Le Québec doit se doter d’une loi pour protéger les fermes familiales et les petits producteurs

Mme Anglade croit aussi que le Québec pourrait être un leader canadien et convaincre les autres provinces de le suivre dans ce combat.

ARGENT
Anglade veut une loi pour dompter Walmart et cie

CHARLES LECAVALIER
Mardi, 10 novembre 2020 00:00MISE À JOUR Mardi, 10 novembre 2020 00:00

Le Québec doit se doter d’une loi pour protéger les fermes familiales et les
petits producteurs contre les gros détaillants assoiffés de profit comme
Walmart, estime le PLQ.

« Il y a un énorme déséquilibre entre les pouvoirs des agriculteurs et les
détaillants comme Walmart et Loblaws, qui ramassent pratiquement tous les
profits », déplore la cheffe libérale, Dominique Anglade, en entrevue avec
Le Journal.

Cet été, Walmart a mis le feu aux poudres en exigeant des frais de 6,25 % à
tous ses fournisseurs pour entre autres développer son commerce
électronique. Ce sont des millions de dollars en moins dans les poches des
agriculteurs et des transformateurs alimentaires. De gros joueurs comme
Loblaws ont suivi, au grand dam de l’Union des producteurs agricoles (UPA).

Mais les cinq grands joueurs de l’alimentation peuvent agir ainsi en raison
de leur taille et de leur rapport de force, note Mme Anglade. « Aucune règle
n’encadre les négociations avec les fournisseurs. C’est un libre-marché qui
devient insupportable », dit-elle.

Profits dans les mains des gros

Elle souhaite que le Québec s’inspire de la France, de la Grande-Bretagne et
de l’Australie, qui ont adopté un « code de conduite » pour encadrer les
relations entre fournisseurs et détaillants. Ce code guide les négociations
de prix, basées sur la transparence et les coûts de production, de livraison
et de vente, et prévoit un mécanisme de résolution des conflits.

Mme Anglade souligne qu’elle a consulté des associations de producteurs et l’UPA.
La situation actuelle n’est plus tenable, dit-elle, et nuit à la vitalité
des régions. Grâce à l’intervention de l’État, les profits ne seront plus
uniquement entre les mains des gros joueurs.

En retournant plus d’argent aux petits producteurs, dit Mme Anglade, les
entreprises québécoises pourront offrir de meilleurs salaires à leurs
employés, et se détourner de l’agriculture intensive plus polluante.

Elle désamorce d’avance la contre-attaque des grands magasins : l’adoption
de cette mesure en Europe ne s’est pas soldée par une hausse des prix pour
le consommateur. Mme Anglade croit aussi que le Québec pourrait être un
leader canadien et convaincre les autres provinces de le suivre dans ce
combat.

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