A larme de «Krokodil» ?: L'OEDT n'a pas pu confirmer scientifiquement les quelques cas anecdotiques rapportés jusqu'ici".

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Interrogé par la RTBF, Miguel Rwubusisi, chargé de projet chez Eurotox, met toutefois un frein à ces élans alarmistes répercutés au-delà du territoire russe. "L'observatoire européen des drogues et toxicomanies n'a pas pu confirmer scientifiquement les quelques cas anecdotiques rapportés jusqu'ici".

http://www.lematin.ch/actu/societe/%C2%ABkrokodil%C2%BB-labominable-drog...

Toxicologie

«Krokodil», l'abominable drogue qui tue

20. octobre 2011, 10h57

J.-C. M.

Appelée l’héroïne «du pauvre», une drogue venue de Russie a fait son apparition en Allemagne. Elle se manifeste physiquement par des plaies purulentes aux endroits des injections et ne laisserait qu'au maximum 3 ans d’espoir de survie.

La drogue «Krokodil», un substitut à l’héroïne produit en Russie et qui fait d'énormes ravages parmi les junkies de ce pays, a fait récemment son apparition en Allemagne. Les autorités sanitaires de la ville de Bochum l'ont identifié chez quatre toxicomanes.

Cette drogue ronge littéralement la peau des consommateurs réguliers. Depuis plusieurs semaines, des images, dont certaines sont à la limite du supportable, ont fait leur apparition sur le Net. Elles témoignent des terribles ravages de ce véritable poison. Aux endroits choisis par les toxicomanes pour des effectuer des injections apparaissent rapidement des destructions de chairs. Ces effets s'apparentent à des morsures de crocodile, d'où le nom donné à cette drogue.

Préparée de façon artisanale dans certaines contrées reculées de Russie, dont la Sibérie, cette drogue de mauvaise qualité est constituée d'un mélange de solvants, de phosphore ou encore de codéïne, une substance qui se retrouve dans certains médicaments contre la douleur, détaille le site Internet de la Radio télévision de la Belgique francophone (RTBF). Selon le quotidien "Le Soir" qui relaie également l'information, la terrible drogue serait déjà aux portes de la Belgique.

Interrogé par la RTBF, Miguel Rwubusisi, chargé de projet chez Eurotox, met toutefois un frein à ces élans alarmistes répercutés au-delà du territoire russe. "L'observatoire européen des drogues et toxicomanies n'a pas pu confirmer scientifiquement les quelques cas anecdotiques rapportés jusqu'ici".

Les trafiquants russes parviendraient facilement à se procurer cette drogue et à inonder le marché. Des toxicomanes l'auraient massivement acheté à des dealers car elle coûte jusqu’à 10 fois moins cher (5 euros) que l’héroïne et produit des effets analogues, mais ne laisserait qu'un espoir de survie limité à 2 ou 3 ans.

D'après des estimations, la part de marché de la drogue «Krokodil» s’élèverait déjà à 5% en Russie, qui enregistre par ailleurs chaque année près de 30'000 décès consécutifs à une surdose d'héroïne.

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http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/19/01003-20111019ARTFIG0056...

Une nouvelle drogue mortelle arrive en Europe

Par Caroline Bruneau
Mis à jour le 20/10/2011 à 10:37 | publié le 19/10/2011 à 17:27

Après avoir fait des ravages en Russie, la drogue «Crocodile» vient de faire son apparition en Europe de l'Ouest. Découverte en Allemagne, les autorités mettent en garde contre les dégâts provoqués par cet ersatz de l'héroïne qui peut tuer dès la première injection.
La peau d'abord se nécrose, se transformant en plaques verdâtres ressemblant au cuir du crocodile. Puis la chair et les muscles se décomposent, les organes sont attaqués, les os fragilisés de façon irréversible. L'effet psychique de la drogue par contre se dissipe au bout de deux heures, ce qui pousse le consommateur à s'injecter plusieurs doses dans la journée. L'espérance de vie des utilisateurs atteint rarement trois ans, la plupart meurt au bout d'un an. Pour certains, la première injection est mortelle. Selon les chiffres officiels, 100.000 jeunes au moins sont dépendants à la «Crocodile» en Russie, où la drogue est apparue en 2002. Les associations estiment quant à elles que 1 million de personnes au moins sont concernées, avec un taux de mortalité alarmant.

La drogue serait arrivée en Allemagne cet automne, d'abord dans les milieux proches de la frontière est, où se trouvent de grandes communautés russes. Mais elle a aussi atteint l'ouest du pays. Quatre personnes se sont présentées aux urgences de la ville de Bochum, dans la Ruhr, avec des marques sur la peau identiques à celles provoquées par la «Crocodile». Ces malades ont raconté avoir cru acheter de l'héroïne à un dealer à la gare centrale, avant de paniquer à la vue des dégâts sur leur épiderme. «Nous avons connaissance de cas dans toute l'Allemagne, ce cas n'est pas isolé», a précisé le porte-parole de la police de Bochum Axel Pütter. Les premières analyses effectuées sur des échantillons de drogue retrouvés à la gare de Bochum n'ont pas pu prouver la présence de la «Crocodile», mais ce qui inquiète le plus les autorités, c'est la facilité avec laquelle elle peut être fabriquée. «Il est possible qu'il s'agisse d'un mélange que les gens ont eux-mêmes réalisé», explique un porte-parole de la police criminelle.

Une drogue bon marché et facile à fabriquer
La «Crocodile», de son vrai nom désomorphine, se fabrique en effet à partir d'un ingrédient présent dans toutes les pharmacies : la codéine, qui est un dérivé du pavot et appartient à la famille de la morphine, se retrouve dans les produits contre la toux et même dans certaines médicaments antidouleurs comme le Dafalgan Codeine ou le Paracétamol Codéine. La désomorphine a été inventée dans les années 30 aux États-Unis par des chercheurs qui essayaient de trouver un anti-douleur qui provoque moins de dépendance que la morphine. Malheureusement, la désomorphine s'est révélée être bien pire. Pour la fabriquer, les drogués russes achètent des pastilles de codéine, qui sont en vente libre, les chauffent avec entre autre de l'essence, de l'iode et du phosphore récupéré sur des têtes d'allumettes. La dose revient à quelques euros, 20 fois moins que pour l'héroïne.

En Russie, les groupes pharmaceutiques qui vendent la codéine refusent d'augmenter son prix ou de la rendre moins accessible. Le produit rapporte en effet beaucoup d'argent aux professionnels. En Europe de l'Ouest, les préparations à base de codéine sont vendues uniquement sur ordonnance en raison du risque de dépendance qu'implique la prise de ce dérivé morphinique. Cela pourrait éviter les effets désastreux de la «Crocodile» : ceux qui en prennent, quand ils survivent, sont souvent obligés d'être amputés de leurs extrémités nécrosées par la prise de cette drogue mortelle.

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