Les distractions tuent plus que l’alcool sur les routes

Les distractions tuent plus que l’alcool sur les routes
Axel Marchand-Lamothe

- Agence QMI

| Publié le 5 janvier 2018 à 08:20 - Mis à jour le 5 janvier 2018 à 08:27

Pour la première fois, l’utilisation du cellulaire et les distractions au volant ont causé plus de morts que l’alcool sur les routes patrouillées par la Sûreté du Québec l’an dernier.

Dans son bilan routier annuel, la SQ dénombre 24 collisions mortelles liées aux distractions, la principale étant le cellulaire au volant. Il s’agit d’une hausse de 50% comparativement à 2016.

«C’est préoccupant, a mentionné Patrick Després, inspecteur à la surveillance du territoire pour la SQ. La technologie est très accessible et c’est toujours tentant de vouloir utiliser son téléphone, mais les gens doivent rester concentrés sur la route.»

10 000 constats
Avec plus de 10 000 constats d’infractions remis l’an dernier pour l’utilisation d’un téléphone en conduisant et les sanctions plus sévères à venir, la SQ espère que les automobilistes se responsabilisent davantage.

«Utiliser son téléphone intelligent comme GPS, c’est une chose. Consulter ses textos en est une autre», rappelle l’inspecteur.

Le policier souligne également que de lire un livre ou se maquiller au volant constitue d’autres distractions que les patrouilleurs constatent régulièrement.

Inversement, la conduite en état d’ébriété est en diminution et a été responsable de 19 accidents mortels l’an dernier, comparativement à 24 en 2016.

Les jeunes victimes
Les policiers appréhendent toutefois la légalisation du cannabis prévue cet été.

«Quand on regarde ce qui s’est produit dans d’autres États, on pense qu’il y aura un effet [sur le bilan routier]. On prend cela au sérieux», a expliqué M. Després, en ajoutant que de nouveaux agents examinateurs seront formés.

Si le nombre de victimes de la route de 16 à 24 ans a été en diminution au cours des quatre dernières années, 2017 marque une hausse de 46 % pour cette tranche d’âge.

Sur les 57 décès constatés par la SQ, 15 étaient des passagers, une situation qui inquiète.

«L’inexpérience, jumelée à la vitesse et à la consommation d’alcool, rend les jeunes conducteurs davantage à risque, a souligné Patrick Després. On doit amener les occupants à s’affirmer, à dire que c’est assez.»

Changements à venir
Les policiers miseront notamment sur plus de sensibilisation pour y parvenir.

Les changements envisagés par le gouvernement au Code de la sécurité routière pour les conducteurs de moins de 19 ans, qui incluraient la limitation du nombre de passagers et l’interdiction de la conduite nocturne, sont aussi bienvenus.

«Toutes les mesures qui peuvent sauver des vies, on est pour», soutient M. Després.

Globalement, la SQ a recensé 244 collisions qui ont fait 269 victimes en 2017. Le nombre de décès dénombrés l’an dernier est en hausse de 3,5% par rapport à 2016.

Vitesse
Elle reste, et de loin, la cause principale des décès sur la route.

Bien que le nombre de collisions fatales causées par la témérité d’un conducteur soit passé de 89 à 76 l’an dernier, cela représente encore 30% des décès sur la route.

Le nombre d’impacts à grande vitesse est aussi en diminution, selon la Sûreté du Québec.

Ceinture
La SQ constate un déclin de 50% du nombre de décès liés au non-port de la ceinture de sécurité, avec 23 victimes en 2017.

«Le message semble passer», a affirmé l’inspecteur Patrick Després, qui se réjouissait aussi de constater que les passagers à l’arrière s’attachaient davantage.

Motos
Le nombre d’accidents mortels impliquant des motocyclettes est demeuré stable à 41 l’année dernière, malgré une augmentation de 15% du nombre d’immatriculations.

M. Després rappelle qu’il s’agit d’usagers considérés très à risque et plus vulnérables en raison du manque de protection.

Météo
La météo n’est pas une «cause» d’accident.

«Le fait de ne pas adapter sa conduite aux conditions routières l’est », précise toutefois l’inspecteur de la SQ.

La majorité des collisions fatales surviennent la semaine, et durant le jour. L’été est aussi plus meurtrier que l’hiver.

Finalement, 17% des événements mortels sont survenus un mardi l’an dernier.

Routes
Selon les données de la Sûreté du Québec, 50% des collisions avec décès surviennent sur des routes «numérotées».

«La grande majorité [d’entre elles] sont situées en zone rurale, avec une limite de vitesse à 90 km/h, détaille Patrick Després. Ce sont les routes le plus à risque.»

Les autoroutes comptent ainsi pour un peu moins de 20% des accidents mortels.

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https://www.zone911.com/securite/item/25935-bilan-routier-2017-sur-le-te...

Bilan routier 2017 sur le territoire de la Sûreté du Québec
05 Jan 2018 12:28
Publié dans Infos sécurité

Augmentation des décès et des accidents mortels en 2017

La Sûreté du Québec a dévoilé aujourd’hui les données provisoires de son bilan routier 2017.

Le corps de police a remarqué une hausse des accidents mortels et des décès sur le territoire qu’elle dessert.

L’année 2017 s’est soldée avec 269 décès sur le territoire desservis par la Sûreté du Québec comparativement à 260 décès avec l’année 2016. Il s’agit d’une légère hausse de 3,5 % du nombre de décès.

Du côté du nombre d’accidents mortels, il y a aussi une légère augmentation, en 2017, 244 accidents mortels sont survenus, il s’agit d’une légère hausse de 1,7 % comparativement à l’année 2016. (240 accidents mortels)

La vitesse excessive: toujours en tête des causes les plus fréquentes de collisions mortelles

Bien que le nombre de collisions mortelles liées à la vitesse ait diminué passant de 89 en 2016 à 76 en 2017, la vitesse excessive domine toujours le palmarès des causes de collisions mortelles a indiqué la SQ. Ce facteur est parmi les causes probables de collisions mortelles dans plus de 30 % des cas en 2017, soit environ une collision sur trois.

La distraction au volant prend la deuxième place

La distraction au volant (incluant l’utilisation du téléphone cellulaire) serait impliquée dans 9,8 % des collisions mortelles en 2017, dépassant ainsi pour une première fois l’alcool et la drogue au volant comme cause principale de collision mortelle.

Bien que les policiers de la Sûreté du Québec émettent annuellement plus de 10 000 constats pour l’utilisation du téléphone mobile au volant, la distraction au volant a été la cause probable de 24 collisions mortelles.

L’alcool au volant, c’est criminel

La conduite avec capacités affaiblies par l’alcool et/ou la drogue est en troisième place des causes probables de collisions mortelles avec une légère baisse à 9 % des collisions mortelles en 2017.

La saviez-vous ?

La Sûreté du Québec arrête plus de 19 personnes par jours pour les capacités affaiblies par la drogue ou l’alcool.

Plus d’accidents mortels de jour

Les collisions mortelles ne surviennent pas que la fin de semaine en pleine nuit
Contrairement aux croyances populaires, la grande majorité des collisions mortelles en 2017 est survenue le jour. La plupart des collisions mortelles surviennent entre 8 h et 20 h soit 63 %. Le mardi est la journée de la semaine où il y a eu le plus de collisions mortelles, soit 17 % (42 sur 244). Ces statistiques démontrent l’importance de demeurer vigilant, et ce, en tout temps, a indiqué la SQ.

Plus de décès chez les 16 à 24 ans

Augmentation inquiétante des victimes de la route âgées entre 16 et 24 ans
Après quatre années de baisses consécutives, le nombre de personnes décédées âgées entre 16 et 24 ans dans des collisions est en hausse de 46 % passant de 39 en 2016 à 57 victimes en 2017.

Une augmentation inquiétante de près de 200 % (5 à 15) a été constatée auprès des passagers de 16 à 24 ans qui se sont trouvés malheureusement victimes lors de collisions mortelles. Devant cette constatation, il est primordial que les jeunes passagers verbalisent leurs inquiétudes lorsqu’ils constatent des comportements dangereux. L’influence des pairs, l’exemple des proches et l’intimidation sont des facteurs qui peuvent leur coûter la vie. Il est important de sensibiliser les jeunes pour qu’ils s’affirment davantage et qu’ils osent dénoncer les actes téméraires dont ils sont témoins, a indiqué la Sûreté du Québec.

Le port de la ceinture de sécurité, un simple geste qui sauve des vies

Le non-port de la ceinture de sécurité a été constaté chez 23 victimes, soit une baisse de 50 % du nombre de décès comparativement à 2016.

La Sûreté du Québec poursuivra ses efforts

Malgré que la tendance des cinq dernières années s’oriente vers une baisse du nombre de décès sur les routes du Québec, chaque décès en est un de trop, une famille déchirée, un drame que personne ne veut vivre. Le travail sur le terrain doit se poursuivre et la Sûreté du Québec ne ménagera pas ses efforts afin de sauver des vies, que ce soit par le biais d’interventions ciblées ou de campagnes de sensibilisation.

La sécurité routière, c’est l’affaire de tous

Même si la Sûreté poursuit ses efforts afin d’améliorer le bilan routier, ce travail ne peut être réalisé sans la collaboration des usagers de la route et de nos nombreux partenaires. La cause première des collisions demeure « la personne derrière le volant ». Les conducteurs doivent adopter des comportements appropriés et courtois, permettant ainsi de rendre les routes du Québec plus sécuritaire pour tous les usagers.

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