7 COMMENTAIRES

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Marc Therrien - Abonné 19 octobre 2019 08 h 52

Bons pères de familles, pas de la même famille

Parlant du plan symbolique, au niveau de la fonction du Père et de sa Loi, il aurait pu être intéressant d’observer que François Legault aurait l’âge d’être le père de Justin Trudeau, mais ce n’est pas le cas. Il peut à tout le moins être le frère aîné de la « famille ». Comme il arrive souvent dans les familles qu’on observe que les enfants ayant subi la même éducation se différencient au moment de gagner en autonomie en s’affranchissant des déterminismes qui les ont « formés », François Legault et Justin Trudeau incarnent deux visions différentes de ce que c’est «d’agir en bon père de famille» selon que la famille est québécoise ou canadienne. Par ailleurs, il semble évident qu'ils ne viennent pas du même père.

Ainsi, en plus de la laïcité, voilà que la façon québécoise de gérer la légalisation du cannabis ajoute un autre point de discorde avec le gouvernement fédéral en ce qui a trait à la liberté et l’autonomie des citoyens. Par exemple, le gouvernement fédéral valorise la liberté et l’autonomie des individus qu’ils gouvernent en leur permettant de cultiver 4 plans de marijuana à la maison alors que le Québec, cette nation distincte, revendiquant sa liberté et son autonomie de gouverner dans ce qu’il considère être son champ de compétences, interdit la culture privée de la marijuana et restreint ainsi cette autonomie et liberté individuelle chez «ses» gouvernés.

Marc Therrien

Marc Therrien - Abonné 19 octobre 2019 08 h 57

Bons pères de famille, pas de la même famille (suite)

Il s’agit d’un autre domaine de la vie domestique encadré par la politique où on observe cette tension entres les valeurs individualistes de l’esprit anglosaxon qui priment sur les valeurs collectives et les valeurs collectives de l’esprit français amoureux de la république auxquelles doivent se subordonner l’individu. D'un côté, la marijuana est vue comme un bien privé et on a davantage confiance en la capacité de la majorité des citoyens d’être autonome, raisonnable et responsable dans cette nouvelle permission sociale et de l'autre, la marijuana est vue comme s'ajoutant aux autres biens publics qui doivent être gérés et contrôlés par l'État pour assurer le bien-être collectif des citoyens qui ont besoin d'être encadrés pour bien se comporter face à cette nouvelle permission sociale.

Enfin, j’imagine qu’il arrive assez souvent dans les familles que le cadet adopte des idées plus progressistes que son aîné plus conservateur.

Marc Therrien

Joël Tremblay - Abonné 19 octobre 2019 11 h 04

Excellent commentaire, bonne analogie mais pas parfaite
"comment expliquer un appui massif en faveur des réglementations strictes imposées aux consommateurs de cannabis québécois ?"

En fait, ce semble plus être des groupes d'intérêts spécifiques, comme les regroupements de propriétaires, le patronat, la police, des catégories spécifiques de la société qui exercent une influence injustifiée et démesurée sur les instances politiques qui expriment le souhait pour des règles renforcées, la majorité de la population s'en fiche. Les mesures ne bénéficient pas d'un appui massif, c'est là que le texte fait fausse route je crois, mais le commentaire et l'argumentaire n'en sont pas moins pertinenents.

Nous accordons juste trop d'importance aux paroles et opinions des gens dont la vocation est de faire de l'argent sur le dos des autres, c'est tout.

Raymond Labelle - Abonné 19 octobre 2019 20 h 15

Voici un sondage pan-canadien portant sur la question:
https://ici.radio-canada.ca/nouvelles/special/2017/05/sondage-legalisati...

Un élément surprenant: "Un Canadien sur six dit avoir consommé du cannabis au cours de l'année écoulée, mais ce n’est le cas que d’un Québécois sur dix."

Voilà peut-être aussi un élément à considérer quant à une attitude différente. Et pourquoi consommerait-on moins au Québec? Dur à dire, mais je ne suis pas sûr que le nationalisme ou la volonté de se distinguer du reste du Canada comme société distincte soit une raison déterminante pour expliquer ce fait.

Raymond Labelle - Abonné 19 octobre 2019 12 h 48

Dans ce dossier, le gouvernement fédéral a raison contre le gouvernement du Québec.
Il est clair que la légalisation effective du cannabis coupe l'herbe sous le pied au crime organisé.

Les différentes tentatives du gouvernement du Québec et de certaines municipalités de rendre quasi-inopérante cette légalisation en étirant au maximum leur juridiction sont une erreur. Par exemple, interdire la culture à domicile (voir l'appel du gouvernement du Québec (https://www.ledevoir.com/societe/564509/cannabis-a-la-maison-quebec-va-e... ), hausser l'âge minimal de 18 à 21 ans, les contraintes sur les lieux où on peut fumer, etc.

C’est à cause de ces tentatives de contrainte du gouvernement du Québec et de certaines municipalités que je ferais une distinction entre « légalisation effective » et « légalisation formelle ».

Mais juste parce que c'est une position du gouvernement du Québec, sans regarder la question sur le fond, factuellement, le Bloc va-t-il défendre cette position dans le cadre de sa politique de "défense des intérêts du Québec"?

Le Bloc avait par contre appuyé la production d'amiante, produit notoirement toxique, parce que ça fait des jobs au Québec et que c'était la position du gouvernement du Québec (gouvernement Charest à l'époque): pas grave si on empoisonne des gens des pays du tiers-monde, en autant qu'on défende "les intérêts du Québec".

Céaime Aime - Inscrit 20 octobre 2019 09 h 50

Ce gouvernement populiste est ce qu’on a eu de pire depuis Duplessis. Une bande d’incultes qui n’ont aucun député sur l’île de Montréal là où la grande majorité du cannabis se consomme. Vont-ils embaucher un flic par maison pour surveiller leur absurdité ? Ça fera moins de chômage, mais plus de crétins qui vont continuer à élire des conservateurs. Je trouve cette analyse intéressante, mais beaucoup trop élaborer pour définir l’incurie de la CAQ, comme celui de tous les gouvernements de droite et d’extrême droite dans le monde. Gouverner la morale et porter des jugements sur le comportement de ses administrés est la première fonction d’un gouvernement conservateur et de droite menée souvent par de vieux nostalgiques et rarement par une faction contemporaine de jeunes. Les jeunes devraient avoir plus de place dans ce monde d’abrutis. C’est eux qui vont façonner l’avenir de notre monde. Leur imposer des dirigeants parce que les vieux nostalgiques et nationalistes votent massivement pour des gouvernements de droite est une injustice et un manque de vision.

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