Washington changera-t-elle sa politique prohibtionniste?
Lutte au trafic de stupéfiants - Washington double ses effectifs à la frontière mexicaine
Agence France Presse - le 25 mars 2009
Le gouvernement de Barack Obama remet en question le mur de 1000 kilomètres construit à la frontière avec le Mexique.
Photo: Agence Reuters
Washington -- Les États-Unis ont annoncé hier l'envoi de renforts policiers et judiciaires à la frontière mexicaine pour éviter un débordement de la violence due aux cartels de la drogue, dans le cadre d'une révision de leur stratégie contre le trafic de stupéfiants.
«Nous prenons des mesures des deux côtés de la frontière, en travaillant avec nos partenaires mexicains, pour soutenir la lutte du gouvernement mexicain contre les violents cartels de la drogue et réduire le trafic dans les deux directions», a indiqué la Maison-Blanche, dans un communiqué annonçant la nouvelle stratégie du président Barack Obama pour le Mexique.
La guerre entre les cartels mexicains, qui se battent pour le contrôle du trafic de drogue vers les États-Unis, premier client mondial de cocaïne, se concentre à la frontière.
Dans le cadre de ces renforts, dont le nombre total n'est pas précisé, le ministère de la Sécurité intérieure va doubler ses effectifs pour le maintien de l'ordre et tripler le nombre de ses experts en renseignement. Les États-Unis vont également investir 700 millions cette année pour travailler en collaboration avec le Mexique à un plan antidrogue approuvé par le Congrès en 2008.
Cette révision de la stratégie américaine intervient à la veille d'une première visite de la secrétaire d'État Hillary Clinton au Mexique, où le président Barack Obama doit se rendre les 16 et 17 avril. Ce dernier «est inquiet de l'augmentation de la violence, en particulier [dans les villes frontalières] de Ciudad Juarez et Tijuana», selon la Maison-Blanche.
Selon des experts, Obama se démarque de George W. Bush en insistant sur la nécessité d'endiguer la consommation dans son propre pays. L'administration Obama «voit cela comme une responsabilité partagée et considère qu'il faut que nous agissions sur la consommation, l'argent et les [trafics] d'armes de notre côté de la frontière. Je pense que c'est un changement d'axe», a indiqué Andrew Selee, directeur du Mexico Institute au Woodrow Wilson Center.
L'administration s'interroge par ailleurs sur l'efficacité du mur d'un millier de kilomètres le long de la frontière, approuvé sous l'administration Bush. «Un mur n'est pas le meilleur moyen» pour limiter le narcotrafic, a déclaré hier la secrétaire à la Sécurité intérieure Janet Napolitano.
















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