Sables bitumineux:2009/12/13:Le Canada veut faire payer les États-Unis - 2009/12/15: Ottawa révise ses objectifs à la baisse
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Sables bitumineux
Le Canada veut faire payer les États-Unis
Mise à jour le dimanche 13 décembre 2009 à 23 h 15
Le Canada estime que les États-Unis devraient payer une partie des coûts environnementaux de l'exploitation des sables bitumineux en l'Alberta.
En point de presse à Copenhague, où se tient la conférence de l'ONU sur les changements climatiques, le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, a soutenu dimanche qu'un tel partage des coûts s'impose, car les Américains achètent et consomment le pétrole extrait des sables bitumineux albertains.
L'ex-premier ministre Paul Martin, également présent à Copenhague, a lui aussi évoqué cette idée lors d'une entrevue accordée au Toronto Star. Il estime que les États-Unis devraient partager avec le Canada le « poids environnemental » de l'exploitation des sables bitumineux.
Mise en garde de Charest
À son arrivée, dimanche, à Copenhague, le premier ministre Jean Charest a rappelé que le timide engagement du gouvernement Harper dans la lutte contre les changements climatiques risquait de coûter cher au Québec, selon le premier ministre Jean Charest.
M. Charest a sérieusement mis en garde le gouvernement fédéral contre les conséquences économiques qui découleraient de son refus d'adopter un plan contraignant de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES).
Jean Charest explique que l'économie du Québec, qui mise sur ses exportations, sera la première touchée si les pays de l'Union européenne mettaient à exécution leur menace d'imposer une taxe sur les produits en provenance de pays qui ne font pas les efforts requis pour réduire leurs émissions de GES.
OU ALORS...
Sables bitumineux de l'Alberta
Ottawa révise ses objectifs à la baisse
Mise à jour le mardi 15 décembre 2009 à 9 h 16
Le ministre de l'Environnement, Jim Prentice, songe à revoir à la baisse les réductions d'émissions de gaz à effet de serre (GES) imposées au secteur pétrolier, en particulier celui des sables bitumineux de l'Alberta.
C'est ce qui ressort d'une ébauche de documents présentée au membres du gouvernement Harper dans les semaines qui ont précédé le sommet de Copenhague et dont la CBC s'est procuré une copie.
Cette proposition s'inscrirait dans la stratégie du gouvernement Harper visant à aligner son plan de lutte contre les gaz à effet de serre sur celui des États-Unis. Or, nos voisins du sud n'ont pas de sables bitumineux.
Selon le document obtenu par la CBC, Ottawa imposerait au secteur des sables bitumineux albertains les mêmes règles qu'au secteur minier américain, ce qui lui permettrait de laisser croître ses émissions de GES. Ainsi, on évalue que les émissions du secteur pétrolier et gazier augmenteraient de 37 % d'ici 2020, comparativement au niveau de 2006.
Il s'agit de réductions trois fois moins importantes qu'initialement prévu dans Prendre le virage, le plan environnemental dévoilé par les conservateurs en 2007 et sur la base duquel le gouvernement Harper est en train de négocier au sommet de Copenhague.
Dans cette ébauche de document obtenue par la CBC, le ministre Prentice explique que la redéfinition des objectifs est le seul moyen de préserver la compétitivité de l'industrie pétrolière canadienne et de s'assurer qu'elle ne sera pas pénalisée par rapport à sa concurrente américaine.
La croissance de l'industrie des sables bitumineux pourrait atteindre 180 % d'ici 2020.
Les environnementalistes inquiets
Reste que si le Canada veut honorer les engagements pris en 2007, il lui faudra compenser le traitement de faveur accordé à l'industrie pétrolière en demandant plus d'efforts aux autres secteurs de l'économie.
Selon les environnementalistes qui ont eu connaissance de l'ébauche, cela reviendrait à imposer une diminution de 40 % des émissions de GES à la construction résidentielle et commerciale, ainsi qu'aux secteurs manufacturier et minier.
Une option peu crédible, selon ces mêmes environnementalistes, qui doutent par conséquent que le Canada puisse atteindre les objectifs établis en 2007.
L'Ontario et le Québec montent au créneau
Voilà qui donnera des arguments aux gouvernements du Québec et de l'Ontario, qui se sont déjà montrés très critiques vis-à-vis de la position canadienne. Dimanche, les ministres de l'Environnement des deux provinces ont en effet soutenu que les objectifs actuels du gouvernement minoritaire conservateur de Stephen Harper étaient inappropriés.
En entrevue à RDI, le premier ministre du Québec, Jean Charest, a dit craindre que le Canada s'expose à des sanctions commerciales s'il violait les règles environnementales internationales. Pour l'heure, le Canada ne respecte pas l'objectif qui lui avait été fixé par Kyoto: une réduction des GES de 6 % en 2012 par rapport à 1990.
Dimanche, M. Prentice a par ailleurs soutenu que les États devraient payer une partie des coûts environnementaux de l'exploitation des sables bitumineux en Alberta. Ce partage des coûts s'impose, a-t-il affirmé, car les Américains achètent et consomment le pétrole extrait des sables bitumineux albertains.
















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