Drogues en prison: la distribution de seringues à Champ-Dollon primée par l’OMS

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Drogues en prison: la distribution de seringues à Champ-Dollon primée par l’OMS
Santé | Deux projets menés par les HUG et la prison Genevoise, l’un de prévention de la rougeole, l’autre de distribution de seringues, ont été primés par l’organisation internationale

Tristan Cerf | 05.10.2011 | 12:40

Champ-Dollon, ça n’est pas qu’une prison à problèmes, toujours surpeuplée, et continuellement médiatisée pour ses tares. Dans le cadre du programme «Health in Prisons Project», l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a primé mardi deux travaux de recherche menés dans la tôle la plus médiatique du pays. Ces deux «Best Practice Awards» ont été décernés conjointement à l’équipe de médecine pénitentiaire des Hôpitaux universitaires de Genève (HUG) et à l'établissment de Champ-Dollon. Ils priment une étude qui optimise la prévention de la rougeole ainsi qu'un programme de distribution de seringues afin d’éviter la transmission de maladies infectieuses.

Ces deux prix récompensent les Docteurs Hans Wolff, médecin adjoint, et Laurent Gétaz, chef de clinique aux HUG.

Distribution de seringues organisée

Le projet qui retient le plus l’attention est celui qui promeut la distribution de seringues aux détenus afin d’éviter la transmission de maladies infectieuses, telles que le HIV et l’hépatite C. Le programme démontre notamment qu’une distribution contrôlée de seringues permet de lutter très efficacement contre cette transmission dans le milieux carcéral.

«La prison est un haut lieu de santé publique, car elle permet aux équipes médicales de traiter une population vulnérable qui échappe habituellement aux soins, aux vaccinations ou à tout autre moyen de prévention», explique le Dr Hans Wolff, responsable du projet et responsable de l’unité de médecine pénitentiaire des HUG

Distribuer des seringues en prison est une opération toutefois délicate, selon Constantin Franziskakis, directeur de Champ-Dollon. «Ça a nécessité un travail d’organisation digne d’une dentellière! Ce prix est la consécration d’une collaboration entre deux professions - gardien et médecin - aux champs d’intervention a priori opposés». En bref, c’est au service médical de déterminer qui a droit aux seringues, tandis que c’est le rôle des gardiens d’assurer la sécurité lors de la distribution et l’échange du matériel.

De la drogue passe entre les mailles du filet

«Au début, les gardiens étaient plutôt réticents, continue Constantin Franziskakis. Il a fallu les convaincre. Mais depuis que le programme est en place, nous n’avons eu aucun incident à déplorer» La drogue est donc bien présente derrière les barreaux? «Le directeur de prison qui vous dit qu’il n’y a pas de drogue dans son établissement, nie la réalité.»

«On ne tolère ni la vente, ni l’achat, ni la possession de stupéfiants à Champ-Dollon, ajoute le directeur. Malheureusement, il y a tout de même quelques substances qui passent entre les mailles du filet. On est clairement ici dans une zone grise. Mais je préfère que le détenu ait accès à un système d’échange de seringues plutôt qu’il se mette à s’injecter sa drogue en bricolant une cartouche de stylo-bille!»

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