Autre élection, autres promesses...

L'Itinéraire. Éditorial de Serge Lareault.

Les élections provinciales sont déclanchées et, encore une fois, une pluie de promesses verglassantes s’abat sur le Québec. Peu d’idées cette année. Alors que la pauvreté est la première préoccupation des Québécois, selon le sondage Léger Marketing 2006, les conditions sociales des plus démunis n’est pas le sujet privilégié des partis, sauf pour Québec Solidaire.

Les Libéraux ont-ils des chances de l’emporter? Ils ont fait des gaffes majeures et ce n’est pas leurs piètres succès en matière de développement économique qui améliorera notre sort. Ils sont du genre à déplacer des montagnes vers le secteur privé aux dépens des intérêts collectifs. Parlez-en aux citoyens du Mont-Orford. Le laisser-aller des libéraux semble à bien des égards beaucoup plus dangereux et moins performant que l’approche du PQ des dernières années.

Quant à la santé, si vous avez été malade ces temps derniers, vous savez que les libéraux «n’étaient pas prêts» en 2003. Mais nous devons souligner le courage du ministre Couillard dans la gestion d’un dossier aussi monstrueux.

Au moment d’écrire ces lignes, le PQ «s’autolapide» et André Boisclair, comme tout candidat d’abord présenté comme un sauveur, est crucifié sur la place publique, même par ses pairs. On spécule déjà sur ses possibilités de ressusciter. Son plan n’est pas le Discours sur la montagne et on voit mal comment le parti pourrait gagner ses élections.

Ne parlerons pas de l’ADQ et de Mario Dumont qui semble à des années-lumières de comprendre quoi que ce soit à la situation actuelle du Québec. Enfin, Québec Solidaire est un parti aux valeurs de partage et d’équité, mais qui ne décolle pas auprès de la population. Nous leur souhaitons cependant de persévérer.

En attendant, aucun des deux grands partis qui s’échangent le pouvoir ne présente d’engagement envers les pauvres : logements sociaux suffisants, solutions novatrices pour améliorer les conditions de vie des pauvres, lutte à la drogue, garderies, amélioration de la qualité de l’enseignement primaire et secondaire, batailles contre le décrochage scolaire, encouragement au retour aux études des décrocheurs, etc.

Plus que jamais, il vaut mieux prendre le temps de voter moins pour un parti que pour des candidats qui pourront porter un peu de nos valeurs à Québec pour se donner cinq autres années d’influences positives dans une machine politique qui ne semble pas vouloir rouler dans le sens des besoins de la population, surtout la plus vulnérable.

Nous saluons cette année l’engagement social des députés péquistes Martin Lemay (Sainte-Marie/Saint-Jacques), Nicolas Girard (Gouin) et Louise Harel (Hochelaga-Maisonneuve) qui ont porté le dossier des sans-abri et demandé cette année une commission parlementaire sur le sujet à laquelle les libéraux n’ont pas répondu. M. Girard affrontera dans Gouin Mme Françoise David, chef de Québec Solidaire, une autre candidate qui présente de grandes valeurs et considérations pour l’amélioration des conditions sociales, et dont les propositions devraient être mieux présentées aux Québécois par les grands médias qui lui accordent peu de temps d’antenne.

Chaude lutte dans le Plateau Mont-Royal (Mercier)

Dans le Plateau Mont-Royal, là où il fait bon vivre, mais qui est aussi marqué par la pauvreté, plusieurs candidats s’affrontent, et tous présentent des valeurs qui nous sont chères. L’actuel député péquiste, Daniel Turp, a toujours soutenu le développement social. Mais ce comté est déjà tombé aux mains des libéraux avec Nathalie Rochefort, une ex-intervenante sociale, qui revient cette année en politique et qui connaît bien les enjeux reliés aux problématiques sociales. Et il y a l’autre chef de Québec Solidaire, Amir Khadir, qui lui aussi présente des projets sociaux qui sauraient faire la différence auprès des Québecois, s’ils étaient mieux connus.

Mais si ces trois candidatures du Plateau représentent du pareil au même pour vous, Nicky Tanguay, camelot de L’Itinéraire, se présente pour la deuxième fois dans ce comté pour le Bloc Pot. Elle a connu dans la rue les affres de la prohibition du cannabis et, comme plusieurs, elle considère que la décriminalisation serait une façon de mieux aider les gens actuellement aux prises avec les Hell’s, la violence et les gangs de rue à qui cette prohibition profite scandaleusement. Nicky présente une alternative plus humaine à la langue de bois. Nous appuyons son énergie et son itinéraire pour la pratique de la citoyenneté. Élire une député qui aurait connu la rue, ce serait une première, le Plateau se démarquerait à la face du monde! Soyez audacieux, brassez le parlement et votez Nicky, camelot de L’Itinéraire!!!