Un président de l'Association des policiers du Québec ne fait que reprendre la position de ses membres, et non la sienne.
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Publié le 30 mars 2011 à 11h06 | Mis à jour à 11h25
Mourani, encore en guerre contre le registre
Paul Journet
La Presse
(Montréal) Cette année encore, une des plus chaudes luttes électorales devrait se dérouler dans la circonscription d'Ahuntsic.
En 2008, la bloquiste Maria Mourani avait coiffé sa rivale libérale par seulement quelque 400 votes. Les conservateurs n'avaient récolté que 10% des votes. «Ça sera aussi féroce que d'habitude, il n'y aura rien de neuf», annonçait tout sourire le députée sortante ce matin devant ses militants.
La criminologue aimerait bien que le registre des armes à feu devienne un enjeu de cette campagne.
Les conservateurs veulent l'abolir pour des raisons de principes et d'efficacité. Selon eux, le registre créerait un faux sentiment de sécurité chez les policiers, il criminaliserait les simples chasseurs et agriculteurs et il serait très coûteux.
Hier, Jean-Guy Dagenais, nouveau candidat conservateur dans Saint-Hyacinthe-Bagot, reprenait l'argumentaire de son parti. Or, M. Dagenais disait le contraire il y a quelques semaines seulement, alors qu'il présidait encore l'Association des policiers du Québec (APPQ).
Il se défend en affirmant qu'il ne faisait alors que reprendre la position de ses membres, et non la sienne. Une défense qui ne tient pas la route, estime Gilles Duceppe. Il émet deux hypothèses : M. Degenais aurait «renié ses principes» pour présider l'APPQ, ou pour devenir candidat conservateur. «Pourtant, on n'est jamais obligé dans la vie», disait-il ce matin. Si M. Dagenais agissait contre ses principes dans le syndicat, il n'avait qu'à quitter son poste, croit M. Duceppe.
Le Bloc essaie d'utiliser le dossier des armes à feu pour démontrer un autre «fossé» qui existerait entre le Québec et le Canada.
Mme Mourani rappelle qu'aux Communes, 83% des députés du Québec ont voté pour le maintien du registre. Dans le reste du Canada, 62% des députés ont toutefois demandé son abolition.
Or, les députés du Bloc n'étaient pas les seuls québécois à s'opposer au registre. Tous les députés libéraux et néo-démocrates du Québec ont voté de la même façon que le Bloc.
M. Duceppe a même affirmé que M. Harper se comportait en Américain. «Nous ne sommes pas au Texas», a-t-il lancé au premier ministre.
Le registre est une initiative des libéraux. Ils y ont englouti environ deux milliards de fonds publics. Le Bloc dénonce la gestion «désastreuse» du registre, mais pas sa pertinence.
Au contraire, il existerait un «consensus» en faveur de ce registre au Québec, soutient Gilles Duceppe. Il rappelle que le registre est appuyé entre autres par l'Assemblée nationale (quatre motions unanimes), l'Association des policiers et policières du Québec, le Barreau du Québec ainsi que la Direction de la santé publique. Tous les élus conservateurs du Québec s'y opposent toutefois.
Mais s'il se porte en défenseur du registre, M. Duceppe n'est pas le seul chef à vouloir le maintenir. Le chef libéral, Michael Ignatieff, s'engage à maintenir le registre. Il y apporterait toutefois quelques modifications. Par exemple, si un citoyen omettait d'enregistrer son arme, il recevrait une simple amende. Cela ne constituerait plus une infraction criminelle.
Malgré cette position de M. Ignatieff, le registre ne fait pas consensus au sein des troupes libérales du reste du Canada. L'année dernière, huit libéraux - et 12 néo-démocrates - avaient voté en faveur du projet de loi conservateur contre le registre.
Trois modifications
Mme Mourani, auteure de Gangs de rue inc., soutient que le registre est utile. Les policiers le consultent 10 000 fois par jour au Canada, rappelle-t-elle.
Si elle est réélue, elle promet de demander au gouvernement de le renforcer en rendant l'enregistrement gratuit (ce que proposent aussi les libéraux) et en appliquant un décret - pas encore en vigueur - qui oblige à identifier les armes à feu. Cette dernière mesure dissuaderait le vol et la contrebande des armes.
















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