Grande-Bretagne: Barbara Harris veut stériliser les drogués.

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Zappiste: est-ce que les "drogués" à l'alcool, au tabac, au jeu, au shopping, au sexe, aux religions, aux sectes, etc. seront inclus ?

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Grande-Bretagne
Barbara Harris veut stériliser les drogués

Une association offre aux toxicomanes de l'argent à condition qu'ils se fassent opérer pour ne pas avoir d'enfants.

Laszlo Molnar - le 18 octobre 2010, 21h44
Le Matin

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Barbara Harris est considérée comme dangereuse par beaucoup de personnes. Cette femme, qui promeut une méthode proche de l'eugénisme pour empêcher les toxicomanes d'avoir des enfants, a débarqué il y a quelques mois en Grande-Bretagne. Elle y a trouvé son premier client anglais, John, un drogué notoire de 38 ans. Cet homme a été stérilisé en échange de 300 francs. Sa vasectomie - un chirurgien lui a sectionné les canaux déférents transportant les spermatozoïdes - a été financée par Project Prevention, une association américaine qui a déjà payé aux Etats-Unis des milliers de drogués prêts à renoncer à devenir parents.

«Je ne serais pas capable de supporter un enfant. J'ai déjà du mal à m'occuper de moi», a témoigné hier dans les colonnes du Mail le patient anglais. Mais cette profession de foi ne convainc pas tout le monde. Addaction, l'organisme chargé d'appliquer la politique gouvernementale de lutte contre les drogues, croit fermement qu'il n'y a pas de place pour Project Prevention au Royaume-Uni. «Ces pratiques sont moralement répréhensibles et hors de propos», s'est insurgé le porte-parole d'Addaction dans le Guardian.

Comme les chats
Cette déclaration intempestive n'a cependant pas refroidi la volonté de Project Prevention. «Si vous croyez que les femmes doivent continuer à se droguer et avoir des enfants, alors passez à l'étape suivante et adoptez leurs bébés. C'est aussi simple que ça», a en effet répondu Barbara Harris, la fondatrice de l'association.

Cette Américaine, qui a adopté quatre enfants nés de mères toxicomanes, a également défrayé la chronique dans son pays. Dans des interviews, elle a comparé les mères droguées à «des chiens qu'il faut neutraliser». «Ces femmes droguées ont de véritables portées, comme les chiens. Or nous menons aux Etats-Unis des campagnes de stérilisation de chiens ou de chats afin d'éviter d'avoir des chiots et des chatons non désirés, mais nous permettons à ces toxicomanes d'avoir 10, 12, voire 14 enfants dont elles seront incapables de s'occuper.»

Méthode de recrutement
La méthode de recrutement des candidats à la stérilisation a aussi été dénoncée. Dès l'ouverture de l'antenne anglaise, en mai dernier, des membres de Project Prevention approchaient les gens dans la rue devant des cliniques réputées pour s'occuper de toxicomanes. Mais ils ont abordé des personnes qui n'avaient rien à voir avec le monde de la drogue. Notamment une maman qui sortait d'un hôpital avec son fils de 9 ans. Cette femme, offusquée qu'on lui propose «avec beaucoup d'insistance» 200 livres pour qu'elle se fasse stériliser, a été déposer une plainte pour harcèlement. La police de Glasgow, où s'est déroulée cette mésaventure, a ensuite appelé la population à lui rapporter tout incident du même genre.

Mme Harris a démenti dans The Observer que son organisation ait approché quiconque dans la rue. Mais sa manière d'agir a aussi été critiquée en Amérique, où son association vise tous les marginaux et les couches défavorisées de la société, sans trop se préoccuper de comment ces gens se sont retrouvés dans la dèche et sans savoir s'il s'agit bien de drogués.

Depuis la création en 1994 de Project Prevention en Californie, 1060 personnes ont été payées 300 dollars pour suivre un traitement contraceptif de longue durée (Depo-Provera), 1260 pour une ligature des trompes, 1020 pour la pose d'un implant contraceptif, enfin une cinquantaine pour une vasectomie. L'association compte sur les donations pour financer ses projets.

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