Apaire, président de la Mildt réticent à établir un lien entre, contexte économique et consommation de substances
Zappiste:Extrait de cet article
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gaA4SrYgSNQPLrHN9P1A0...
Pourtant, Etienne Apaire, président de la Mildt, s'est montré réticent lundi à établir un lien entre le contexte économique et la consommation de substances, jugeant "pas sûr qu'il y ait une corrélation" entre les deux phénomènes.
Il a souligné qu'un grand nombre d'accidents du travail, qui font 700 morts par an, étaient "causés vraisemblablement par la prise de produits psychotropes", pointant également leurs effets sur l'absentéisme et la productivité des entreprises.
En conséquence, le directeur général du travail (DGT) Jean-Denis Combrexelle, a présenté un guide pratique à destination des entreprises pour les aider à améliorer la prévention en la matière.
Les auteurs de l'étude, qui a vocation à être renouvelée pour dégager des évolutions, ont toutefois souligné qu'en dépit d'une sur-consommation dans certains secteurs, le travail restait globalement protecteur en matière d'addictions, les chômeurs ayant une tendance à la consommation encore plus élevée.
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http://www.rue89.com/2011/04/16/lobservatoire-des-drogues-est-au-service...
Droit de suite 16/04/2011 à 14h56
« L'Observatoire des drogues est au service des politiques »
Maria Poblete
Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue (Mildt), proche de Nicolas Sarkozy et tenant d'une ligne sécuritaire, opposé au salles de shoot, confirme dans cet entretien la reprise en main politique des chiffres des toxicomanies en France.
Il répond à Jean-Michel Costes, fondateur de l'Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT) qui estime avoir été écarté pour des raisons politiques.
Rue89 : Que s'est-il passé avec Jean-Michel Costes pour que vous en soyez arrivés à cette situation ?
Etienne Apaire (Point com » de NRJ Paris on Dailymotion).
Etienne Apaire :
Il ne s'est rien passé de spécial ! L'Observatoire est un groupement d'intérêt public, service du Premier ministre, constitué par l'ensemble des ministères impliqués dans la question des drogues.
Comme pour tous les services du Premier ministre, il nous a été demandé, en 2010, de veiller à ce que les procédures de recrutement public fassent l'objet de la plus grande publicité. Ce fut le cas pour le poste de directeur de l'OFDT. Trois candidats ont postulé (dont M. Costes). Le jury a choisi une candidate, retenue sur son projet.
Jean-Michel Costes précise que ce jury n'était composé que de membres de la Mildt.
En effet. Il était composé du président du conseil d'administration de l'Observatoire et de membres de la Mission, dont moi. C'est ainsi. Le jury n'a pas pas fait son choix en fonction des opinions et de présupposés politiques !
La principale critique vient de l'impression de reprise en main de la communication des données de l'OFDT. Que répondez-vous à cela ?
L'Observatoire des drogues n'est pas indépendant ! Je voudrais que ce soit bien clair : c'est un opérateur de la Mildt, de l'Etat. Il est au service des décideurs, des politiques. Et son directeur est un fonctionnaire, avec un droit de réserve.
Pour ce qui est de la communication, attendons de voir les chiffres qui sortiront en juin. Vous verrez que nous ne les tronquerons pas et que nous ne les utiliserons pas à mauvais escient. Je ne comprends pas pourquoi M. Costes vient maintenant raconter que sa vie était un cauchemar ! Il n'y a pas de procès en sorcellerie.
On évoque également des changements importants au sein du collège scientifique...
Nous allons procéder, en effet, à quelques changements. Des gens étaient là depuis des années. Nous avons besoin d'idées nouvelles, de recherches différentes et d'ouvrir notre recherche aux sciences sociales. Un Observatoire qui n'est pas capable de dire la place des addictions dans le monde du travail, c'est gênant. Nous faisons appel à de nouveaux talents.
Je réfute l'idée d'atteinte à la production scientifique. L'Observatoire utilise des crédits importants et ce n'est pas pour aboutir à la production de chiffres tronqués ou annoncés de manière inadéquate.
Les associations se sont prononcées contre la non-reconduction de M. Costes. Quel est le fond du problème ?
Je vais vous dire. Les associations instrumentalisent cette affaire. Derrière tout ça, on trouve le débat sur la dépénalisation. On utilise le côté passionnel des drogues pour créer un contentieux qui n'a pas lieu d'être.
Mme Catherine Lemorton, députée socialiste, demande une explication. Elle publie un communiqué. Mais pourquoi procède-t-elle ainsi ? Elle aurait pu me poser la question directement, non ? J'ai même entendu que c'était la fin de l'OFDT. C'est agaçant.
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http://www.rue89.com/2011/04/15/drogues-le-gouvernement-veut-controler-l...
ENTRETIEN 15/04/2011 à 11h58
Drogues : « Le gouvernement veut contrôler les chiffres »
Maria Poblete
Favorable aux salles de shoot, Jean-Michel Costes, ex-directeur de l'OFDT récemment évincé, dit avoir résisté à des pressions.
Sociologue de formation, Jean-Michel Costes a fondé il y a quinze ans l'Observatoire des drogues et des toxicomanies (OFDT). Son mandat n'a pas été renouvelé, dénonce-t-il, « dans un contexte politique délicat, et des pressions de plus en plus fortes sur l'autonomie » de l'établissement public.
Jean-Michel Costes faisait notamment partie du groupe d'experts de l'Inserm s'étant prononcés en faveur de l'expérimentation des salles d'injections (dites « salles de shoot »), en opposition avec Etienne Apaire, président de la Mission interministérielle de lutte contre la drogue (Mildt). Jean-Michel Costes assure également avoir subi des pressions sur « l'interprétation des données » fournies par son observatoire.
Maria Poblete : Le gouvernement a mis fin à vos fonctions à la tête de cet établissement. Pourquoi ?
Jean-Michel Costes : Avant tout, rappelons que l'OFDT est financé par la Mission interministérielle de lutte contre la drogue et les toxicomanies, qui est rattachée au Premier ministre. A sa création, au début des années 90, la volonté politique était de doter l'observatoire d'une pleine autonomie, de moyens, d'une équipe de travail et d'un collège scientifique qui soit en mesure de faire, en toute indépendance, et d'un point de vue scientifique, des états des lieux partagés par tous.
L'objectif est de donner des tendances, de publier des études sérieuses et documentées, crédibles, dans un domaine, la drogue, qui a toujours été très passionnel. Formellement, ce n'est pas le gouvernement qui m'a évincé de mon poste, c'est le conseil d'administration. Dans les faits, le conseil d'administration avalise les décisions de la Mildt, en l'occurrence de son président [Etienne Apaire, un proche de Nicolas Sarkozy, ndlr].
Mon mandat arrivait à échéance le 31 mars, j'ai sollicité un nouveau mandat et il m'a été refusé. Pour m'écarter, la Mildt a suivi une procédure de mise en concurrence, normale au demeurant. Mais la procédure s'apparentait à un simulacre, autant par la description du poste, qui n'a été ni soumise ni validée par le CA, que par le jury devant lequel je suis passé, composé par la Mildt sans la présence d'autres membres institutionnels de l'établissement.
Au fond, qu'aurait-on à vous reprocher ?
Depuis deux ans, les pressions s'exerçaient sur l'interprétation des données. Le président de la Mildt souhaite en prendre pleinement le contrôle. La décision de ne pas renouveler mon mandat vient achever un processus qui a vu l'annulation ou l'arrêt d'activités du collège scientifique.
Désormais, le président du collège scientifique ne sera plus élu par ses pairs mais désigné par le président de la Mildt. Le contrôle de la communication est un autre élément essentiel. Le président de la Mildt ne veut plus que l'observatoire communique directement et de manière autonome sur ses résultats et les tendances. Il souhaite contrôler les chiffres.
Qu'a-t-on essayé de vous faire dire ?
J'ai toujours refusé de coller aux éléments de langage de la Mildt. Je vous donne deux exemples. Je ne pouvais pas accepter que l'OFDT dise qu'il y ait une relation de cause à effet entre une volonté et une effectivité d'application de la loi et la baisse, pour un âge particulier, de la consommation de cannabis, baisse antérieure à cette volonté. Le plan du gouvernement a pour objectif la baisse de la consommation. Aussi, la question de l'interprétation des tendances est très sensible.
Certes, après une augmentation très régulière dans les années 90, la consommation de cannabis s'est stabilisée dans les années 2002/2003. En tant qu'expert, je ne peux pas associer directement une politique à une inversion de tendance, c'est plus compliqué que cela, et quand bien même, ce ne serait pas lié à la politique actuelle du gouvernement mais à une précédente !
L'autre désaccord est lié à ce qu'on appelle les salles de shoot ?
Oui, l'autre grand désaccord est lié aux salles de consommation supervisées, dispositif de réduction des risques pour des usagers de drogues très précarisés. On me demandait de me taire ou de couvrir le contraire de l'évidence scientifique.
Qu'elles ne soient pas souhaitables à un niveau politique est une chose, et ce n'est pas à moi d'en juger, mais on ne pouvait pas me faire dire qu'elles ne sont pas utiles puisque c'est le contraire de ce que l'expertise collective de l'Inserm à laquelle j'ai participé démontrait ! L'idéologie l'emporte sur la raison. C'est cette résistance que je paie aujourd'hui.
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