Drogues dures mortelles (100 000 morts par année): Les Français relativisent le rôle cancérigène de l'alcool et du tabac
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Les Français relativisent le rôle cancérigène de l'alcool et du tabac
De Elisabeth ZINGG (AFP)–Il y a 1 jour
PARIS — Les Français connaissent de mieux en mieux les facteurs de risque du cancer, mais continuent à relativiser le rôle cancérigène de l'alcool et du tabac, selon une étude présentée jeudi à la presse.
"Les perceptions évoluent dans le bon sens" relève François Beck, le responsable du département enquêtes et analyses statistiques de l'Institut national de prévention et d'éducation pour la santé (Inpes) tout en reconnaissant la persistance de comportements de déni ou de minimisation du risque.
"Un fumeur va par exemple surévaluer le risque de pollution atmosphérique pour légitimer son propre comportement", explique-t-il. "Il va dire +Ce n'est pas la peine que je fasse l'effort d'arrêter de fumer parce que le cancer, je l'aurai à cause de la pollution+" alors qu'en réalité, le risque lié au tabac est "beaucoup beaucoup plus important" que celui de la pollution atmosphérique.
89% des Français estiment ainsi que les accidents de la route et la violence sont le principal risque avec l'alcool, tandis que 52% pensent que ce sont surtout les alcools forts qui sont mauvais pour la santé, selon ce Baromètre Cancer réalisé par l'Inpes et l'Institut national du cancer (INCa)
Pour le tabac, responsable de 25% des décès par cancer en France, les "petits" fumeurs (moins de 10 cigarettes par jour) sont encore fréquemment dans le déni. Ils s'estiment moins à risque pour leur propre santé que les fumeurs "intensifs" (35% des sondés en 2010 contre 39% en 2005) alors que selon l'OMS, la durée d'exposition au tabac joue un rôle prépondérant par rapport à la quantité fumée quotidiennement.
"Cacophonie" sur le rôle de l'alimentation
Globalement, les Français sont en revanche de plus en plus conscients des dangers du tabagisme et de l'exposition au soleil sans protection, estimant à 98% et 97% respectivement que ces comportements favorisent "certainement" ou "probablement" l'apparition d'un cancer.
Suivent des facteurs environnementaux (manger des aliments traités avec des produits chimiques, respirer un air pollué ou vivre à côté d'une centrale) des facteurs comportementaux et des facteurs psychologiques dont la dangerosité est aujourd'hui plus fréquemment incriminée, même si c'est parfois à tort.
C'est ainsi que le stress de la vie moderne est perçu (sans fondement scientifique) comme une cause de cancer par 75% des personnes interrogées, soit 7,5% de plus que lors du premier Baromètre cancer réalisé en 2005.
Le rôle de l'alimentation est globalement bien connu par les Français (87% des sondés) mais l'abondance des informations, parfois contradictoires, conduit également à une certaine "cacophonie".
Les facteurs de protection (consommation de fruits et légumes, activité physique) sont en général mieux connus que les facteurs de risque (seulement 30% des sondés estiment qu'une consommation excessive de viande rouge peut augmenter le risque de cancer, contre 49% qui l'ignorent).
Loin devant le sida (49%) et les maladies cardio-vasculaires (30%), le cancer est considéré, sans surprise, comme la maladie la plus grave par une majorité de Français (71%) qui ont également une meilleure connaissance des traitements.
Avec 365.000 nouveaux cas diagnostiqués et 147.500 morts en 2011, selon les projections de l'Institut national de veille sanitaire (InVS), le cancer est la première cause de mortalité en France.
Pour établir ce Baromètre Cancer 2010, 4.000 Français âgés de 15 à 85 ans, représentatifs de la population française, ont été interrogés par téléphone entre le 3 avril et le 7 août 2010.
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