Info ou Intox ? Gatineau pas plus sévère avec le cannabis qu’avec le tabac. Zappiste: Alors ce sera le droit à la culture personnelle, à domicile sans restriction sur le nombre de plantes comme le tabac !

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28 juin 2018 Mis à jour à 21h08

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Gatineau pas plus sévère avec le cannabis qu’avec le tabac

Mathieu Bélanger
Le Droit

La Ville de Gatineau n’entend pas être plus restrictive avec les fumeurs de pot sur son territoire qu’elle ne l’est présentement avec ceux qui fument la cigarette.
Le conseil municipal s’est prononcé dans une large majorité, lors d’un vote indicatif, jeudi, en faveur de la recommandation de la commission Gatineau, ville en santé. Malgré un sondage Leger qui démontrait que les Gatinois souhaitaient que leur ville soit plus stricte avec l’usage du cannabis dans les lieux publics, la réglementation municipale qui suivra la légalisation du pot le 17 octobre prochain sera essentiellement la même que pour le tabac.

Seul le conseiller Mike Duggan s’est opposé aux aspects réglementaires concernant la consommation dans les lieux publics. La conseillère Nathalie Lemieux s’est pour sa part complètement dissociée de tout le débat.

« On ne peut pas faire abstraction de nos consultations publiques, mais ce que ça nous dit c’est surtout que les gens ont réellement besoin d’information, a indiqué la présidente de la commission Gatineau, ville en santé, Renée Amyot. On a consulté la population, mais aussi plusieurs partenaires. Quand on a l’information appuyée sur les faits et la science, on voit les opinions changer et les mentalités cheminer. On l’a vu au sein de notre propre commission. On a pris une décision basée sur la science et non pas sur des perceptions ou des mythes. »

La commission a consulté plusieurs partenaires au cours des derniers mois, dont le milieu scolaire, le secteur de la santé, l’Office municipal d’habitation, les organismes communautaires, la Commission de la capitale nationale (CCN) et plusieurs autres. Plusieurs conseillers ont salué la rigueur du travail mené dans ce dossier par la commission de Mme Amyot.

Ainsi, comme pour le tabac, il serait interdit de consommer du cannabis à moins de neuf mètres d’une aire extérieure de jeux pour enfants, sur les terrains sportifs et dans les zones réservées aux spectateurs, sur les terrains d’un établissement scolaire ou d’une garderie et dans les abribus. La consommation sera permise dans la plupart des lieux publics. La réglementation gatinoise serait ainsi plus permissive que celle de l’autre côté de la rivière, alors qu’à Ottawa, la consommation de cannabis sera proscrite dans tous les lieux publics.

Des promoteurs pourraient décider d’interdire la consommation de cannabis lors de leur événement, mais la Ville de Gatineau se réservera le droit d’inscrire au protocole d’entente l’aménagement d’un lieu destiné à la consommation de cannabis comme condition pour la tenue de cet événement.

Quant à la consommation dans les logements de l’Office municipal d’habitation (OMH), là encore, c’est la réglementation sur le tabac déjà en place qui s’appliquera. Les gens pourront consommer à l’intérieur de leur logement, mais pas dans les aires communes. Le seul article de la réglementation gatinoise qui aurait pu permettre l’interdiction de la consommation de cannabis dans les logements fait référence à l’odeur. La commission Gatineau, ville en santé, conclut que le concept d’odeur nauséabonde est trop subjectif et donc que ce règlement serait difficilement applicable pour sanctionner l’odeur du cannabis.

Les propriétaires d’immeubles à logements multiples pourront toutefois interdire la consommation de cannabis dans les baux. Il s’agit d’ailleurs d’une des raisons qui a poussé la commission à recommander l’autorisation de consommer dans la plupart des lieux publics. « Si on interdit à un locataire de consommer chez lui, où pourra-t-il le faire ? a demandé Mme Amyot. Cela a fait partie de notre réflexion. »

Le conseil a aussi adopté une série de mesure permettant de faire de la sensibilisation et de la prévention, particulièrement auprès des jeunes et des clientèles plus vulnérables. Une somme de 80 000 $ sera réservée pour une campagne de communication à long terme.

Le conseil doit voter officiellement sur cette réglementation lors de la séance du 3 juillet prochain.

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