Est-ce que les Ojibwés utilisaient le cannabis médical ?
L'utilisation historique du cannabis par les Ojibwés (Anishinaabe)
est un sujet qui fait l'objet de perspectives divergentes,
oscillant entre des traditions orales et des enseignements sacrés plus récents.
Voici les différents points de vue sur cette question :
1. Perspectives sur l'usage médicinal traditionnel
Utilisations rapportées :
Selon certaines sources spécialisées dans l'herboristerie autochtone,
comme le site Native Flower, https://nativeflower.ca/
les Ojibwés auraient historiquement utilisé les feuilles et les fleurs de cannabis pour préparer des infusions ou des cataplasmes. Ces remèdes servaient à traiter des maux tels que l'arthrite, les rhumes et les toux.
Témoignages d'Aînés : Des membres de communautés Anishinaabe, comme Kylo Prince* de la Première Nation Long Plain au Manitoba, rapportent que de nombreux aînés considèrent la marijuana comme une médecine spirituelle donnée par des "esprits aidants" pour la guérison.
2. Perspectives opposées et lois sacrées
Interdiction par la loi sacrée :
À l'inverse, d'autres enseignements Anishinaabe affirment que le cannabis ne fait pas partie de la médecine traditionnelle.
Selon ces enseignements, l'usage de toute substance altérant l'esprit est contraire aux lois sacrées qui privilégient le maintien d'un équilibre pur entre le corps, l'esprit et l'âme.
Absence de consensus cérémoniel : De nombreux aînés, comme Albert McLeod (aîné bispirituel de Winnipeg), estiment que le cannabis n'a pas sa place dans les cérémonies traditionnelles sacrées.
3. Contexte historique et linguistique
Dénomination locale : En langue ojibwé, le cannabis est désigné sous le nom de moonashkwe.
Origine de la plante : Il est important de noter que le Cannabis sativa n'est pas originaire d'Amérique du Nord ; il a été introduit par les colons européens (initialement pour le chanvre industriel).
Son intégration dans les pratiques médicinales autochtones s'est donc faite au fil des siècles par contact culturel, plutôt que par une découverte précoloniale.
En résumé, bien que des preuves suggèrent une utilisation médicinale de la plante après son introduction sur le continent, il n'existe pas d'accord unanime au sein de la nation Ojibwé quant à sa légitimité en tant que médecine traditionnelle.
* Kylo Prince, un ancien enfant adopté dans le cadre du programme Sixties Scoop*
Le cannabis a-t-il une place dans la culture des Premières Nations ?
Des panélistes donnent leur avis sur une entrevue avec des Autochtones de CBC
* Sixties Scoop/La « rafle des années soixante » désigne le retrait massif, souvent forcé, de plus de 20 000 enfants autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits) de leurs familles vers le système de protection de l’enfance entre 1951 et les années 1980.
Je vous recommande : Little Bird | Série Fiction | ARTE
Disponible sur Crave et ailleurs. https://youtu.be/xWNzZt1lOeU
La série dramatique Little Bird, diffusée sur Crave et APTN,
plonge les téléspectateurs dans les pages sombres de l'histoire canadienne,
tandis que l'héroïne part à la recherche de vérités cachées sur son passé. https://youtu.be/BINTD9-0cJU
Ces enfants ont été majoritairement adoptés par des familles non autochtones, ce qui a entraîné une perte de leur identité culturelle, de leur langue et de leurs liens familiaux.
Aspects clés du scoop des années soixante
Période et étendue : Bien qu’ayant atteint leur apogée dans les années 1960, ces retraits ont eu lieu de la fin des années 1950 aux années 1980, touchant principalement les enfants autochtones pris en charge, où ils ont fini par représenter un nombre disproportionné d’enfants placés en famille d’accueil.
L’« enlèvement » : ce terme a été inventé par Patrick Johnston dans un rapport de 1983, à partir du témoignage d’une travailleuse sociale de Colombie-Britannique décrivant comment on « arrache » des enfants à leurs mères, souvent sans leur consentement, à leur insu ou sans justification légale..
Causes : Des problèmes systémiques, des préjugés liés à la pauvreté et la perception de l'éducation des enfants autochtones comme étant inférieure ont conduit des travailleurs sociaux non autochtones à retirer les enfants, perpétuant ainsi un héritage d'assimilation semblable à celui des pensionnats.
Impact sur les enfants : De nombreux enfants ont été victimes de maltraitance, d’abandon et ont subi une grave perte d’identité, car ils ont souvent été placés au Canada ou à l’étranger, certaines adoptions ayant échoué.
La Loi sur les Indiens (1876) est une loi fédérale canadienne conçue historiquement pour assimiler les Premières Nations en les forçant à abandonner leur culture, leur gouvernance et leur identité pour s'intégrer à la société non autochtone.
Elle permettait de contrôler la vie autochtone, d'interdire des pratiques culturelles comme le potlatch, et imposait le système des pensionnats.
Principaux mécanismes d'assimilation et d'impact :
L'Enfranchissement (Émancipation) : Jusqu'en 1985, un Indien inscrit perdait son statut (et ses droits) s'il devenait citoyen à part entière, obtenait un diplôme universitaire ou devenait chrétien, visant à le "civiliser".
Discrimination envers les femmes : Une femme autochtone qui épousait un non-Indien perdait son statut et devait quitter sa communauté, alors que l'inverse n'était pas vrai, visant à briser les lignées matrilinéaires.
Contrôle culturel et politique : La loi interdisait les cérémonies, imposait des conseils de bande élus (au lieu des chefs héréditaires) et limitait l'accès à l'éducation, notamment par le système des pensionnats.
Gestion des réserves : Les terres étaient contrôlées par le gouvernement fédéral, limitant l'autonomie économique.
Bien que des modifications (notamment en 1951 et 1985 avec le projet de loi C-31) aient supprimé certaines dispositions racistes, la Loi sur les Indiens reste en vigueur aujourd'hui, continuant d'encadrer la vie de milliers de personnes, tout en étant fortement critiquée pour ses conséquences néfastes sur la culture et les droits autochtones
Est-ce que les Ojibwés utilisaient le cannabis médical ?
L'utilisation historique du cannabis par les Ojibwés (Anishinaabe)
est un sujet qui fait l'objet de perspectives divergentes,
oscillant entre des traditions orales et des enseignements sacrés plus récents.
Voici les différents points de vue sur cette question :
1. Perspectives sur l'usage médicinal traditionnel
Utilisations rapportées :
Selon certaines sources spécialisées dans l'herboristerie autochtone,
comme le site Native Flower, https://nativeflower.ca/
les Ojibwés auraient historiquement utilisé les feuilles et les fleurs de cannabis pour préparer des infusions ou des cataplasmes. Ces remèdes servaient à traiter des maux tels que l'arthrite, les rhumes et les toux.
Témoignages d'Aînés : Des membres de communautés Anishinaabe, comme Kylo Prince* de la Première Nation Long Plain au Manitoba, rapportent que de nombreux aînés considèrent la marijuana comme une médecine spirituelle donnée par des "esprits aidants" pour la guérison.
2. Perspectives opposées et lois sacrées
Interdiction par la loi sacrée :
À l'inverse, d'autres enseignements Anishinaabe affirment que le cannabis ne fait pas partie de la médecine traditionnelle.
Selon ces enseignements, l'usage de toute substance altérant l'esprit est contraire aux lois sacrées qui privilégient le maintien d'un équilibre pur entre le corps, l'esprit et l'âme.
Absence de consensus cérémoniel : De nombreux aînés, comme Albert McLeod (aîné bispirituel de Winnipeg), estiment que le cannabis n'a pas sa place dans les cérémonies traditionnelles sacrées.
3. Contexte historique et linguistique
Dénomination locale : En langue ojibwé, le cannabis est désigné sous le nom de moonashkwe.
Origine de la plante : Il est important de noter que le Cannabis sativa n'est pas originaire d'Amérique du Nord ; il a été introduit par les colons européens (initialement pour le chanvre industriel).
Son intégration dans les pratiques médicinales autochtones s'est donc faite au fil des siècles par contact culturel, plutôt que par une découverte précoloniale.
En résumé, bien que des preuves suggèrent une utilisation médicinale de la plante après son introduction sur le continent, il n'existe pas d'accord unanime au sein de la nation Ojibwé quant à sa légitimité en tant que médecine traditionnelle.
* Kylo Prince, un ancien enfant adopté dans le cadre du programme Sixties Scoop*
Le cannabis a-t-il une place dans la culture des Premières Nations ?
Des panélistes donnent leur avis sur une entrevue avec des Autochtones de CBC
Lenard Monkman · CBC News · Publié le : 12 janvier 2018 à 21 h 00 HNE |
Dernière mise à jour : 12 janvier 2018
https://www.cbc.ca/news/indigenous/is-there-a-place-for-cannabis-in-firs...
* Sixties Scoop/La « rafle des années soixante » désigne le retrait massif, souvent forcé, de plus de 20 000 enfants autochtones (Premières Nations, Métis et Inuits) de leurs familles vers le système de protection de l’enfance entre 1951 et les années 1980.
Je vous recommande : Little Bird | Série Fiction | ARTE
Disponible sur Crave et ailleurs.
https://youtu.be/xWNzZt1lOeU
La série dramatique Little Bird, diffusée sur Crave et APTN,
plonge les téléspectateurs dans les pages sombres de l'histoire canadienne,
tandis que l'héroïne part à la recherche de vérités cachées sur son passé.
https://youtu.be/BINTD9-0cJU
Ces enfants ont été majoritairement adoptés par des familles non autochtones, ce qui a entraîné une perte de leur identité culturelle, de leur langue et de leurs liens familiaux.
Aspects clés du scoop des années soixante
Période et étendue : Bien qu’ayant atteint leur apogée dans les années 1960, ces retraits ont eu lieu de la fin des années 1950 aux années 1980, touchant principalement les enfants autochtones pris en charge, où ils ont fini par représenter un nombre disproportionné d’enfants placés en famille d’accueil.
L’« enlèvement » : ce terme a été inventé par Patrick Johnston dans un rapport de 1983, à partir du témoignage d’une travailleuse sociale de Colombie-Britannique décrivant comment on « arrache » des enfants à leurs mères, souvent sans leur consentement, à leur insu ou sans justification légale..
Causes : Des problèmes systémiques, des préjugés liés à la pauvreté et la perception de l'éducation des enfants autochtones comme étant inférieure ont conduit des travailleurs sociaux non autochtones à retirer les enfants, perpétuant ainsi un héritage d'assimilation semblable à celui des pensionnats.
Impact sur les enfants : De nombreux enfants ont été victimes de maltraitance, d’abandon et ont subi une grave perte d’identité, car ils ont souvent été placés au Canada ou à l’étranger, certaines adoptions ayant échoué.
La Loi sur les Indiens (1876) est une loi fédérale canadienne conçue historiquement pour assimiler les Premières Nations en les forçant à abandonner leur culture, leur gouvernance et leur identité pour s'intégrer à la société non autochtone.
Elle permettait de contrôler la vie autochtone, d'interdire des pratiques culturelles comme le potlatch, et imposait le système des pensionnats.
Principaux mécanismes d'assimilation et d'impact :
L'Enfranchissement (Émancipation) : Jusqu'en 1985, un Indien inscrit perdait son statut (et ses droits) s'il devenait citoyen à part entière, obtenait un diplôme universitaire ou devenait chrétien, visant à le "civiliser".
Discrimination envers les femmes : Une femme autochtone qui épousait un non-Indien perdait son statut et devait quitter sa communauté, alors que l'inverse n'était pas vrai, visant à briser les lignées matrilinéaires.
Contrôle culturel et politique : La loi interdisait les cérémonies, imposait des conseils de bande élus (au lieu des chefs héréditaires) et limitait l'accès à l'éducation, notamment par le système des pensionnats.
Gestion des réserves : Les terres étaient contrôlées par le gouvernement fédéral, limitant l'autonomie économique.
Bien que des modifications (notamment en 1951 et 1985 avec le projet de loi C-31) aient supprimé certaines dispositions racistes, la Loi sur les Indiens reste en vigueur aujourd'hui, continuant d'encadrer la vie de milliers de personnes, tout en étant fortement critiquée pour ses conséquences néfastes sur la culture et les droits autochtones