« Ici, il n'y a pas de prise de tête »
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« Ici, il n'y a pas de prise de tête »
Publié le mercredi 23 février 2011 à 08H10
Attablés au Slow Motion, ces cinq jeunes Français, âgés de 19 à 25 ans, sont venus de Laon (Aisne) pour le week-end. Un premier se lance : « Ici, c'est agréable, il n'y a pas de prise de tête ».
Son voisin renchérit : « C'est juste un business qui a pignon sur rue ». Ils disent avoir commencé à fumer des joints vers « 16-17 ans ». Travailleurs ou étudiants, ce sont des consommateurs réguliers.
Un troisième nuance : « Tout ça, ce n'est qu'une passade de jeunesse. Je ne me vois pas fumer (des joints, NDLR) dans quinze ans. Pourquoi ? Quand on s'installe avec une fille par exemple, il faudra faire des concessions ».
Le plus grand des cinq, plutôt taiseux jusque-là, intervient : « Ce qui est agaçant, c'est qu'en France, trop de gens croient encore qu'avec un pétard, tu ne peux pas avoir une vie normale. C'est quand même une belle connerie ! ».
Guère concerné par la discussion, son voisin aux yeux injectés de sang lui glisse : « Dis donc, c'est pas la King Hassan qu'on voulait goûter ? »
De l'autre côté de la Meuse, se trouve le Mississipi, situé sur une péniche et désignés par certains comme le plus grand coffee-shop de Maastricht. Hilare et vacillant au moment de se lever, ce client semble se demander qui, de la marijuana ou de l'imperceptible roulis provoqué par le courant, est responsable de son déséquilibre.
Deux tables plus loin, trois Français venus de la région parisienne fument. Tout sourire, le premier s'excuse avec franchise : « Vous seriez venu il y a une heure, j'aurais eu des tas de choses pertinentes à vous dire mais là… » Alors son voisin s'y colle : « On a fait cinq heures de route pour fumer tranquille, voilà tout. C'est la première fois qu'on vient. Ici, comparée à l'hypocrisie sur le sujet en France, il y a quand même une autre ouverture d'esprit. Nous ? On travaille tous les trois. Moi, je suis cadre. Je reste un consommateur occasionnel car au quotidien, ce n'est quand même pas très constructif.
Donc non, on ne va pas en ramener en France. Les produits ? En Hollande, ce n'est pas coupé avec des saloperies. Puisque c'est légal donc mieux organisé, la qualité est meilleure ». Convaincus, ses deux amis acquiescent.
Direction le Smoky, second coffee situé sur une péniche.
On y croise quatre Belges venus « pour la soirée » de Wavre, petite ville située en Wallonie, à une heure de route. Sur leur table : un gramme de Népal, deux de Big brother. « J'ai 24 ans et je viens depuis que j'en ai 16, confie le plus bavard. Et la meilleure, c'est l'Amnesia ! » Son pote avoue : « Je ne fais pas vraiment la différence entre les différentes beuhs (herbe, NDLR) d'ici ; par contre, je la vois bien entre la Hollandaise et la Belge ».
L'autre reprend : « Le système hollandais est quand même intéressant. On sait ce qu'on fume, c'est mieux cadré, moins hypocrite. Et puis surtout, je n'ai jamais vu une bagarre dans un coffee-shop. Franchement, il y a plus de qualités que de défauts dans tout ça. Bon après, c'est un fumeur invétéré qui te dit ça ! »
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