JO: Vancouver, une ville jeune aux multiples visages - Le quartier que Vancouver préfère cacher...

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JO: Vancouver, une ville jeune aux multiples visages
REUTERS | 04.02.2010 | 12:58

Par Allan Dowd
VANCOUVER (Reuters) - Vancouver, qui accueille les Jeux olympiques d'hiver du 12 au 28 février, se targue d'être l'une des villes les plus agréables à vivre au monde, offrant à ses habitants et aux visiteurs de multiples visages.

Située sur l'océan Pacifique, au pied de la Chaîne côtière (Coastal Mountains), Vancouver est la ville la plus importante de Colombie-Britannique avec 2,1 millions d'habitants, ce qui en fait la troisième agglomération canadienne derrière Toronto et Montréal.

Les archéologues datent à 500 ans avant Jésus-Christ la présence dans cette région des premiers hommes, qui appartenaient à l'ethnie amérindienne "salish".

Mais c'est seulement en 1792 que le capitaine de la marine britannique George Vancouver explora la région et donna son nom à la ville. Elle fut reliée au reste du pays en 1886 grâce à la construction de la ligne de chemin de fer Canadien pacifique.

Résolument tournée vers l'Asie, Vancouver a surtout vu sa population croître lors des trente dernières années, bénéficiant de l'attractivité de son écosystème unique et de sa localisation singulière entre mer et montagne.

Alors qu'elle s'apprête à accueillir les Jeux d'hiver, Vancouver est curieusement l'une des villes du pays où les hivers sont les moins rigoureux.

La température moyenne en février y est de 4,8 degrés, ce qui n'est pas sans causer quelques inquiétudes concernant l'enneigement, en particulier sur le site de Cypress Bowl qui doit accueillir les épreuves de skicross et de snowboard.

La pluviométrie importante a en outre poussé les organisateurs à programmer, pour la première fois dans l'histoire des JO d'hiver, les cérémonies d'ouverture et de clôture dans l'enceinte couverte du BC Place.

Vancouver accueillera les épreuves de hockey sur glace, de curling, de patinage. Les épreuves de ski nordique et alpin, ainsi que le bobsleigh, la luge et le skeleton, auront lieu à Whistler, à 125 km.

"VAN AMSTERDAM"

Les organisateurs des Jeux se targuent par ailleurs d'organiser une compétition respectueuse de l'environnement, dans la veine de l'attachement de la ville aux valeurs écologiques.

C'est à Vancouver que l'organisation Greenpeace fut fondée en 1971, par un groupe de militants canadiens protestant contre les essais nucléaires américains en Alaska.

Le village olympique sera chauffé durant les Jeux grâce à un système de recyclage des déchets tandis que le site de curling et de patinage de vitesse recyclera l'eau de pluie.

Paradoxalement, les réticences à l'organisation des Jeux sont plus fortes à Vancouver que dans le reste du pays, selon de récents sondages.

Les JO ont ainsi été ces dernières semaines au coeur de débats politiques enfiévrés, les détracteurs évoquant un gaspillage de l'argent public qui devrait, selon eux, être affecté à d'autres problèmes, comme la lutte contre la pauvreté ou la toxicomanie dont souffre la ville.

Les critiques regrettent aussi la flambée des prix de l'immobilier provoquée selon eux par les Jeux.

"L'embourgeoisement aurait eu lieu de toutes façons mais le phénomène a été sans aucun doute accéléré par les Jeux", dit Chris Shaw du Réseau de la résistance aux Jeux olympiques, qui a prévu des manifestations durant la compétition.

Le climat relativement clément dont jouit Vancouver fait d'elle une ville refuge pour de nombreux sans-abri, qui se retrouvent pour la plupart dans le quartier de Downtown Eastside, à quelques pâtés de maisons des lieux qui accueilleront les milliers de journalistes étrangers durant les Jeux.

Vancouver est par ailleurs surnommée "Van Amsterdam" pour le rôle que joue la marijuana, bien qu'illégale, dans la communauté.

Selon une étude réalisée en 2006, la culture de marijuana en Colombie-Britannique représente 7 milliards de dollars canadiens (4,74 milliards d'euros) chaque année. La majeure partie de cette production est exportée aux Etats-Unis.

Les partisans des Jeux, eux, y voient une occasion de montrer la beauté de la ville aux visiteurs et aux millions de téléspectateurs qui seront rivés devant leur petit écran.

"Je pense que les gens vont apprécier la beauté de notre ville mais ceux qui viendront ici garderont aussi comme souvenir la chaleur des habitants de Vancouver et des Canadiens", promet Arthur Griffiths, membre d'un groupe d'entrepreneurs à l'origine de la candidature de Vancouver.

Version française Clément Dossin

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Downtown Eastside: le quartier que Vancouver préfère cacher
De Jeremy Hainsworth (CP) – Il y a 19 heures

VANCOUVER — Lorsqu'une délégation du Comité international olympique a visité Vancouver en 2003 pour décider si la ville canadienne organiserait les JO d'hiver 2010, son autocar a fait un grand détour pour contourner le Downtown Eastside. Et pour cause: toxicomanes et prostitués hantent ce quartier d'immeubles sordides où règne la violence.

A cinq rues seulement du stade où seront inaugurés les Jeux olympiques le 15 février prochain, des drogués se piquent derrière une poubelle. "C'est une jungle", confirme Glen, un héroïnomane de 49 ans surnommé Trouble (problème).

Avec ses 15 pâtés de maisons, Downtown Eastside est le ghetto nord-américain qui concentre le plus de pauvreté et de toxicomanie en Amérique du Nord, affirme le criminologue Benedikt Fischer de l'université Simon Fraser. Selon lui, l'usage d'héroïne, de cocaïne et de méthamphétamine y est particulièrement élevé.

Au centre du quartier s'élève un immeuble néoclassique qu'a fait ériger le philanthrope Andrew Carnegie en 1903. Ses escaliers constituent un véritable supermarché de la drogue, au croisement des rues Main et Hastings, surnommées Pain et Wastings (Douleur et dépérissement). Derrière, dans une allée crasseuse, des prostituées travaillent pour des proxénètes.

Le quartier a le plus grand commissariat de Vancouver. Près de la moitié des appels reçus dans le Downtown Eastside sont liés à des problèmes de santé mentale, selon la police de Vancouver. Les agents se retrouvent souvent dans le rôle d'assistants sociaux, explique le porte-parole de la police Lindsey Houghton: "C'est un défi immense qui va au-delà du champ traditionnel du travail de police".

Une fois par mois, les allocataires des minima sociaux font la queue pour recevoir leur chèque. Des employés des services sanitaires profitent de ces files d'attente pour les sensibiliser au programme d'échange de seringues.

A cause notamment de l'usage de drogue par voie intraveineuse, Downtown Eastside affiche le pire taux de séropositivité du monde industrialisé, note le Dr Julio Montaner, président de l'International AIDS Society. Le taux est si élevé que le quartier pourrait être qualifié de zone d'épidémie de SIDA, selon la définition de l'Organisation mondiale de la santé. Les récentes mesures sanitaires et créations de logements ont ralenti la crise, selon lui. Mais la situation pourrait recommencer à se détériorer: les prix de la cocaïne ont flambé après des opérations contre les cartels mexicains et les violences liées à la drogue pourraient exploser à Vancouver.

Downtown Eastside a fait la une de l'actualité lorsqu'en 2002 l'agriculteur Robert Pickton a été inculpé d'avoir tué 26 prostituées et toxicomanes qui venaient de ce quartier. Jason Fleury, le frère de l'une des victimes, estime que Downtown Eastside est une bombe à retardement. Il reproche aux autorités de ne rien faire pour la désamorcer, alors qu'elles dépensent des millions de dollars pour les JO. "C'est fou", déplore-t-il.

Jamie Lee Hamilton, qui milite pour les droits des prostitués, regrette que rien n'ait été fait pour limiter les violences contre les travailleurs du sexe. "Il y a cette fausse idée que toute la violence a cessé quand Pickton a été arrêté", explique-t-elle. "Nous savons que c'est un terrain de chasse et nous n'y faisons rien. Les femmes, les hommes et les transsexuels sont des proies vivantes".

Lors de sa visite en 2003, la délégation du CIO a visité les différents sites où devaient se tenir les rencontres sportives. Son autocar a réalisé un grand détour pour éviter Downtown Eastside. Il a en revanche admiré les magnifiques paysages depuis l'autoroute à 500 millions de dollars (350 millions d'euros) qui relie Vancouver à Whistler, où se dérouleront les épreuves de ski et de glisse.

Nombre d'observateurs prédisent que Downtown Eastside sera "nettoyé" durant les JO. Une loi adoptée récemment permet à la police, lorsqu'il fait froid, d'obliger les SDF à se rendre dans des lieux d'hébergement. Shane Simpson, député d'opposition à l'Assemblée de Colombie-Britannique, critique cette mesure: "Personne n'a le droit de déplacer ces gens simplement pour faire plus joli pendant les Jeux".