Est-ce que votre parti entend créer un programme pour les personnes malades qui sont obligées de prendre du cannabis médicinal à des coûts exorbitants?

Cannabis médicinal : les partis ont peu à offrir aux malades

Radio-Canada
5 h 45 | Mis à jour à 6 h 54
La journaliste d'enquête Brigitte Bureau répond à vos questions durant la campagne électorale fédérale.

Un internaute de Châteauguay nous a soumis la question suivante, adressée aux différents partis fédéraux :

Est-ce que votre parti entend créer un programme pour les personnes malades qui sont obligées de prendre du cannabis médicinal à des coûts exorbitants?

L'histoire de notre internaute
L'internaute en question s'appelle Stéphane Lasnier. C'est une hernie discale qui est à l'origine de ses problèmes de santé. En 2014, il a été paralysé dans le bas du corps. Une intervention chirurgicale lui a redonné l'usage de ses jambes, mais ses nerfs sont à tout jamais touchés et il souffre de douleurs importantes. Le cannabis médicinal, qu'il prend depuis environ un an et demi, est le traitement qui s'est avéré le plus efficace pour lui jusqu'à maintenant.

Mais financièrement, c'est intenable, nous a-t-il raconté. Invalide, M. Lasnier vit de l'aide sociale et reçoit 1130 $ par mois. Son cannabis thérapeutique, lui, coûte près de 900 $ par mois. Sans l'aide de sa mère, M. Lasnier ne serait pas en mesure de se le procurer. Et il ne prend pas la pleine posologie prescrite par le médecin, qui serait encore plus chère.

Son cas est loin d'être isolé. On compte au pays plus de 360 000 inscriptions actives auprès de vendeurs autorisés de cannabis à des fins médicinales.

Avant de passer aux réponses des partis à la question de M. Lasnier, une mise en contexte s'impose.

Depuis 2001, le cannabis à des fins thérapeutiques est légal au Canada.

Mais ses utilisateurs doivent payer la taxe sur les produits et services (TPS) ou la taxe de vente harmonisée (TVH)... dont sont habituellement exempts les médicaments.

De plus, les patients payent un droit d'accise fédéral d'au moins 10 %, inclus dans le prix de vente.

Le droit d'accise est surnommé la taxe sur les vices parce qu'il s'applique à des produits comme le tabac et l'alcool.

Le gouvernement fédéral a déjà indiqué que ces taxes pourraient être éliminées, si le cannabis médicinal obtenait un DIN, soit un numéro d'identification qu'accorde Santé Canada à des produits reconnus officiellement comme médicaments.

Pourtant, le gouvernement fédéral rembourse déjà une partie des coûts du cannabis médicinal pour certains groupes, comme les anciens combattants. L'Agence du revenu du Canada reconnaît aussi l’achat de marijuana médicinale parmi les frais médicaux qu'une personne peut réclamer dans sa déclaration de revenus. Et de plus en plus de compagnies d'assurances collectives le remboursent.

Bref, ce sont les malades à faible revenu ou sans assurance qui sont les plus désavantagés.

Maigres réponses des partis
Aucun des partis politiques interrogés ne s'est engagé à créer un programme d'aide financière pour les malades qui ont besoin de cannabis médicinal, comme le demande notre internaute, Stéphane Lasnier.

En fait, le Parti libéral et le Parti conservateur n'ont pas voulu se prononcer sur la question, même après avoir été relancés une deuxième fois. Le Parti conservateur a affirmé qu'il en aurait davantage à dire durant la campagne.

Pour sa part, le Nouveau Parti démocratique affirme que le cannabis médicinal devrait être exempt du droit d'accise, alors que le Parti vert promet d'éliminer la taxe de vente sur les produits médicinaux.

« Manger ou payer une médication »
Pour y voir plus clair quant aux besoins des malades, nous nous sommes tournés vers l’organisme Santé Cannabis, la clinique médicale et de recherche sur le cannabis médicinal la plus importante au Québec. Une porte-parole, Daphnée Elisma, prône l'abolition des taxes sur ce traitement comme première étape.

C'est complètement aberrant que des patients qui ont droit à un accès légal à une médication, prescrite par un professionnel de la santé, doivent faire face à une taxe du vice, comme on l'appelle, et à une taxe de vente, déplore Mme Elisma. Ce que les gens nous disent en ce moment, c'est qu'ils doivent choisir entre manger ou payer une médication qui est trop dispendieuse.

Mais tout comme notre internaute, Mme Elisma croit qu'il faut aller encore plus loin. On devrait avoir une couverture universelle, estime-t-elle. Elle soutient que plusieurs malades sont contraints de recommencer à prendre des médicaments opiacés, parce que ceux-ci sont couverts, notamment par la Régie de l'assurance maladie du Québec.

Selon elle, il y a urgence d'agir pour aider ces malades qui ne savent plus comment arriver à la fin du mois.

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