Traitement des troubles mentaux

de nombreux troubles mentaux peuvent désormais être traités avec presque autant de succès que les maladies physiques.
Par
Michael B. First , MD,

Columbia University
New York State Psychiatric Institute

Dernière révision totale nov. 2017| Dernière modification du contenu nov. 2017

Dans le domaine du traitement des troubles mentaux, d’extraordinaires progrès ont été accomplis. Ainsi, de nombreux troubles mentaux peuvent désormais être traités avec presque autant de succès que les maladies physiques.

La plupart des méthodes de traitement des troubles mentaux peuvent être classées comme

Somatiques

Psychothérapeutiques

Les traitements somatiques comprennent les médicaments, la sismothérapie ainsi que d’autres traitements stimulant le cerveau (tels que la stimulation magnétique transcrânienne ou la stimulation du nerf vague).

Les traitements psychothérapeutiques comprennent la psychothérapie (individuelle, de groupe ou familiale, ainsi que de couple), les techniques de thérapie comportementale (telles que la relaxation ou la thérapie d’exposition) et l’hypnothérapie.

La plupart des études réalisées en la matière donnent lieu de croire que, pour les principales maladies mentales, l’association de médicaments et de psychothérapie est plus efficace que chacune des méthodes de traitement utilisée seule.

Les psychiatres ne sont pas les seuls professionnels de santé spécialisés dans le traitement de la maladie mentale. Dans ce cadre figurent également les psychologues cliniques, les infirmiers de pratique avancée, et les assistants sociaux. Toutefois, les psychiatres (ainsi que les infirmiers praticiens en psychiatrie dans certains États) représentent les seuls professionnels de santé spécialisés en psychiatrie autorisés à prescrire des médicaments. Les autres professionnels de santé spécialisés en psychiatrie pratiquent principalement la psychothérapie. Nombre de médecins généralistes ainsi que d’autres types de médecins prescrivent également des médicaments pour traiter les troubles mentaux.

Traitement pharmacologique
De nombreux médicaments psychoactifs sont très efficaces et largement utilisés par les psychiatres ou les autres médecins. Ces médicaments sont souvent classés en fonction du trouble pour lequel ils sont principalement prescrits. Par exemple, les antidépresseurs sont utilisés dans le traitement de la dépression.

La classe d’antidépresseurs la plus largement utilisée est

Inhibiteurs sélectifs de la recapture de la sérotonine (ISRS), tels que la fluoxétine, la sertraline, la paroxétine, et le citalopram.

Les autres classes d’antidépresseurs comprennent

Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine-noradrénaline (IRSN) tels que la venlafaxine, la duloxétine, ou la desvenlafaxine

Inhibiteurs de la recapture de la noradrénaline-dopamine, tels que le bupropion

Les antidépresseurs tricycliques tels que l’amitriptyline et la nortriptyline sont rarement utilisés pour traiter la dépression, en raison de leurs effets secondaires. Toutefois, ces médicaments peuvent être utilisés si la personne souffre également d’un trouble à l’origine d’une douleur chronique qui interfère avec ses activités et son travail. Les antidépresseurs tricycliques peuvent aider à soulager certains types de douleur.

Les inhibiteurs de la monoamine-oxydase peuvent être efficaces mais sont rarement utilisés à moins que d’autres antidépresseurs n’aient pas fonctionné.

Les médicaments antipsychotiques plus anciens, tels que la chlorpromazine, l’halopéridol et le thiothixène, sont utiles dans le traitement de troubles tels que la schizophrénie et certains problèmes comportementaux. Les médicaments antipsychotiques plus récents (généralement dénommés antipsychotiques atypiques ou de seconde génération), tels que la rispéridone, l’olanzapine, la quétiapine, la ziprasidone ou l’aripiprazole, sont maintenant fréquemment utilisés en traitement initial. Pour les personnes ne répondant pas aux autres antipsychotiques, la clozapine est de plus en plus utilisée.

Les ISRS et les médicaments anxiolytiques, tels que le clonazépam, le lorazépam ou le diazépam, de même que les autres antidépresseurs, sont utilisés pour traiter les troubles anxieux tels que le trouble panique ou les phobies.

Les psychorégulateurs, tels que le lithium, la carbamazépine, le valproate, la lamotrigine ou le topiramate, sont utilisés pour traiter le trouble bipolaire.

Sismothérapie
Dans la sismothérapie, des électrodes sont placées sur la tête et, tandis que la personne est sous anesthésie, une série de décharges électriques est délivrée au cerveau afin d’induire de brèves convulsions. Ce traitement s’est toujours avéré être le plus efficace pour traiter la dépression sévère. De nombreuses personnes soumises à cette technique présentent une perte de mémoire temporaire. Cependant, contrairement à ce qui est souvent dit dans les médias, la sismothérapie est sûre et n’entraîne que rarement des complications. Les méthodes modernes d’anesthésie et de relaxation musculaire en ont réduit considérablement les risques.

Autres thérapies par stimulation du cerveau
Les autres thérapies qui stimulent le cerveau, telles que la stimulation magnétique transcrânienne répétitive ou la stimulation du nerf vague, sont en cours d’étude et peuvent apporter un bénéfice à des personnes souffrant de dépression et ne répondant pas aux médicaments ni à la psychothérapie. Ces thérapies impliquent l’activation ou la stimulation du cerveau directement par des aimants ou des implants qui stimulent le nerf vague. On pense que les cellules stimulées libèrent des messagers chimiques (neurotransmetteurs), contribuant à réguler l’humeur et pouvant ainsi soulager les symptômes de la dépression. Ces procédures sont généralement utilisées chez les personnes qui ne répondent pas aux médicaments ni à la psychothérapie.

Psychothérapie
Au cours des dernières années, d’importants progrès ont été accomplis dans le domaine de la psychothérapie, parfois appelée « thérapie par la parole ». En créant une ambiance d’empathie et d’acceptation, le thérapeute peut souvent aider la personne à identifier la source de ses problèmes et à envisager des solutions pour les aborder. La conscience émotionnelle et l’introspection que la personne acquiert par la psychothérapie entraînent souvent un changement d’attitude et de comportement, lui permettant de vivre une vie plus riche et plus satisfaisante.

La psychothérapie est utile et efficace dans de nombreuses affections. Même les personnes qui ne souffrent d’aucun trouble mental peuvent tirer profit d’une psychothérapie lorsqu’elles doivent faire face à des problèmes tels que des difficultés professionnelles, un deuil ou une maladie chronique d’un membre de leur famille. La psychothérapie de groupe, la thérapie de couple et la thérapie familiale sont également largement utilisées.

La plupart des professionnels de santé spécialisés en psychiatrie pratiquent l’un des six types de psychothérapie qui existent :

Thérapie comportementale

Thérapie cognitive

Thérapie interpersonnelle

Psychanalyse

Psychothérapie psychodynamique

Psychothérapie de soutien

La thérapie comportementale est liée à la thérapie cognitive. Une association des deux est parfois utilisée, il s’agit de la thérapie cognitivo-comportementale. La base théorique de la thérapie comportementale repose sur la théorie de l’apprentissage, qui estime que les comportements anormaux sont déterminés par de mauvais apprentissages. La thérapie comportementale implique un certain nombre d’interventions conçues pour aider la personne à désapprendre des comportements inappropriés tout en apprenant des comportements adaptatifs. La thérapie d’exposition, souvent utilisée pour traiter les phobies, représente un exemple de thérapie comportementale ( Traitement).

La thérapie cognitive aide les personnes à identifier les distorsions de pensées et à comprendre comment elles engendrent des problèmes dans leur vie. L’hypothèse de base est que les sentiments et les comportements de la personne sont déterminés par la façon dont elle interprète ses expériences. À travers l’identification de leurs croyances et suppositions profondes, les personnes peuvent apprendre à voir leurs expériences autrement, ce qui se traduit par une réduction de leurs symptômes et entraîne une amélioration de leurs comportements et émotions.

La thérapie interpersonnelle était initialement conçue comme un traitement psychologique court de la dépression et elle est conçue pour améliorer la qualité des relations d’une personne dépressive. Elle met l’accent sur les éléments suivants :

Les peines non résolues

Les conflits qui surgissent quand on doit remplir un rôle différent de ses attentes personnelles (c’est le cas d’une femme qui démarre une relation en souhaitant être mère au foyer et qui découvre qu’elle doit aussi être le principal soutien de famille)

Les changements de rôles sociaux (passer du travail à la retraite)

La difficulté à communiquer avec les autres

Le thérapeute apprend à la personne à améliorer certains aspects des relations interpersonnelles, tels que le fait de surmonter l’isolation sociale ou de répondre aux autres de façon moins habituelle.

La psychanalyse est la plus ancienne forme de psychothérapie et fut développée par Sigmund Freud au début du 20e siècle. La personne consulte en général le thérapeute 4 ou 5 fois par semaine, et, étendue sur un divan, tente d’exprimer toutes ses pensées, selon la pratique dite des associations libres. L’attention est, en grande partie, orientée vers la compréhension de la façon dont les modèles relationnels du passé se répètent dans le présent. La relation entre la personne et le thérapeute est déterminante dans cette attention. La compréhension de la façon dont le passé affecte le présent aide la personne à développer des modes de fonctionnement nouveaux et plus adaptatifs dans ses relations ainsi que dans le cadre professionnel.

La psychothérapie psychodynamique, comme la psychanalyse, met l’accent sur l’identification de modèles inconscients à travers les pensées, les sentiments et les comportements actuels. Cependant, la personne est en général assise plutôt qu’allongée sur un divan et participe à seulement 1 à 3 séances hebdomadaires. De plus, l’accent est moins porté sur la relation entre la personne et le thérapeute.

La psychothérapie de soutien, la plus répandue, repose sur une relation d’empathie et de soutien entre la personne et le thérapeute. Elle encourage l’expression des sentiments et le thérapeute aide à la résolution de problèmes. La psychothérapie centrée sur les problèmes, forme de thérapie de soutien, peut être pratiquée avec succès par les médecins généralistes.

REMARQUE : Il s’agit de la version grand public. MÉDECINS : Cliquez ici pour la version professionnelle

Commentaires

Est-ce qu'on en guéri ou faut faire avec ?

« consommation de substances, etc.; »
Des substances peuvent entraîner une aggravation de la maladie mentale ou la révéler.

«Les personnes atteintes d’une maladie mentale développent parfois des problèmes de consommation excessive d’alcool ou de drogues ou une dépendance à ces substances. »

Pourquoi utiliser: d'alcool ou de drogues ?
Est-ce que les médicaments d'ordonnance sont inclus dans les drogues ?
Continuer la ségrégation et stigmatisation des consommateurs selon le produit et l'usage ?
Ce ne sont pas les usages licites et/ou illicites qui doivent déterminer ce qu'est une drogue.
Pour déterminer ce qui doit être licite et illicite et criminaliser les utilisateurs ils ne tiennent pas compte des millions de morts évitables acceptables annuellement ?

A titre d'info scientifiques:
L'alcool est une drogue légale qui rend accro, malade violent et tue chaque jour.
L'alcool un dépresseur, drogue des violeurs #1, a le plus grand nombre de drogués;
Dangerosité pour la santé publique, physique et mentale, évitable mais acceptable culturellement:
Alcool #2 (#1 pour le nombre de drogués) juste derrière les opiacés #1
au #3 se retrouve le tabac (#1 pour le nombre de morts annuelles évitables acceptables)

Facteurs de risque
On ne connaît pas les causes exactes de chacune des maladies mentales. Elles résultent d’une combinaison de plusieurs facteurs qui peuvent favoriser le développement d’une maladie mentale, par exemple :

- l’hérédité, c’est-à-dire le fait que d’autres personnes de la famille sont ou ont été atteintes de maladies mentales;
- des facteurs biologiques, qui modifient l’équilibre chimique du cerveau (état de stress prolongé, consommation de substances*, etc.);
- des caractéristiques du tempérament de la personne, par exemple une faible estime de soi, une difficulté à s’adapter aux différentes situations de la vie;
- des maladies ou des problèmes de santé physique chroniques, par exemple le cancer, les maladies touchant la glande thyroïde, les maladies cardiovasculaires ou respiratoires;
- la présence de facteurs de stress dans la vie de la personne, qui peuvent être liés :
- à son environnement familial (exemples : décès d’un être cher, enfance marquée par des abus, violence conjugale, exposition fréquentes à des conflits);
- à son environnement social (exemples : itinérance, isolement);
- à son environnement professionnel ou financier (exemples : perte d’emploi, faibles revenus);

Personnes à risque
Certaines personnes ont plus de risques d’avoir une maladie mentale :
- les enfants et les adolescents qui ont vécu des expériences familiales difficiles ou qui sont exposés à la violence à -l’école;
- les personnes qui assument seules la charge d’une famille;
- les personnes qui ont subi une agression sexuelle ou de la violence conjugale;
- les adultes qui ne travaillent pas ou qui perdent leur emploi;
- les personnes à faible revenu;
- les personnes âgées seules ou en perte d’autonomie.

Les enfants qui ont ou qui ont eu une maladie mentale ont plus de risques d’avoir des problèmes sociaux ou d’autres problèmes de santé lorsqu’ils seront adultes.
https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/sante-mentale-maladie-men...

* «Les personnes atteintes d’une maladie mentale développent parfois des problèmes de consommation excessive d’alcool ou de drogues ou une dépendance à ces substances.» La poule ou l'oeuf ?

"Haaaaaaaaaaaa ! L'alcool la cause et la solution à tous nos problèmes !" Homer Simpson

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