Le strict respect des conventions sur les stupéfiants serait contraire aux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme

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Uruguay : l'«OPA» d'État sur le cannabis fait polémique
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Par Mélissa Barra
Mis à jour le 02/08/2013 à 19:12
Publié le 02/08/2013 à 16:52

Malgré une première approbation parlementaire mercredi 31 juillet, le secteur pharmaceutique a fait savoir qu'il se déchargerait du contrôle et de la distribution de la marijuana.

Avant même sa ratification par le Sénat, le projet de loi prévoyant le contrôle et la régulation de la production et de la vente de marijuana par l'État uruguayen se heurte à de vives réactions. Approuvée mercredi 31 juillet par la Chambre des députés, l'initiative est une première dans le monde. Les consommateurs pourraient se procurer jusqu'à 40 grammes de cannabis par mois en pharmacie, mais aussi en cultiver à titre personnel ou au sein de clubs de 15 à 45 membres.

Après 14 heures de débat parlementaire, le projet de loi a été approuvé par 50 voix sur 96, alors que l'opinion publique s'y opposait à 63 %, selon un sondage récent. Il doit bientôt être adopté définitivement par le Sénat, où le Frente Amplio, la coalition de gauche dont est issu le président et ancien guérillero José Mujica, détient la majorité absolue.

Mais l'industrie pharmaceutique uruguayenne a annoncé qu'elle s'opposera au contrôle et à la distribution de produits psychotropes, dont l'efficacité médicale n'a pas été prouvée. «Pour nous, c'est comme si l'on vendait des ours en peluche, a affirmé un porte-parole de la Asociación de Química y Farmacia, le principal syndicat du secteur. Les bénéfices (du cannabis) n'ont pas été démontrés clairement et il est plutôt utilisé à des fins récréatives.»

Violation de traités internationaux

Plus ferme encore, l'ONU a averti l'Uruguay sur la violation des traités internationaux en matière de narcotiques. En effet, le pays sud-américain figure parmi les signataires de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961. Dans un communiqué publié le lendemain du vote parlementaire, l'institution internationale a regretté le refus du gouvernement «d'accueillir une délégation de l'Organe international de contrôle des stupéfiants (OICS), avant le débat au Parlement» et a exhorté le pays à limiter la vente de narcotiques «exclusivement aux usages médicaux ou scientifiques».

Le gouvernement uruguayen a répliqué par le biais de son Comité national des drogues (Junta nacional de drogas). Son porte-parole, Julio Calzada, a expliqué que le strict respect des conventions sur les stupéfiants serait contraire aux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme. Un argument avancé de façon récurrente par Human Rights Watch en faveur de la dépénalisation de la consommation

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