« Alors, c’est Toto qui lutte contre les drogues... »

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Salles de consommation et nouvelle interview d’Étienne Apaire
« Alors, c’est Toto qui lutte contre les drogues... »
publié en ligne : 30 août 2010

Une fois de plus, le président de la MILDT se ridiculise.

Étienne Apaire s’était déjà couvert de ridicule dans une interview qu’il avait donnée au Monde le 10 aout Il prétendait discuter philosophie alors qu’il s’avérait incapable de lire les conclusions de rapports scientifiques. Cette interview avait déclenché une polémique qui avait contraint Matignon à recevoir les associations. Les propos d’Apaire avaient aussi avivé l’intérêt des médias pour le sujet des salles de consommation, ouvrant un boulevard pour le plaidoyer des associations.

Aujourd’hui, Apaire récidive. Dans une interview donnée à l’AFP, il débite à nouveau des inepties. Après avoir donné dans le Monde les preuves de son incompétence en matière scientifique et légale, il manifeste aujourd’hui son ignorance crasse de la loi. En effet, il affirme : « Accompagner les consommations ne figure pas parmi nos objectifs. » Or la loi de 2004 sur la réduction des risques a permis la création des CAARUD, qui sont des centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagerEs de drogues, puis des CSAPA (centre de soins et d’accompagnement et de prévention en addictologie). L’accompagenent des usagerEs et de leur consommation est donc un objectif que la loi fixe aux autorités et au gouvernement. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle la mise en place de salles de consommation ne nécessite aucune réforme légale.

Act Up-Paris a mieux à faire que de répondre aux bévues du directeur de la MILDT. François Fillon devrait en tout cas se demander si le fait d’avoir Toto comme conseiller des drogues est le meilleur moyen pour avoir raison. Chaque bêtise que Toto profère publiquement est la meilleure preuve que les salles de consommation sont un outil indispensable, et que le refus du gouvernement ne repose sur rien de sensé.

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http://www.actupparis.org/spip.php?article4136

Etienne Apaire et la lutte contre le sida et les hépatites :
« Café-philo ou café du commerce, ma place n’est plus à la MILDT »
publié en ligne : 9 août 2010

Dans une interview donnée au Monde daté du 10 août 2010, Etienne Apaire rabache une fois de plus son opposition aux salles de consommation à moindre risque, malgré toutes les preuves scientifiques de leur intérêt en matière de santé. Argument massue du directeur de la MILDT : « ces centres sont discutables sur un plan philosophique. ». Act Up-Paris suggère donc à Etienne Apaire de démissionner de son poste pour animer un café-philo.

Nous sommes prêtEs à l’aider s’il souhaite que le premier débat porte sur les salles de consommation. Notre expertise poussée nous permet de dire que Kant ou Platon auraient été contre, Descartes et Hegel n’auraient pas beaucoup aimé, mais que Spinoza, Diderot, Rousseau, Nietzsche, Sartre, Foucault, Deleuze auraient soutenu les salles d’injection.

La fréquentation de philosophes donnera à Etienne Apaire une rigueur dont il est totalement dépourvu. En effet, il prétend parler au nom du gouvernement alors qu’il n’est pas ministre, et que Roselyne Bachelot-Narquin l’a contredit : 0/20 en philosophie politique. Il prétend contre toute évidence que dans le rapport de l’INSERM, « L’impact des salles d’injection sur la réduction des infections (VIH, hépatites) n’[..] est pas démontré », preuve qu’il ne l’a simplement pas lu : 0/20 en philosophie des sciences.

La MILDT n’a pas besoin d’apprentis-philosophes incompétents. Il est temps que François Fillon s’en rende compte, s’il entend enfin éviter des milliers de contaminations au VIH et aux hépatites. Act Up-Paris exige la démission d’Apaire et le début de l’expérimentation des salles à Marseille et Paris.

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Salles de consommation de drogues à moindre risques
Fillon, responsable et coupable d’un nouveau scandale sanitaire ?
publié en ligne : 20 août 2010 — publié la première fois : 19 août 2010

Après une réunion décevante avec son cabinet, Act Up-Paris appelle François Fillon à enfin tenir compte des réalités de terrain et des preuves scientifiques. Faute de quoi, il se rendra responsable de milliers de morts et d’un nouveau scandale sanitaire.

La rencontre entre le cabinet du Premier ministre et les associations sur les salles de consommation a été très insatisfaisante. Le directeur de cabinet, Jean-Paul Fougère, est resté campé sur ses positions, même devant les preuves scientifiques que nous lui apportions.

Reconnaissant timidement les problèmes qui justifient la mise en place de ces salles, Jean-Paul Fougère estime que les centres d’injection supervisés ne seraient pas la solution, et qu’il faut réformer le dispositif de réduction des risques - sans jamais expliquer comment, avec une lecture partiale et partielle du rapport de l’INSERM [1].

Le directeur de cabinet a indiqué aux associations faire le point avec François Fillon sur le sujet. Nous appelons le premier ministre à se poser les bonnes questions :

Est-il logique de gouverner sur des principes obscurantistes ? Est-il souhaitable, comme François Fillon le fait depuis une semaine, de mépriser à ce point les scientifiques et leurs travaux ? François Fillon pense-t-il que cette démarche honore la politique française ?

Fillon a-t-il envie d’être responsable et coupable d’un nouveau scandale sanitaire ? Il ne pourra pas dire en tout cas « je ne savais pas ». Il a toutes les preuves scientifiques , et il sait les conséquences sanitaires désastreuses que son refus engendrerait. À partir d’aujourd’hui, le Premier ministre devra rendre des comptes sur chaque overdose mortelle, sur chaque contamination au VIH ou aux hépatites virales qui se seront produites en l’absence de salles de consommation. Act Up-Paris l’interpellera sans relâche sur son obscurantisme et sa responsabilité dans les morts à venir.

Act Up-Paris appelle la communauté scientifique à se mobiliser contre l’obscurantisme du gouvernement. Au-delà des salles de consommation, le mépris affiché par François Fillon pour les résultats de la recherche doit être l’objet de toutes les inquiétudes.

Act Up-Paris appelle les villes qui se sont proposées à lancer sans plus attendre l’expérimentation. L’histoire de la réduction des risques a été celle d’expériences menées dans l’illégalité, comme les premières actions d’échange de seringues. Parce que, comme aujourd’hui, des politiques refusent de questionner leur idéologie, malgré les évidences de terrain et de la science, il a toujours fallu procéder ainsi. On aurait pu espérer que Françosi Fillon tirerait les leçons du passé. Mais s’il a envie d’être un nouveau Laurent Fabius, les villes qui se sont portées volontaires n’ont pas à en payer le prix.

Notes
[1] L’INSERM apporte par exemple la preuve que les salles de consommation permettent d’améliorer l’accès aux soins, y compris à ceux de substitution et de sevrage. Jean-Paul Fougère prétend ne pas avoir lu cette information.

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http://www.actupparis.org/spip.php?article4137

Salles de consommation à moindre risque
En finir avec l’obscurantisme et l’irrationalité
Collectif du 19 mai : Asud, Anitea, Act Up – Paris, Gaïa Paris, Safe, Sos Hépatites Paris, salledeconsommation.fr
publié en ligne : 11 août 2010

Alors que la Ministre de la Sante et la secrétaire d’Etat à la famille continuent d’évoquer l’intérêt d’une expérimentation de salles de consommation de drogues à moindre risque (SCMR) François Fillon vient de s’opposer à leur expérimentation. Le collectif du 19 mai diffuse deux documents dont la valeur scientifique est inattaquable et qui démontrent que les arguments avancés par les détracteurs, infondés, relèvent de l’irrationnel.

Comment la décision du Premier ministre pourrait-elle être juste puisque le président de l’administration chargée de la préparer, Étienne Apaire de la MILDT, ne cesse de manipuler les données scientifiques et de désinformer le grand public comme les décideurs sur les dispositifs de la réduction des risques, comme il l’a fait dans une interview accordée au Monde daté du 10 août ? Le collectif du 19 mai appelle le Premier ministre à mettre fin à la démagogie obscurantiste de la MILDT et à tenir compte des leçons de notre expérience de terrain et des études scientifiques.

Synthèse des deux documents
1 Le soutien du président de l’International Aids Society

Le 21 mars 2010, le professeur Julio Montaner, alors président de l’International Aids Society, écrivait à la ministre de la santé Roselyne Bachelot-Narquin (notre premier document). Il y affirme son « entier soutien à une évaluation des centres d’injection supervisée ». Investigateur principal d’une étude évaluant l’activité d’un CIS à Vancouver, il résume dans ce courrier les conclusions, notamment la réduction des comportements à risque de transmission du VIH et du VHC ou du nombre de décès par overdose. Le professeur Montaner indique par ailleurs que l’année suivant sa mise en place, il y a eu une augmentation de 32 % d’inscription pour une désintoxication parmi un échantillon d’usagers choisis au hasard. Une conclusion qui devrait rassurer les personnes qui pensent que les CIS inciteraient à l’usage des drogues illicites ! Le professeur Montaner cite enfin deux études indépendantes évaluant le rapport coût/bénéfices et concluant qu’un tel centre permettait au systèmes de soins de faire des économies substantielles.

2 La synthèse de l’expertise collective de l’INSERM

Saisi par la ministre de la Santé sur la réduction des risques chez les usagers de drogue, l’INSERM rendait le 30 juin 2010 les synthèse et recommandations de son expertise collective. Dans les pages 27 à 29 de ce rapport (notre deuxième document), les experts se livrent à une analyse de la littérature scientifique concernant les CIS.

Ils notent que du fait d’un manque d’études et des difficultés méthodologiques, « on ne peut tirer de conclusions sur une influence spécifique des CIS sur l’incidence du VIH ou du VHC. ». Mais « des études démontrent clairement une diminution des abcès et autres maladies liées à l’injection, une diminution des comportements à risque de transmission du VIH/VHC (partage de matériel usagé ou de matériel servant à la préparation de l’injection) chez les usagers, avec une probable influence plus large sur la communauté des usagers ». L’interprétation qu’Apaire fait de cette synthèse est donc pour le moins biaisée quand il affirme que : « L’impact des salles d’injection sur la réduction des infections (VIH, hépatites) n’y est pas démontré ».

Etienne Apaire ajoute : « Le fait qu’elles pourraient faciliter l’accès aux soins des toxicomanes, voire leur sortie de la dépendance, n’en est qu’au stade de l’hypothèse. » Or, l’INSERM affirme : « Même si une partie non négligeable des usagers sont ou ont déjà été en traitement, certaines études montrent une augmentation du nombre d’usagers entrant en traitement pour leur dépendance. Les résultats des études suggèrent donc une complémentarité entre CIS et traitement de la dépendance. ». Une nouvelle fois, Étienne Apaire manipule les conclusions du rapport. De plus, le présdident de l’IAS a clairement démontré l’augmentation (34 % de plus l’année suivant l’installation d’un CIS à Vancouver) du nombre d’usagers se faisant traiter pour leur dépendance.

Enfin, le rapport montre encore l’intérêt des CIS en matière d’économie pour le système de santé, d’amélioration de l’accès aux soins des usagers, de réduction de la consommation dans des lieux publics et des nuisances associées – ceci sans que l’on constate une augmentation de la consommation de substances illicites ou de crimes et délits associés à la drogue. Autant de résultats qui plaident pour une expériementation de ces salles en France, et qu’Étienne Apaire passe sous silence dans ses interventions publiques.

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