Harpeur: amiante chrysotile oui c'est licite le cannabis non. L'avis de Santé Canada ignoré?

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Nocivité de l'amiante chrysotile : l'avis de Santé Canada ignoré?
Mise à jour le lundi 13 juin 2011 à 23 h 58 HAE

Santé Canada a mis en garde le gouvernement fédéral dès 2006 contre la nocivité de l'amiante chrysotile et voulait le faire inscrire comme produit dangereux, selon un document obtenu par la CBC.

« Santé Canada souhaiterait que le chrysotile soit inscrit sur la liste des produits dangereux », de la Convention de Rotterdam de 2004, dont le Canada est signataire, peut-on lire dans le document.

Dans ce document, l'agence gouvernementale estime que le Canada devrait prévenir les pays qui achètent de l'amiante canadien « afin qu'ils aient toute l'information dont ils ont besoin pour prendre une décision éclairée et s'assurer qu'ils manipulent et utilisent la fibre correctement ».

« Nous reconnaissons que la décision ultime ne sera pas basée uniquement du point de vue de la santé et que d'autres facteurs entreront en ligne de compte », peut-on lire également.

Lundi, le Nouveau Parti démocratique a utilisé ces documents pour critiquer l'approche du gouvernement conservateur. Le député néo-démocrate Pat Martin a souligné que le rapport de Santé Canada « demande clairement au gouvernement » d'inclure l'amiante à la liste des substances dangereuses.

« Même les autorités canadiennes croient que le minerai devrait être sur la liste, et nous en avons la preuve ici », a déclaré M. Martin, avant d'ajouter que des informations supplémentaires à ce sujet seraient présentées lors d'une conférence de presse, mardi à Ottawa.

Le Canada s'est toujours opposé à ce que le chrysotile soit considéré comme un produit dangereux et inscrit comme tel à la Convention de Rotterdam, un traité qui régit le commerce international des produits dangereux.

Au Canada, on désamiante les maisons, les écoles, les édifices publics et même les murs du Parlement à Ottawa. On enlève tout ce qui peut générer de la poussière d'amiante. Au Québec, on continue de l'extraire, mais pour la vendre principalement aux pays en voie de développement.

Le premier ministre Stephen Harper a répondu à la question durant la récente campagne électorale. Tant que les pays voudront de notre amiante, le Canada leur en vendra, avait-il dit.

« Le gouvernement ne mettra pas l'industrie canadienne dans une position où elle fait l'objet d'une discrimination dans un marché où la vente est permise », avait expliqué le premier ministre.

« Le seul parti qui défende l'industrie de l'amiante chrysotile est le nôtre, le Parti conservateur », avait déclaré le premier ministre de passage à Asbestos pendant la campagne électorale d'avril.

Les revenus générés par l'exportation de l'amiante s'élèvent à environ 100 millions de dollars par année.

Les raisons commerciales l'ont-elles emporté?

Ressources naturelles Canada, toujours en 2006, n'était pas d'accord avec la position de Santé Canada et craignait que le fait d'inscrire l'amiante chrysotile sur la liste des produits dangereux pourrait inciter les pays à l'interdire sur leur territoire.

L'Institut du Chrysotile, qui est financé par Ottawa, Québec et l'industrie, abonde dans le même sens. « L'objectif visé par les gens qui veulent l'inclusion du chrysotile sur la Convention [de Rotterdam] c'est de bannir purement et simplement cette substance-là. Ce qui, à notre avis, n'est pas justifié et serait une erreur », estime Guy Versailles, de l'Institut du Chrysotile.

Finalement, à la conférence de 2006 et de 2008, le Canada, avec l'appui des pays importateurs d'amiante, a réussi à faire en sorte que le chrysotile ne soit pas considéré comme un produit dangereux.

« C'est une décision politique, parce qu'on est exportateur d'amiante, même si on sait que le chrysotile peut causer des problèmes de santé », commente Kapil Khatter, ancien directeur général de l'Association canadienne des médecins pour l'environnement.

Le 20 juin prochain, des délégations internationales doivent se rencontrer à Genève afin de mettre à jour la Convention de Rotterdam. Le dossier de l'amiante sera au coeur des discussions.

L'absence de consensus à ce sujet a poussé les délégués de Genève à considérer deux nouvelles options. La Convention de Rotterdam pourrait être amendée pour changer le processus de consensus, ou encore une annexe pourrait être ajoutée. Elle contiendrait la liste des produits chimiques que les trois quarts des signataires de la convention considèrent dangereux.

Rien ne laisse croire que le Canada modifiera sa position.

L'Organisation internationale du Travail en rajoute

Ces informations font surface au moment où l'Organisation internationale du Travail (OIT) publie un rapport dans lequel elle rappelle au Canada qu'en signant la Convention de Rotterdam, il a promis de se tenir informé de l'évolution des études scientifiques et de la technologie concernant l'amiante.

Dans le document, présenté à Genève dans le cadre du congrès du 100e anniversaire de l'OIT, on exhorte le Canada à considérer les données de l'Organisation mondiale de la santé et d'autres organisations internationales reconnues à propos des dangers de l'exposition à l'amiante.

Dans son document, l'OIT, une agence des Nations unies, souligne que le gouvernement canadien reconnaît déjà les dangers de l'exposition à l'amiante en milieu de travail.

D'après un reportage de Josée Dupuis

Radio-Canada.ca avecPresse canadienne

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