Autour du pot - Annabelle Blais : « Bonjour, mon cannabis est défectueux »

Quand le cannabis était illégal (ça me fait toujours drôle d’écrire ça), on appelait un vendeur,
il arrivait chez nous et nous montrait son stock.
On regardait et sentait le contenu des baggies et on le pesait.
Si ça ne plaisait pas, on n’achetait pas.

Un vrai Budtender légal ou non, qui cultive et prend soin de son précieux cannabis
récréatif et médical va détecter la présence de moisissure !
Il ne va pas essayer de le vendre.

Aucune poursuite contre les producteurs et vendeurs du cannabizness
pour avoir essayé de vendre un produit contaminé dû à la non détection de moisissure
dangereuse pour la santé physique et économique des prodfiteur$ ?

Monopole : C'est le consommateur qui doit détecter la présence de traces de moisissures
le retourner non consommé, avec son contenant d’origine et sa facture.

Si elle ou il le vendeur de cannabis et le client avait eu le droit
de voir et humer le cannabis qu'il achète comme cela se fait hors Québec
il ne l'aurait pas acheté n'aurait pas eu à le retourner.

« Bonjour, mon cannabis est défectueux »

Sans pouvoir voir, sentir ou peser le cannabis,
la SQDC n’a pas vraiment le choix d’être flexible dans sa politique de retour d’achats.

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Autour du pot* - Annabelle Blais
Jeudi, 7 mars 2019 08:00

MISE À JOUR Jeudi, 7 mars 2019 08:00

Lorsque j’étais caissière au Zellers à Longueuil pour payer mes études en scénarisation cinématographique (oui, je sais, ma vie n’a pas toujours été que strass et paillettes), plusieurs clients retournaient des achats dont ils étaient insatisfaits.

J’ai souvenir d’une dame ulcérée que je refuse de lui rembourser des sous-vêtements. «M’a aller au Walmart, eux z’autres les remboursent», m’avait-elle balancé.

J’étais autant préoccupée par cette menace qu’un participant d'OD l’est pour la qualité de la langue française. À ma façon, j’ai peut-être ainsi un peu contribué au déclin de la chaine de magasins «où le prix le plus bas fait loi!». Désolée, Walter P. Zeller.

Mais je reste persuadée que certains achats, comme des petites culottes, ne doivent pas être retournés en magasin.

Pour le cannabis, c’est un peu plus compliqué.

Quand le cannabis était illégal (ça me fait toujours drôle d’écrire ça), on appelait un vendeur, il arrivait chez nous et nous montrait son stock. On regardait et sentait le contenu des baggies et on le pesait. Si ça ne plaisait pas, on n’achetait pas.

Ça n’arrivait pas souvent de repartir les mains vides, mais on savait choisir nos vendeurs. Quelqu’un qui se plaint d’avoir reçu de la scrap au parc Émilie-Gamelin, c’est un peu comme une personne qui va voir un spectacle de Mario Jean pour entendre de l’humour décapant. On comprend ta déception, mais en même temps tu es l’artisan de ton propre malheur.

À la SQDC, on ne peut pas voir, ni toucher, ni sentir le produit. Alors quand la qualité n’est pas au rendez-vous, on fait quoi? (À part se plaindre à Facebook, genre)

Dans les jours qui ont suivi la légalisation, plusieurs personnes ont pesé leur cannabis et ont constaté que leur 3 1/2 ne pesait pas tout à fait 3,5 grammes. Quand le Journal a testé les produits de la SQDC, on a même acheté un 3,5 pesant 2,2 grammes!!
1,3 gramme de différence avec un prix moyen du monopole de 7,64 $ le gramme de fleurs séchées
et les prix les plus bas pour du cannabis du monopole, 5,63 $ par gramme.

«Ça arrive de moins en moins, assure Mathieu Gaudreault, porte-parole de la SQDC. On a reçu plus de plaintes au départ à propos des écarts de poids, mais on a eu des échanges avec les fournisseurs pour leur dire faire très attention à ça, car la clientèle est habituée de peser les produits qu’elle achetait en vrac [dans le marché noir].»

Depuis, le nombre de plaintes a beaucoup diminué, me dit le porte-parole avant de rappeler que Santé Canada tolère jusqu’à 5% de variation.

Cet automne, nous avions aussi constaté que des cocottes étaient très très sèches. Certaines contenaient des graines ou étaient mal trimées. Oli Jardin, animateur du Pot Show, avait même trouvé une fourmi !

Alors on fait quoi?

La SQDC ne fait pas de remboursement pour les produits achetés en magasin. Les échanges sont possibles, mais pour les produits trop desséchés ou contenant de la moisissure.

«Le produit acheté devra être retourné intact, non consommé, avec son contenant d’origine», peut-on lire sur son site. Même chose pour les achats en ligne.

De plus, si on vous livre le mauvais produit, ils vont le remplacer par le bon, mais le contenant devra être encore scellé.

Un membre de notre groupe Facebook, François, me raconte avoir retourné son 3,5 acheté à la SQDC de Drummondville. Il venait de faire son achat et une fois dans sa voiture, il a ouvert la boîte. Il a alors constaté que le scellé du contenant avait été ouvert. «Je suis retourné à l’intérieur et ils me l’ont changé sans trop de blabla», dit-il.

Mais pour les produits dont les quantités ne sont pas les bonnes, c’est plus compliqué. On comprend qu’il serait facile d’ouvrir sont 3 1/2, d’en fumer la moitié et de retourner ensuite le restant en demandant un remboursement.

«On est sensible à ça, mais il y a peu de recours à moins que ce soit un problème structurel», m’a expliqué Mathieu Gaudreault porte-parole de la SQDC.

Ainsi, ça peut valoir la peine de se plaindre quand même, car si plusieurs plaintes visent un même fournisseur ou une variété précise, la SQDC se penchera sur le dossier et un échange n’est pas exclu. Mais c’est l’exception, disons.

Peu de retour

Mais dans les faits, malgré les nombreuses critiques de clients de la SQDC sur les réseaux sociaux, le nombre de produits retournés est, somme toute, plutôt faible.

Pour les trois premiers mois de l’existence de la SQDC, 134 produits ont été retournés en magasin (pour environ 7000$) et 39 produits acheté en ligne (1800$), selon les donnés que j’ai obtenues par la loi d’accès à l’information.

C’est étonnant, mais bon...c’est vrai que c’est un peu chiant de retourner ses produits, surtout quand on achète en ligne. Par exemple, Oli Jardin n’a pas retourné son cannabis aux fourmis, car il voulait le fumer pour ses capsules vidéo.

Plutôt que de le retourner, on essaie une autre variété ou un autre producteur la prochaine fois (ou de façon plus réaliste, on prend ce qui reste sur les tablettes).

Deux rappels

À cela s’ajoute les «rappels» de la part des producteurs. Pour le moment, il y en a eu deux.

En février, Aurora a fait un rappel de son Banana Split (8-18% de THC). Les étiquettes sur le contenant et celui sur la boîte indiquaient des taux de THC différents. En fait, les pots contenaient du Blue Dream (13-23% de THC), un cannabis plus fort que le Banana Split.

Depuis hier, Canopy Growth fait aussi un rappel de produit de son LBS Sunset THC 18-28% dans son format 3,5 g. «Le pourcentage de THCA (la molécule se transformant en THC et qui devient psychoactive lors de la combustion de la fleur séchée) indiqué sur l’emballage comporte un écart négligeable avec le taux réel», précise le communiqué. Cela n’affecte pas le taux de THC. La sécurité des consommateurs n’est donc pas compromise, assure Fabrice Giguère, autre porte-parole de la SQDC.

Au sujet des problèmes d’étiquetage, je rappelle ce cas d’une étudiante de Colombie-Britannique qui poursuit le producteur québécois HEXO et la société publique BC Cannabis Stores pour lui avoir vendu un produit mal étiqueté. Son cas est plus grave, car elle croyait consommer du CBD qui n’a pas d’effet psychoactif. Or, il s’agissait d’un produit sans CBD avec un fort taux de THC. Les taux de THC et de CBD avaient été inversés sur l’étiquette.

Si vous êtes insatisfait d’un produit de la SQDC, rien ne vous empêche d’appeler directement le producteur de cannabis, mais il y a de fortes chances qu’il vous conseille de passer par la Société.

«Les clients de la SQDC doivent appeler ou aller à la SQDC pour toute demande de remboursement, échange, etc. comme ils le feraient, par exemple, pour du vin acheté à la SAQ», explique Caroline Milliard d’HEXO.

«HEXO travaille ensuite avec son client, la SQDC, pour lui rembourser et remplacer tout produit échangé ou pour enquêter sur les problèmes ou insatisfactions rapportés par les consommateurs», ajoute-t-elle.

D’autres producteurs m’ont rapporté sensiblement la même réponse.

Évidemment c’est long et parfois compliqué, mais il n’en demeure pas moins que c’est un vrai service à la clientèle pour vos achats de cannabis. C’est quand même spécial.

* Autour du pot (cannabis)

"Tourner autour du pot" est une expression idiomatique française qui signifie éviter de parler clairement ou de répondre directement à une question, en utilisant des détours et des périphrases au lieu d'aller droit au but, selon Usito et Wiktionnaire. C'est une manière d'hésiter ou d'éviter une discussion franche et directe, selon Studycat.
En d'autres termes, c'est comme si la personne tournait autour du sujet sans jamais l'aborder franchement, comme si elle avait peur d'affronter la vérité ou de donner une réponse directe.
L'expression est couramment utilisée dans le langage familier et peut être comparée à l'expression anglaise "to beat around the bush", selon Studycat.

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