Marche mondiale du cannabis: des centaines de manifestants à Paris

http://www.rfi.fr/france/20150510-legalisation-cannabis-centaines-manife...

Publié le 10-05-2015 Modifié le 10-05-2015 à 09:04
Légalisation du cannabis: des centaines de manifestants à Paris

Des centaines de personnes se sont donné rendez-vous samedi 9 mai après-midi pour la « Marche mondiale du cannabis» , place de la Bastille à Paris. « Régulons le cannabis, légalisons 100 000 emplois », ou encore « un joint pour boucher le trou de la sécu », voilà quelques-uns des mots d'ordre. Reportage.

Elles portent des tee-shirts, des casquettes et même des chaussettes avec l'emblématique feuille de chanvre. Elles ont seize ans. Léa et Lucille sont venues avec un groupe de copines et font tourner un joint : « Fumer un petit joint après les cours, ça détend vraiment. Un petit joint pour se détendre, vider notre stress, et on est enfin décontractées. » « On a eu les oraux du bac et franchement quand on est sorties, on avait qu’une seule envie, c’était de fumer un joint. »

Parmi les manifestants, il y a aussi des moins jeunes. 40% des Français ont déjà expérimenté le cannabis, estime Serge Dordoigne du collectif Cannabis sans frontières : « La prohibition, c’est un grand échec. La France est l’un des pays les plus stricts en Europe et c’est le pays où les jeunes consomment le plus de cannabis. »

« Souvent on présente les usagers du cannabis comme des marginaux, en stigmatisant et en discriminant un peu plus, explique Farid Ghehiouèche, l'un des organisateurs de cette marche. Mais quand on regarde cette population ici, on voit des gens qui sont de toutes les couches de la société, de tous les âges. Et c’est ça qu’il faut prendre en considération aujourd’hui, c’est la réalité de la société française, c’est la réalité de la consommation du cannabis en France. Si on était dans un système de régulation légale, il y aurait des toubibs qui sauraient quoi dire à propos du cannabis, il y aurait des gens qui seraient formés pour encadrer la vente du cannabis et sauraient donner les conseils de consommation appropriés. »

« Dans cinq ou six ans, ça va être légalisé »

La sénatrice Europe Ecologie-Les Verts, Esther Benbassa, a récemment proposé une loi en faveur de l’usage contrôlé du cannabis. Les sénateurs ont massivement voté contre, mais Esther Benbassa estime qu’elle a ouvert le débat : « C’est un premier pas. Vous verrez que dans cinq ou six ans, ça va être légalisé. Je suis consciente que c’est un problème de santé publique et qu’il faut faire de la prévention. »

Légaliser et encadrer l’usage du cannabis serait le meilleur moyen d’assurer cette prévention. C’est l’avis de la sénatrice, mais aussi d’un grand nombre de manifestants.

Zappiste: N'oubliez-pas qu'en France
Par exemple, porter un T-shirt arborant l’image d’une feuille de cannabis tombe sous le coup de cet article.

http://www.caat.online.fr/loi/stup.htm

L'incitation à l'usage de stupéfiants
La personne qui incite à l’usage ou au trafic des stupéfiants par un moyen quelconque (incitation à la consommation, publicité, etc.), ou qui présente ces infractions de manière favorable même si cela n'a aucun effet sur quiconque est également sanctionnée. La provocation à l'usage de produits présentés comme stupéfiants, même s'ils n'en sont pas, est sanctionnée de la même manière.

Article L3421-4 du Code de la Santé Publique : " La provocation au délit prévu par l'article L. 3421-1 ou à l'une des infractions prévues par les articles 222-34 à 222-39 du code pénal, alors même que cette provocation n'a pas été suivie d'effet, ou le fait de présenter ces infractions sous un jour favorable est puni de cinq ans d'emprisonnement et de 75 000 euros d'amende.

Est punie des mêmes peines la provocation, même non suivie d'effet, à l'usage de substances présentées comme ayant les effets de substances ou plantes classées comme stupéfiants. Lorsque le délit prévu par le présent article constitue une provocation directe et est commis dans des établissements d'enseignement ou d'éducation ou dans les locaux de l'administration, ainsi que, lors des entrées ou sorties des élèves ou du public ou dans un temps très voisin de celles-ci, aux abords de ces établissements ou locaux, les peines sont portées à sept ans d'emprisonnement et à 100 000 euros d'amende. Lorsque le délit prévu par le présent article est commis par voie de la presse écrite ou audiovisuelle, les dispositions particulières des lois qui régissent ces matières sont applicables en ce qui concerne la détermination des personnes responsables. Les personnes coupables des délits prévus par le présent article encourent également la peine complémentaire d'obligation d'accomplir, le cas échéant à leurs frais, un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants. ".

Par exemple, porter un T-shirt arborant l’image d’une feuille de cannabis tombe sous le coup de cet article.

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