SQDC : du cannabis «plus proche et moins cher»

3 septembre 2019 Mis à jour à 21h32

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SQDC : du cannabis «plus proche et moins cher»
Simon Roberge
La Tribune
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La centaine de personnes qui ont fait la file mardi matin pour l’ouverture de la succursale sherbrookoise de la Société québécoise du cannabis (SQDC) étaient toutes bien contentes d’enfin voir un point de vente près de chez elles. La plupart de ces gens devaient se rendre à Drummondville, Granby ou même Montréal pour acheter du cannabis de façon légale.
Brandon Leclerc-Nicol, de Sherbrooke, est allé à la succursale de Drummondville trois fois dans la dernière année.

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« Ça sera pas mal plus proche et plus rapide, souligne-t-il. Avec le trafic et le gaz, ça revenait cher. J’ai beaucoup de mes amis qui fument et on allait tous à Drummondville. D’après moi il va y avoir beaucoup de monde à Sherbrooke. »

Le Sherbrookois Guillaume Carrière abondait dans le même sens et se réjouissait de l’ouverture de la succursale du 1681 King Ouest.

« Ton weed te coûte cher s’il faut que tu paies 30 $ de gaz pour aller là-bas »

Un portier assurait le calme à l’entrée de la succursale mardi en plus de contrôler le nombre de clients dans le commerce. Un employé vérifiait l’âge des clients en entrant dans la boutique. Les premières minutes se sont déroulées rondement et sans accrocs.

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«  On a entendu dire que ça allait ouvrir et on s’est dit qu’on allait en profiter. »
— Augustin Catrouillet

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Brigitte Sirois, de Waterville, est venue acheter du cannabis pour son mari qui en consomme pour des raisons médicales. Elle s’est déplacée à Drummondville à cinq reprises dans les derniers mois seulement. Elle était bien sûr satisfaite que la SQDC s’installe à Sherbrooke, mais elle espère que la société d’État ira encore plus loin.

« Je ne sais pas s’ils vont s’arrêter dans les grands centres, mais il y a d’autres endroits comme Coaticook, mentionne-t-elle. Les gens de Saint-Edwidge, de Saint-Malo et de Compton iraient. Il y en a des gens qui consomment et pas seulement pour des raisons médicales. Je pense que ça leur éviterait de prendre l’autobus ou de faire du pouce. »

Des gens de tous les horizons complétaient la file. Le Français Augustin Catrouillet, au Canada depuis une semaine dans le cadre d’un échange étudiant avec l’Université de Sherbrooke, était parmi les curieux.

« On a entendu dire que ça allait ouvrir et on s’est dit qu’on allait en profiter, souligne-t-il. Je trouve ça bien. Dans les pays où ça s’est fait, c’est prouvé qu’il y a plus de côtés positifs que de négatifs. Je pense que c’est la procédure à suivre pour plusieurs pays dans les prochaines années. Peut-être en France, on ne sait jamais ! »

La succursale de Sherbrooke, la 19e du réseau, sera ouverte sept jours sur sept.

En file pour sa mère âgée qui souffre d’arthrose

Ginette Vachon a tout essayé. Sa mère de 84 ans souffre d’arthrose chronique et les médecins n’arrivent pas à soulager la douleur. Mme Vachon n’arrive pas non plus à faire prescrire du cannabis pour sa mère, elle a donc fait la file mardi lors de l’ouverture de la SQDC pour lui acheter un produit à haute teneur en CBD.

« Elle souffre énormément présentement, indique-t-elle. Son médecin ne peut rien faire pour elle et ce matin je suis ici pour elle. Elle souffre d’arthrose chronique et elle est toujours rendue à l’urgence. Elle se fait retourner à la maison. On est rendu là. Mes parents débarquent chez moi en état de panique. On a beau essayer de contacter des spécialistes, on ne réussit pas à avoir du cannabis. »

« Pour que des personnes âgées pensent à prendre ça, c’est parce qu’il n’y a rien d’autre à prendre, poursuit-elle. C’est un grand saut. Je suis contente de pouvoir venir en acheter à Sherbrooke parce qu’il aurait fallu que j’aille à Granby sans savoir s’ils étaient en rupture de stock. Si ça fonctionne pour ma mère, ça peut fonctionner pour d’autres personnes. »

Ginette Vachon était accompagnée de sa fille, Josianne Madore, mardi, à la SQDC.

« Pour une femme de sa génération, je trouve ça surprenant qu’elle accepte d’essayer ça, explique Mme Madore. J’imagine que pour être rendue-là elle doit avoir vraiment mal et elle ne voit pas d’autre solution. »

Ginette Vachon déplore en être rendue à devoir faire la file à la SQDC pour trouver une solution pour soulager sa mère.

« On soulage la douleur des gens en phase terminale et certaines ne sont pas aussi souffrantes que ma mère, lance-t-elle. Elle n’a pas d’aide. J’ai accompagné des personnes en phase terminale et elles ont droit à la morphine, des injections, des entre-doses et plein d’autres choses. Le cannabis est légal et on n’a même pas accès à l’avoir tout de suite pour des gens qui en ont réellement besoin. C’est pour cela que je suis ici ce matin, avant que mes deux parents virent fou. »

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