Légalisation 2.0

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Légalisation 2.0
La Loutre

Dans un premier temps, le gouvernement Trudeau a approché le public sur des bases rassurantes, évoquant de grandes et sérieuses préoccupations vis-à-vis de la légalisation du cannabis.
Les lignes maîtresses visaient la protection des enfants, la non-banalisation de l'usage, la volonté de ne pas augmenter le nombre d'utilisateurs, la suppression du marché du crime organisé, la mise en place d'un contrôle efficace de la substance. Tout cela sans coût pour la société dans la mesure où la mise sur pieds du programme se fait annuellement aux frais des détenteurs des diverses licences de production, de transformation et de vente. Une partie des revenus de la vente est également affectée à la prévention et à la répression.
Aux détracteurs qui l'accusaient de vouloir se substituer au crime organisé pour engranger des profits énormes sur le dos des utilisateurs, il s'empressait de répondre que le but n'est pas de faire de l'argent.

Un an plus tard, où en sommes nous. Le gouvernement se tourne vers la vente des produits comestibles. Ce marché représente 48% des revenus du cannabis au Colorado et est la porte d'entrée des nouveaux utilisateurs. Pour la protection des enfants, vous comprenez que de faire circuler des bonbons, gâteaux et autres sucreries contenant 10 mg de THC ce n'est pas l'idée du siècle. C'est pas mal plus attirant qu'un pompon de fleurs séchées collant et malodorant (...pour un enfant!) qu'on oblige pourtant à traiter comme un puissant poison.
Et que dire de la débanalisation. Y a-t-il plus banal qu'un bonbon?
De plus l'huile de cannabis perd son statut de ''produit du cannabis'' et devient un ingrédient. Elle peut désormais être modifiée par exemple par ajout de saveurs ou autres.

Pour chaque dollar dépensé pour acheter du cannabis, en moyenne 26 cents sont récoltés par les gouvernements sous forme de taxes de vente et droits d'accise. Peu importe que ce soit sur une base récréative ou médicinale. Par chance, ils ne veulent pas faire de l'argent!
La prescription moyenne quotidienne, donnée par un praticien de la santé, au Canada est de 2 grammes par jour. Cela représente un coût moyen de $500 par mois, pas couvert par les diverses assurances publiques et privées. Au mieux, une petite déduction à titre de ''frais médical'' sur certaines déclarations de revenu. Les gens à faible revenu n'y ont simplement pas accès.
Parallèlement, le ministère de la Défense (...ou celui des anciens combattants) fournit pour $8 millions par année de cannabis (et c'est b'en correct!) aux anciens combattants. Et voilà pour la compassion à trois vitesses!

Dans notre société distincte, à mon avis, on a du meilleur et du pire. Pas de vente de produits comestibles mais limite d'âge à 21 ans, pas de culture à domicile et pas de compassion.

A bientôt,

La Loutre

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