Alerte à la morphine dans les pains aux graines de pavot

Jean-Claude Alvarez indiquait qu’«un seul des sandwichs analysés équivaut à 4 mg de morphine»

TVA Nouvelles
| Publié le 4 mars 2019 à 11:56 - Mis à jour le 4 mars 2019 à 12:01

Vous avez l’habitude de consommer des muffins citron-pavot ou des bagels enrobés de graines de pavot? Cet aliment pourrait ne pas être si anodin qu’il ne le paraît.

Les autorités sanitaires françaises ont jugé bon d’alerter la population, après s’être fait rapporter plusieurs cas de personnes qui avaient consommé des produits de boulangerie contenant des graines de pavot, et dont les urines présentaient des taux «anormalement élevés» de morphine et de codéine.

La Direction générale de la santé indiquait dans un communiqué émis la fin de semaine dernière qu’une enquête était en cours pour trouver la source de la contamination et les organisations qui s’y sont approvisionnées. Des analyses ont permis de constater que les graines de pavot se trouvant sur les pains concernés présentaient des teneurs très élevées en alcaloïdes (morphine et codéine).

En entrevue au Parisien, le professeur Jean-Claude Alvarez, qui est également chef du laboratoire de pharmacologie-toxicologie d’un centre hospitalier de la banlieue de Paris, indiquait qu’«un seul des sandwichs analysés équivaut à 4 mg de morphine», une dose importante qui peut induire plusieurs symptômes, notamment la somnolence, la confusion, la fatigue, les démangeaisons, les nausées et les vomissements.

En attendant de faire la lumière sur cette situation et d’obtenir les résultats des investigations en cours, les responsables de santé publique recommandent «vivement» à la population de l’Hexagone d’éviter de consommer des produits contenant «des quantités significatives» de graines de pavot.

Un conseil qui vise tout particulièrement ceux qui doivent s’adonner à une activité où leur attention est requise, comme la conduite automobile, ou ceux qui font partie de la population à risque: femmes enceintes ou qui allaitent, enfants, personnes ayant un risque de rétention urinaire et celles qui présentent un risque respiratoire.

Le professeur Alvarez croit que les graines de pavot, qui ne contiennent pas naturellement d’alcaloïdes opiacés, ont pu être contaminées par le latex, c’est-à-dire par la sève de la plante, qui elle, en contient. Le problème pourrait donc émaner de la façon dont elles sont récoltées.

Ces préoccupations auraient émergé quand des entreprises ont constaté que des membres de leur personnel testaient positif aux opiacés, devenant ainsi inaptes à assumer leurs tâches.

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