plants trop vite. Le 10 octobre 2019, le gouvernement du Québec a confirmé qu'il portait en appel le jugement. D'ici à ce qu'une nouvelle décision soit rendue, la culture à domicile demeure interdite.
Le buzz de la semaine
On compte maintenant un producteur de plus au Québec! Medican Organic a obtenu son autorisation de Santé Canada, ce qui en fait le 8e producteur québécois. Ses serres sont installées à Valleyfield.
Medican est la filiale québécoise de The Green Organic Dutchman inc. (TGOD) qui produit du cannabis biologique en Ontario. TGOD va investir 150M$ au Québec et souhaite créer jusqu’à 150 emplois en favorisant l’embauche locale, m’avait fait savoir la compagnie en janvier dernier. Un de leur VP est David Bernard-Perron, un Québécois qui a déjà été cultivateur en chef pour un producteur de Colombie-Britannique.
Par ailleurs, Aurora vient d’obtenir son permis de vente pour son site à Pointe-Claire. Elle avait déjà obtenu son permis de culture en octobre dernier.
Le badtrip de la semaine
La Police provinciale de l’Ontario a mis en garde les résidents de la ville de Kirkland Lake contre des gummies bears au pot en circulation. La police a ouvert une enquête et a déjà réalisé une saisie de bonbons contenant du THC.
C’est évidemment très sérieux. Personne ne veut que des enfants mangent ces gummies.
Je ne veux pas rire de la situation, mais mon collègue qui m'a envoyé le lien pour cet article a ajouté que si quelqu'un mangeait ces bonbons, il pourrait ressembler à cette vidéo. Je ne pouvais garder cette perle juste pour moi.
** Mais la ministre Lucie Charlebois s’inquiète que des enfants tombent là-dessus.
Référence :
« Vous savez où je demeure : en campagne. Chez nous, je ne fais pas pousser de cannabis, mais si mon voisin en fait pousser et mes petits enfants – j’en ai huit – viennent la fin de semaine et si tout à coup ils traversent, que la plus vieille de six ans va de l’autre côté et, par inadvertance, s’enfarge là-dedans, puis en consomme un petit peu en mangeant je ne sais pas quoi… »
Mais à ce compte, je souligne que les feuilles des plants de tomates
sont très toxiques et ce serait dangereux qu’un enfant en mange.
Les feuilles de cannabis en stade végétatif contiennent peu de THC psychoactif.
Donc pas de danger d’intoxication, ni de mort !
Les feuilles du cannabis peuvent contenir des cannabinoïdes intéressants,
mais il en faut une grande quantité pour ressentir les effets.
Peu de personnes et animaux apprécient le gout des fleurs fraiches
et feuilles avec des trichomes glandulaires, en stade de floraison.
Les animaux préfèrent les jeunes pousses et plantes de reboisement.
Les pires aberrations qui se sont dites à propos du weed à TLMEP par
Lucie Charlebois, la ministre responsable du dossier weed
dans le cabinet de Philippe Couillard
https://www.blocpot.qc.ca/fr/forum/4346
« Je ne sais pas si vous savez ça, mais quatre bons plants de pot, pour deux personnes à la maison, vous allez être gelés 24 heures par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par année. Pis savez-vous quoi? Il va vous en rester. »
Et vous n’en mourrez pas !
Si c’était vrai ce serait un énorme bienfait pour les consommateurs de médical
non remboursé, par danger Canada, et hors de prix pour la majorité des humains.
2 puffs vapotés par jour et un effet de
24 heures par jour, 7 jours par semaine, 365 jours par année.
PS : Difficile pour la SQDC de s’implanter dans certains quartiers de Montréal
https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1855728/societe-quebecoise-cannabis...
Effets des pervers de la prohibition stigmatisation :
Le cannabis et les centres d’injections supervisés
Difficile pour s’implanter dans certains quartiers de Montréal !
« Le programme ACCES Cannabis »
Son objectif est de promouvoir l’intégrité du système fiscal québécois,
de réduire l’accès au cannabis pour les jeunes (québécois de moins de 21 ans)
et d’orienter les consommateurs (de plus de 21 ans) vers un marché légal et sécuritaire.
Source de financement :
Le programme est financé par le Fonds de lutte contre les dépendances,
qui reçoit les revenus de la SQDC (Société québécoise du cannabis) et les taxes fédérales.
Résultats financiers récents :
Au troisième trimestre de 2024-2025, la SQDC a déclaré un résultat global
de 40,5 millions de dollars , dont un total de 92,0 millions de dollars a été remis au Trésor du Québec
pour être réinvesti dans des initiatives liées au cannabis,
notamment la prévention, la recherche et l’application de la loi (comme ACCES Cannabis).
En quoi le financement d'ACCES Cannabis participe à la lutte contre LES dépendances ?
Dépendances aux drogues cancérigènes, addictives et mortelles comme le tabac et l'alcool
avec 17,000 morts annuelles acceptable/évitable et 7 MILLIARD$ de méfaits
sur la santé, physique, mentale, économique, environnementale ?
Rappelons que la caq fourni 200,000 clients, adultes légaux à 18 ans
de moins de 21 ans et 20 MILLION$ trimestre non taxés (2M)
aux organisations criminelles/terroristes depuis 2019.














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