Suisse: Et si c’était l’Etat qui vendait les produits intoxicants illicites pour casser le marché noir?

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Et si c’était l’Etat qui vendait de la drogue pour casser le marché noir?
Cannabis | En 2008, les Suisses ont refusé de dépénaliser le chanvre. Mais la discussion renaît en Suisse alémanique.

Caroline Zuercher | 22.10.2011 | 00:00

Le débat sur la légalisation des stupéfiants est relancé. «Il faut tenter de telles expériences!» plaide en substance une commission internationale regroupant dix-neuf personnalités, et notamment l’ex-conseillère fédérale Ruth Dreifuss. En Suisse, d’autres lancent le même appel: la guerre contre la drogue a échoué, il faut en changer. Au nom du pragmatisme.

Cet avis, l’ancien procureur tessinois et conseiller aux Etats Dick Marty (PDC/TI) le défend depuis plusieurs années: «Lorsque j’ai commencé à travailler comme procureur, j’étais convaincu que la répression était importante. Mais je me suis aperçu que nous nous acharnions sur les petits poissons et non sur les barons de la drogue. Je dirais même que cette politique les aide: si les distributeurs changent constamment, il est impossible de remonter les
filières.»

Le Tessinois préconise un contrôle étatique du cannabis (et d’autres drogues) semblable à ceux de l’alcool et du tabac. Et il n’est pas le seul. «Les problèmes de santé publique ont pu être partiellement réduits avec la politique des quatre piliers, explique Jean-Félix Savary, secrétaire général du Groupement romand d’étude des addictions (GREA). Cependant, on voit aujourd’hui une exaspération de la population sur le deal. Il faut réfléchir à de nouveaux moyens pour mettre le marché sous contrôle.»

Des Etats-Unis à Bâle

Les partisans du changement tournent leurs regards vers l’étranger. Si l’on évoque souvent les coffee shops néerlandais, d’autres modèles sont expérimentés. En Espagne, par exemple, des social cannabis clubs cultivent le chanvre sous contrôle de l’Etat. Leurs membres peuvent le consommer dans les locaux des associations. De façon plus hypocrite, des Etats américains autorisent le commerce de chanvre «pour raisons médicales» dans des commerces qualifiés faussement de «pharmacies». Et on l’imagine, les malades sont légion.

Dans les années 2000, la Suisse a elle aussi été tentée. Mais le vent a tourné depuis qu’en 2008; une initiative populaire visant la dépénalisation de la consommation, la possession, la culture et l’achat du chanvre a été refusée par 63,3% des votants. Désormais, à Berne, les parlementaires discutent plutôt de l’opportunité, ou non, de remplacer les procédures pénales contre les consommateurs par des amendes.

Loin du Palais fédéral, la discussion renaît toutefois en Suisse alémanique. Et en particulier à Bâle, où les autorités, face à l’augmentation de la consommation, étudient la possibilité de vendre du cannabis dans des magasins qu’elles surveilleraient.

De quoi réveiller un débat des plus passionnels. Car si les uns brandissent le pragmatisme, les autres leur reprochent de baisser les bras. «Je ne vois pas l’intérêt d’ajouter une drogue légale à l’alcool et au tabac, s’exclame le conseiller national Jacques Neirynck (PDC/VD). C’est une lapalissade de dire que la répression n’a pas fonctionné. Mais que se passerait-il sans elle?»

«Ce n’est pas à l’Etat de réguler un trafic de substances nocives. Elles doivent rester interdites», renchérit Jacqueline de Quattro. La conseillère d’Etat vaudoise, en charge de la sécurité, critique «l’angélisme» de certains, avant de conclure: «Si l’on créait un commerce officiel, il resterait immanquablement un marché noir en parallèle.»

Les apprentis sorciers

Cette filière illégale, ajoute Olivier Guéniat, commandant de la police jurassienne, risque de se concentrer sur les mineurs et d’abaisser ses prix au maximum. Pour concurrencer l’Etat. «Je constate aussi qu’à Bienne, où des magasins de chanvre sont tolérés, d’autres nuisances apparaissent (des vols, par exemple) et augmentent le sentiment d’insécurité.»

Pourtant, Olivier Guéniat l’admet, le système actuel ne donne pas satisfaction. Alors, que faire? «Laissons nos voisins mener des expériences et étudions les résultats pour nous en inspirer au lieu de jouer aux apprentis sorciers!»

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