Légaliser les drogues pour sauver des vies

Légaliser les drogues pour sauver des vies
Publié le lundi 23 juillet 2018

Lundi dernier, la Commission de la santé publique de Toronto, comme l'avait fait la Ville de Vancouver en mars, appelait le fédéral à décriminaliser toutes les drogues destinées à une consommation personnelle. Le chef du NPD, Jagmeet Singh, est lui aussi pour l'adoption de cette mesure. À l'aube de la légalisation du cannabis, devrait-on penser à décriminaliser toutes les drogues, ou même à les légaliser?

Environ 300 personnes sont mortes de surdoses en 2017 à Toronto seulement, mentionne Annie Poulin, journaliste de Radio-Canada dans la Ville Reine. Selon le rapport de la Commission de la santé publique de Toronto, les surdoses auraient peut-être pu être évitées si la consommation de ces utilisateurs avait été mieux encadrée. Le rapport donne l'exemple du Portugal, qui a redirigé les fonds alloués à la répression des drogues vers la prévention. C'est aussi tout le système de justice portugais qui est devenu moins achalandé.

La criminalisation stigmatise [les gens].

Le Dr Jean-Pierre Chiasson, directeur médical de la clinique Nouveau Départ
Le Dr Jean-Pierre Chiasson, directeur médical de la clinique Nouveau Départ, un centre de réadaptation pour les personnes souffrant d’alcoolisme et de toxicomanie avec comorbidités psychiatriques, croit lui aussi au modèle portugais. « Les consommateurs n'ont plus de dossier criminel, mais des dossiers d'aide pour permettre le suivi entre les intervenants. »

Il y a environ 15 % de la population américaine qui va développer une dépendance [au cours de sa vie].

Le Dr Jean-Pierre Chiasson
Pour Jean-Sébastien Fallu, professeur agrégé à l'Université de Montréal et directeur de la revue Drogues, santé et société, on peut même aller plus loin que la simple décriminalisation.

Par exemple, remplacer un dossier criminel par des contraventions risque encore de stigmatiser les consommateurs, ce qui freine la prévention et l'accompagnement des utilisateurs.

Avec la décriminalisation, on pénalise, alors qu'avec la légalisation, on a un cadre légal pour produire et distribuer.

Jean-Sébastien Fallu, professeur à l'Université de Montréal et spécialiste en toxicomanie
Il s'appuie entre autres sur un éditorial du British Medical Journal de mai dernier qui recommandait la légalisation, la légifération et la taxation de la plupart des drogues. Ça ne veut pas dire ne rien encadrer, précise-t-il, mais sortir ces substances du marché noir.

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