La Cour suprême du Mexique autorise la cuisine au cannabis, sous réserve d'un permis d'usage personnel.

L'affaire a débuté par une demande d'autorisation déposée auprès de la Commission fédérale mexicaine
pour la protection contre les risques sanitaires, plus connue sous le nom de Cofepris.

Cette fois-ci, il ne s'agissait ni de culture, ni de possession, ni de transport, mais de préparation.

Au Canada qui a légalisé le cannabis médical fleurs et concentrés
il y a 26 ans et le récréatif en 2018
Il est tout à fait légal de cuisiner du cannabis à des fins personnelles au Canada,
à condition de respecter certaines règles de sécurité et les limites de possession *. Zappiste

La Cour suprême du Mexique autorise la cuisine au cannabis, sous réserve d'un permis d'usage personnel.

Camila Berriex
Publié le 11 septembre 2026 à 15h57
Camila Berriex
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5 min de lecture

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La Cour suprême du Mexique a repoussé les limites de la légalisation du cannabis à usage récréatif. Cette fois-ci, il ne s'agissait ni de culture, ni de possession, ni de transport, mais de préparation.

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La Cour suprême de justice de la nation (SCJN) a statué que les autorisations d'autoconsommation récréative de cannabis peuvent également couvrir l'utilisation de cannabis ou de THC dans des aliments préparés ou semi-préparés, à condition que ces aliments soient strictement destinés à l'usage personnel du titulaire du permis.

La décision du 10 septembre repose sur une distinction qui paraît simple mais qui a un réel poids juridique : préparer soi-même des aliments infusés au cannabis à la maison n’est pas la même chose que fabriquer un produit réglementé destiné à la vente ou à la distribution.

En d'autres termes, le Mexique n'a pas simplement légalisé un marché commercial pour les brownies, les biscuits ou les gommes contenant du THC. La Cour a reconnu que l'incorporation de cannabis dans certains aliments peut relever du droit plus large à la consommation personnelle de cannabis, un droit que les tribunaux mexicains développent depuis plus d'une décennie.

Cuisiner avec du cannabis peut être considéré comme une « préparation ».
L'affaire a débuté par une demande d'autorisation déposée auprès de la Commission fédérale mexicaine pour la protection contre les risques sanitaires, plus connue sous le nom de Cofepris.

L'autorité sanitaire a finalement autorisé les activités liées à la consommation personnelle de cannabis, mais a imposé plusieurs restrictions. L'une d'elles interdisait au titulaire du permis d'utiliser du cannabis dans des aliments préparés ou semi-préparés.

Le litige a finalement été porté devant la Cour suprême.

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Par un arrêt rendu à sept voix contre deux, la Cour suprême a jugé que l'ajout de cannabis ou de tétrahydrocannabinol (THC) à des aliments destinés exclusivement à la consommation personnelle relève d'une activité culinaire ordinaire. La Cour a précisé que, de ce seul fait, l'aliment n'est pas considéré comme un produit de santé soumis à une réglementation particulière.

En conséquence, la Cour suprême de justice du Nigeria a ordonné à la Cofepris de délivrer une autorisation qui permette également ce type de préparation.

Cette distinction est importante car la « préparation » figurait déjà parmi les activités qui pouvaient être autorisées pour l’autoconsommation récréative, au même titre que les semis, la culture, la récolte, la possession et le transport du cannabis.

La question qui restait sans réponse était de savoir jusqu'où pouvait aller cette idée de préparation.

La Cour a désormais clarifié les choses : cuisiner soi-même des aliments infusés au cannabis peut en faire partie.

Non, le Mexique n'a pas simplement légalisé les produits comestibles à base de cannabis.
Cette décision s'accompagne de limites très claires. Les aliments infusés au cannabis produits dans ce cadre réglementaire ne peuvent être ni vendus, ni distribués, ni donnés, ni fournis à des tiers, ni proposés au public. L'autorisation s'applique uniquement à l'usage personnel du titulaire.

Cette décision n'annule pas non plus les réglementations sanitaires existantes concernant les autres produits liés au cannabis.

La Cour a confirmé les restrictions imposées par la Cofepris sur l'utilisation du cannabis dans les produits soumis à des contrôles réglementaires spécifiques, notamment les médicaments, les remèdes à base de plantes, les dispositifs médicaux, les compléments alimentaires, les cosmétiques, les cigarettes électroniques et les produits similaires.

L'idée n'est donc pas que tout ce qui contient du cannabis est désormais une cible légitime.

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La décision est beaucoup plus restrictive : préparer chez soi des aliments infusés au cannabis pour une consommation strictement personnelle peut faire partie de l’usage récréatif légalement autorisé du cannabis.

La réglementation mexicaine sur le cannabis est encore en cours d'élaboration devant les tribunaux.
Cette décision constitue le dernier épisode en date de la politique mexicaine en matière de cannabis, exceptionnellement dictée par les tribunaux.

En 2015, la Cour suprême de justice du Nigeria (CSJN) a jugé pour la première fois que l'interdiction absolue de l'autoconsommation récréative de cannabis était inconstitutionnelle. Après avoir réaffirmé cette position dans des affaires ultérieures, la Cour plénière a invalidé , en juin 2021, les dispositions qui empêchaient le ministère de la Santé d'autoriser les activités liées à l'autoconsommation récréative de cannabis et de THC. La Cour a alors précisé que les adultes pouvaient solliciter une autorisation pour des activités telles que le semis, la culture, la récolte, la préparation, la possession et le transport de cannabis.

Mais elle a également fixé une limite qui reste fermement en vigueur cinq ans plus tard : ces autorisations ne permettent ni la commercialisation, ni l'approvisionnement, ni la distribution.

Le Congrès, quant à lui, n'a toujours pas finalisé un cadre juridique complet pour le cannabis à usage adulte.

Cette situation place le Mexique dans une position délicate. Le droit constitutionnel à la consommation personnelle de cannabis est reconnu, mais les modalités pratiques de sa mise en œuvre restent encore à définir progressivement.

Et pour l'instant, l'une de ces pièces s'étend jusqu'à la cuisine.

Photo de Margo Amala sur Unsplash

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