Milieu scolaire Les pédiatres s’opposent aux nouvelles consignes sanitaires

(Québec) Le gouvernement Legault risque d’être responsable d’un « sacrifice
générationnel » avec le resserrement des consignes sanitaires à l’école, une
mesure qui ne changera en rien la transmission de la COVID-19 chez les
jeunes, accuse l’Association des pédiatres du Québec (APQ).

Publié le 5 octobre 2020 à 13h48

TOMMY CHOUINARD
LA PRESSE

Dans une lettre envoyée lundi au premier ministre François Legault et au
ministre de l’Éducation Jean-François Roberge, l’APQ s’inquiète de l’impact
des décisions du gouvernement.

« En imposant le port du masque en tout temps, en retirant aux jeunes le
sport, souvent leur seule source d’équilibre, nous ne changerons en rien la
transmission de la COVID dans ce groupe d’âge. Si nous optons pour de l’enseignement
hybride, ils trouveront un sous-sol pour se regrouper. Et sans doute pas
pour étudier. Cela échappe, il est vrai, aux principes microbiologiques »,
écrit-elle.

Elle ajoute : « En resserrant les mesures sans tenir compte de la nature
profonde de l’adolescence, nous contribuerons assurément à une 4e vague bien
plus dévastatrice, déjà amorcée : décrochage, dépressions, toxicomanie,
cyberdépendance, troubles alimentaires, peurs incontrôlables, distorsions de
la pensée. On pourra alors parler de sacrifice générationnel, nous nous
projetons déjà à l’enseigner. Et nous regretterons pour les décennies à
venir d’avoir fait obstacle à des destinées ».

L’Association fait valoir que les mesures déjà en place dans les écoles
fonctionnent : « la plupart des éclosions comportent moins de 5 cas et ne
sortent pas des bulles-classes. Ces éclosions scolaires reflètent davantage
la transmission communautaire, dont les jeunes ne sont pas exclus, et ne
semblent pas contribuer significativement à cette seconde vague ». Pour
elle, « c’est si facile d’associer cette perte de contrôle », la hausse des
cas que l’on observe depuis plusieurs jours, « à la “ téméraire ” rentrée
scolaire alors que le coupable, le vrai, c’est le comportement du virus ».

« Faute d’amener la population adulte à un comportement prudent », le
gouvernement « donne l’exemple autoritariste avec les enfants ». « Auprès de
jeunes qui ne sont pas malades de la COVID, rappelons-le encore une fois ! »
précise-t-elle.

« Ne vous méprenez pas, nous sommes tout à fait conscients que la
désinvolture de nombreux adolescents interroge. Mais est-ce réellement entre
les murs de l’école, gentiment assis à leur bureau, que les jeunes
contractent le virus ? Le port du masque en classe changera-t-il réellement
la donne ? Est-ce en jouant un match de volleyball que la transmission est à
son maximum ? Ou n’est-ce pas plutôt dans le party d’après-match ? La
contamination se déroule à l’extérieur des murs d’écoles et entre amis où
les principes de distanciation sociale et le port de masque sont
abandonnés. »

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