Haïti: Seulement 2 % des 5,3 milliards de dollars de promesses de dons faites à moyen terme ont été reçus.

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Zappiste: seulement 2 % des 5,3 milliards de dollars de promesses de dons faites à moyen terme ont été reçus
et plus de 250,000 personnes ont besoin d'eau potable chaque jour.

http://www.lemonde.fr/idees/article/2010/07/12/promesses_1386063_3232.html

Point de vue
Promesses
LEMONDE.FR | 12.07.10 | 09h05 • Mis à jour le 12.07.10 | 13h03

Wyclef Jean, chanteur et producteur

Il y a six mois, un tremblement de terre a dévasté ma terre natale : Haïti.

Depuis l'époque où j'étais membre du groupe The Fugees, et bien avant que je co-fonde Yéle Haïti, une ONG créée il y a cinq ans visant à lutter contre la pauvreté et trouver des solutions aux problèmes d'éducation, de santé, d'aide à l'enfance, de secours et d'environnement dans mon pays natal, je me suis fait la promesse de toujours attirer l'attention sur Haïti. Aujourd'hui, je me dois de veiller à ce que l'intérêt mondial porté à Haïti ne s'essouffle pas. Je souhaite seulement arrêter le processus de destructions.

Un an avant le tremblement de terre, je déclarais sur mon blog : "Si nous n'agissons pas maintenant, le navire continuera de couler". Haïti a encore besoin de notre aide, aujourd'hui plus que jamais. Beaucoup de promesses ont été faites après la catastrophe du 12 janvier, et nous voulons qu'elles soient tenues. Au sein de Yéle, nous faisons tout ce qui est en notre pouvoir.

La reconstruction d'Haïti nous tient à cœur à mon épouse Claudinette et à moi-même. Depuis le tremblement de terre, nous avons effectué de nombreux voyages là-bas. J'y étais le 13 janvier et plus récemment, fin juin. Nous avons observé la situation de nos propres yeux, nous avons écouté les gens sur place y compris le personnel permanent de Yéle et ses volontaires.

Conclusion : nous ressentons de la frustration. Les ruines et bâtiments effondrés n'ont pas disparu. Je pensais qu'en allant là-bas, j'allais voir des milliers de tracteurs sur chenille déblayant le sol mais je m'étais trompé.

J'en ai discuté avec Enrique Silva, professeur à l'université de Boston. Il m'a dit et je le cite : "La reconstruction d'Haïti va bien au-delà de l'effondrement spectaculaire des bâtiments et infrastructures. Il est également question ici de structures politiques, sociales et économiques qui ont certainement aggravé l'impact du tremblement de terre".

La reconstruction du pays a été retardée par des litiges fonciers, des barrages bureaucratiques, des problèmes de douanes, des divergences d'opinion quant à la stratégie à adopter et y compris des retards dans la réception des promesses de dons faites à Haïti. Selon Associated Press, seulement 2 % des 5,3 milliards de dollars de promesses de dons faites à moyen terme ont été reçus.

A cela s'ajoute maintenant la saison des ouragans qui commence dans un mois sans oublier que Port-au-Prince est balayé chaque jour par des tempêtes tropicales. Yéle Haïti s'efforce de transférer les gens vivant dans des tentes vers des petites maisons temporaires, mais le manque de terrains et de ressources limite notre champ d'action. Résultat : plus d'un million de mes frères et sœurs les plus vulnérables n'ont toujours pas d'abris décents.

NOUS DEVONS TOUS RENFORCER NOS EFFORTS POUR REDONNER ESPOIR

Je me suis également entretenu avec Jayne Fleming, avocate spécialisée dans les droits de l'homme, travaillant pour un prestigieux cabinet d'avocats qui lui permet de faire du bénévolat pour aider Haïti. Les histoires qu'elle m'a racontées m'ont horrifié et m'ont fait l'effet d'une seconde douche froide. C'est alors qu'une évidence s'est imposée à moi : je devais continuer à me battre pour Haïti. Jayne m'a expliqué que – et je la cite – "les gens vivent toujours dans des tentes montées à partir de chiffons, cartons et plastique. Le manque d'abris respectant les normes constitue non seulement une violation des droits de l'homme, mais de nombreux problèmes en découlent également. La population est exposée à un plus grand risque de blessures et de maladies parce qu'elle vit dans des conditions difficiles et insalubres. Les femmes, plus particulièrement, sont exposées à un risque plus élevé de violence et de viols étant donné qu'elles n'ont pas de maison où s'enfermer la nuit. Quant aux enfants, ils sont soumis à un risque plus important d'enlèvements, de trafic et prostitution parce qu'ils vivent dans la rue".

"J'ai interviewé plus de trente victimes de viol à Haïti, continue Jayne. Aucune de ces femmes ne pense que le gouvernement les protègera, jugera les criminels ou assurera leur sécurité. Par exemple, une femme a porté plainte pour tentative de viol à la police qui lui a conseillé d'en parler au président car ils avaient déjà entendu des dizaines d'histoires comme la sienne. Comment voulez-vous que les gens gardent espoir dans un environnement aussi hostile ?"

Beaucoup de promesses ont été faites à Haïti au cours des six derniers mois. Les Haïtiens se sentent abandonnés et commencent à penser que ces promesses ne seront pas tenues.

Avec Yéle Haiti, nous nous efforçons de tenir notre part de promesses. Au cours des six derniers mois, nous avons distribué 84 000 repas chauds, environs 7,5 millions litres d'eau, 700 plateaux-repas et 14 000 boîtes de conserve de nourriture. Nous avons également soutenu Airline Ambassadors dans le cadre de la distribution d'équipements médicaux et de médicaments aux victimes. Nous faisons venir des Etats-Unis des containers de nourriture, vêtements, lampes torches et du matériel médical. Nous avons fourni plus de 1 500 tentes et 870 bâches pour 34 tentes communautaires.

Nous plantons des arbres, créons des emplois et nous allons créer une communauté agricole durable et permanente pour 5 000 personnes près de Croix-des-Bouquets. Nous avons également l'intention de construire une grande cuisine au siège de Yéle Haïti à La Plaine où nous recruterons des femmes de la région et leur apprendrons à lire et faire du business tout en distribuant 15 000 repas par jour pour nourrir les gens qui meurent de faim.

Toutefois, nous devons tous renforcer nos efforts au cours des six prochains mois pour redonner espoir aux femmes, enfants et à toute la population et leur montrer que nous pouvons surmonter ce désastre. Il ne suffit pas de tenir ses promesses. Il faut aller au-delà et faire du suivi.
Heather Paul, PDG de SIS Children's Villages USA, m'a récemment dit : "Les gens ont besoin de voir des signes de progrès".

A MOYEN TERME, VOICI SELON MOI CE DONT HAÏTI A BESOIN :

Au cours des trois prochains mois :

La Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti doit débloquer 150 millions de dollars de promesses de dons pour assurer une sécurité publique cohérente et un plan de sécurité qui réponde aux problèmes de violence, d'enlèvement, de viol et d'abus sexuel qui règnent à travers le pays, particulièrement parmi les communautés les plus vulnérables. La Commission doit également débloquer 150 millions de dollars de promesses de dons pour mettre en place un programme sérieux destiné à nettoyer les ruines tout en permettant de créer des emplois pour les jeunes, les aider à se nourrir ainsi que leur famille. Ce programme doit également constituer le vrai commencement du processus de reconstruction et donner à tout le monde de l'espoir pour le futur.

Au cours des quatre prochains mois :

Les dirigeants de la Commission, les Nations unies, les anciens présidents américains George Bush et Bill Clinton devraient être appelés à s'engager eux-mêmes à collecter les milliards de dons faits par la communauté internationale pour secourir Haïti et assurer que ces dons soient vraiment reversés.

Une fois que ces objectifs seront atteints, que les Haïtiens seront vraiment en sécurité et auront retrouvé leur fierté, que les infrastructures seront de nouveau sur pied et que le pays sera lancé vers une nouvelle destinée, pourquoi ne pas se fixer des objectifs plus légers ? Pourquoi ne pas organiser une coupe du Monde de football à Port-au-Prince ?

Je souhaiterais terminer sur ces quelques mots du grand sage Gandhi : "La rupture d'une promesse laisse la porte ouverte au mensonge".

Je suis un guerrier, je ne peux rester sans rien faire quand des promesses ne sont pas tenues. Je n'abandonnerai jamais. J'espère que vous non plus.

Wyclef Jean, chanteur et producteur

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http://www.cyberpresse.ca/international/dossiers/seisme-en-haiti/201007/...

Publié le 09 juillet 2010 à 13h58 | Mis à jour le 09 juillet 2010 à 17h32

Haïti: l'aide canadienne aurait été freinée par des problèmes
Alison Auld
La Presse Canadienne
Halifax

L'Équipe d'intervention en cas de catastrophe (ÉICC) du Canada est arrivée en Haïti dans la foulée du violent séisme du 12 janvier sans équipement et entraînement adéquats, tandis que de l'aide médicale d'urgence a dû céder sa place aux journalistes, selon un bilan provisoire.

Le rapport, dont La Presse Canadienne a obtenu copie en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, révèle que l'aide envoyée en Haïti a été tellement précipitée et qu'elle était gérée par tellement d'organismes au Canada que les soldats sont arrivés sans armes, sans munitions et sans leurs vêtements pare-balles.

Il ajoute que l'ÉICC a perdu le contrôle de ce qui était envoyé en Haïti, ce qui a entraîné des retards dans l'acheminement de matériel essentiel au traitement des victimes après le tremblement de terre.

«Dans plusieurs des cas, de l'équipement crucial de l'ÉICC a carrément été expulsé des vols, peut-on lire dans le rapport. Cela a nui à la capacité de l'ÉICC d'offrir des soins médicaux plus complexes.»

Cette équipe, une force militaire de réaction rapide qui offre de l'aide humanitaire en cas de catastrophe, a aussi peiné à acheminer du personnel de sécurité vers Haïti à bord d'un des premiers vols, parce qu'ils ont dû céder leur place à des journalistes. «Cela a potentiellement mis en péril le personnel militaire et civil canadien», ajoute le document.

Le rapport n'explique pas pourquoi cette équipe spécialisée ne possédait pas d'emblée tout l'équipement et toute la formation requis pour son déploiement d'urgence. On note toutefois 54 dérogations en premiers soins, en forme physique et en manipulation d'armes, ce qui signifie que les officiers ont accepté que certains membres n'aient pas reçu toute la formation requise avant d'être déployés.

Le rapport explique par exemple que certains soldats ont reçu des armes pour lesquelles ils n'avaient ni expérience, ni confiance.

Un porte-parole militaire a par contre affirmé par courriel que ces problèmes de formation n'ont pas eu d'incidence sur le succès opérationnel de la mission, baptisée «Opération Hestia».

Au lendemain du séisme, une équipe de reconnaissance s'est rendue en Haïti pour déterminer où l'ÉICC serait la plus utile. Cette information n'a jamais été utilisée correctement, puisque les priorités changeaient constamment sous l'influence de nombreux groupes impliqués au Canada, lit-on dans le bilan provisoire.

Les priorités ont été déterminées «sans respect pour l'information provenant du terrain, affirme le document. Les recommandations de l'équipe de reconnaissance doivent être prises au sérieux avant de déployer des forces additionnelles, comme cela s'est produit pour l'opération Hestia».

Le document laisse aussi entendre que l'empressement politique à intervenir sur le terrain pour dégager les ruines et soigner les blessés a nui à l'efficacité de l'opération. «Le déploiement rapide a peut-être satisfait l'objectif stratégique de démontrer que le Canada faisait quelque chose, indique le rapport. Toutefois, cela a eu un effet inverse sur l'objectif opérationnel d'offrir une aide humanitaire efficace et rapide.»

Les efforts de l'ÉICC se sont éventuellement concentrés dans la ville de Jacmel, dans le sud du pays, qui a été à demi anéantie par le séisme. Les équipes militaires ont nettoyé les débris, installé des toilettes dans les camps de réfugiés, construit des abris et assuré la sécurité aux sites de distribution de nourriture.

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http://www.cyberpresse.ca/actualites/quebec-canada/national/201007/09/01...

Publié le 09 juillet 2010 à 19h26 | Mis à jour le 09 juillet 2010 à 22h12

Haïti: le chef d'état-major canadien est renvoyé

La Presse Canadienne

Le plus haut responsable militaire canadien en Haïti a été relevé de son commandement et fait l'objet d'une enquête interne.

Le colonel Bernard Ouellette, chef d'état-major de la force militaire des Nations unies en Haïti (MINUSTAH), fait face à plusieurs allégations, dont celle d'avoir été impliqué dans une relation inappropriée.

Un porte-parole du Commandement de la Force expéditionnaire du Canada (COMFEC), le lieutenant-colonel Chris Lemay, a refusé de discuter de ces allégations, affirmant qu'un enquête était présentement menée par la chaîne de commandement. Il a toutefois précisé que le lieutenant-général Marc Lessard avait décidé qu'il valait mieux, pour le moral de la petite équipe, de relever le colonel Ouellette de ses fonctions.

Le lieutenant-colonel Chris Lemay a également dit que l'allégation de relation inappropriée qui vise le colonel Ouellette n'implique pas un autre membre des Forces canadiennes.

Le colonel Ouellette, qui a reçu des éloges pour son sang-froid dans la gestion de l'aide canadienne après le puissant séisme qui a détruit le quartier général de l'ONU à Port-au-Prince, était presque arrivé au terme de sa mission d'un an en Haïti. Il a été relevé de ses fonctions le 26 juin.

Ce cas survient alors que les Forces armées continuent d'enquêter sur le brigadier-général Daniel Ménard, qui a été relevé de ses fonctions de commandement en Afghanistan pour avoir présumément entretenu une relation inappropriée avec une subalterne de sexe féminin.

Le lieutenant-colonel Lemay affirme que le renvoi du colonel Ouellette n'a pas été rendu public immédiatement car il est considéré comme un officier d'état-major, alors que le brigadier-général Ménard jouait un rôle beaucoup plus public.

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http://www.cyberpresse.ca/chroniqueurs/agnes-gruda/201007/09/01-4297098-...

Publié le 09 juillet 2010 à 23h45 | Mis à jour le 09 juillet 2010 à 23h45

Haïti rattrapé par ses démons
Agnès Gruda
La Presse

Au départ, l'idée paraissait simple: envoyer des maisons prêtes-à-monter par bateau, jusqu'en Haïti, où des centaines de milliers de gens s'entassaient dans des camps insalubres après le tremblement de terre du 12 janvier.

Dès les semaines qui ont suivi la catastrophe, le Centre d'étude et de coopération internationale (CECI) a donc entrepris d'étudier des modèles de «maisons en kit». Mais encore fallait-il trouver des terrains où les installer. Gros problème: même avant le séisme, les registres fonciers haïtiens étaient chaotiques. Ça ne s'est pas arrangé depuis.

«Nous ne pouvions pas transporter des maisons sans savoir où les mettre. Et nous ne pouvions pas commencer à les monter sur des débris ou des terrains incertains», explique Carine Guidicelli, directrice des communications du CECI.

Et puis, il n'y avait pas que le chaos foncier. Étonnamment fluides dans les semaines suivant le séisme, les douanes haïtiennes ont repris, depuis, leur rythme habituel. Lent. Très lent.

Confronté à la perspective de transporter des maisons sans destination connue pour les laisser moisir au port de la capitale, le CECI a abandonné son projet. Pour s'attaquer plutôt à la construction d'une centaine de maisons à Léogâne, cette ville qui a été pratiquement rasée le 12 janvier.

Contrairement aux cabanes prêtes-à-monter, les nouvelles habitations, bâties avec des gravats recyclés, seront de «vraies» maisons, destinées à durer. On prend le temps de démêler les titres de propriété avec les autorités locales et les voisins. Le processus est laborieux. Et on est encore loin, très loin, d'avoir posé la première pierre de la première maison...

On estime que le tremblement de terre du 12 janvier a enseveli Haïti sous 20 millions de mètres cubes de débris. Six mois plus tard, à peine 250 000 mètres cubes ont été retirés. C'est à peine plus d'un pour cent!

Pourquoi si peu? Pourquoi pas plus vite? L'histoire des maisons prêtes-à-monter donne quelques éléments de réponse. Car elle est loin d'être unique. La Société canadienne de la Croix-Rouge voulait elle aussi construire des maisons sur des fondations de béton à Léogâne. Et elle a trébuché elle aussi sur les titres fonciers incertains. Pour se rabattre sur des cabanes démontables qu'elle compte fixer au sol avec des sangles. Un projet critiqué par les Architectes de l'urgence, qui craignent que ces maisons temporaires ne se transforment en de futurs bidonvilles.

Mais pour Jean-Pierre Taschereau, responsable des opérations d'urgence à la Croix-Rouge canadienne, il n'y avait pas vraiment le choix: «Au moins, si le propriétaire réclame son terrain, les maisons pourront être déménagées.»

***

Cette confusion foncière pose aussi problème pour ces millions de tonnes de gravats qu'il faudra bien placer quelque part. Mais sur quel terrain? Appartenant à qui?

En d'autres mots, si les choses piétinent, c'est en partie à cause de ce qu'était Haïti avant le 12 janvier. «Nous nous faisons rattraper par le contexte du pays. Ce qui n'allait pas bien avant ne va pas mieux aujourd'hui.», résume Jean-Pierre Taschereau.

C'est ce qui se produit aux douanes, par exemple, où «le système a repris le dessus». Un exemple: les Architectes de l'urgence ont acheminé 280 abris au port de Port-au-Prince. Ils poireautent là depuis un mois en attendant d'être dédouanés.

«Haïti est à une croisée des chemins critique», constate le rapport d'un comité du Sénat américain, qui dénonce lui aussi le fouillis foncier et le blocage douanier.

Mais derrière ces deux problèmes se dessine une tendance plus large: la faiblesse du gouvernement haïtien, incapable ne serait-ce que d'accélérer les procédures douanières.

Plusieurs craignent que les élections annoncées pour novembre ne fassent qu'exacerber cette impuissance, en politisant à outrance la moindre décision du gouvernement. Imaginons que celui-ci ait besoin d'exproprier un terrain pour y accueillir un projet de construction. Osera-t-il le faire, au risque de perdre des appuis politiques?

«Le gouvernement est trop faible, et il n'y a que les élections qui l'intéressent!» dénonce Michèle Striffler, députée européenne qui rentre d'Haïti et doit présenter un rapport sur sa mission à la mi-juillet.

Et ajoutez à cela la Commission intérimaire pour la reconstruction d'Haïti, coprésidée par Bill Clinton, censée choisir les projets financés à même les 10 milliards promis en mars par les donateurs internationaux - et qui n'a encore tenu qu'une seule réunion.

Mais en même temps, peut-être était-il irréaliste d'imaginer que les choses puissent aller plus vite? «Quand le World Trade Center s'est effondré, il en a fallu, du temps, pour tout dégager. Eh bien, ici, c'est plein de World Trade Center», souligne Marie-Ève Bertrand, de Care Canada, qui travaille sur des projets d'abris à Léogâne.

D'autres font valoir que les lenteurs ne sont pas toutes haïtiennes. Les Architectes de l'urgence veulent réparer des centaines de maisons à Léogâne et Port-au-Prince. Depuis trois mois, ils attendent des fonds de l'Union européenne et de l'ONU. «On n'a toujours pas vu le premier centime», dénonce leur président, Patrick Coulombel.

Peu importe les raisons, son constat est implacable: «Six mois après le tremblement de terre, la reconstruction n'a même pas commencé. C'est absolument anormal.»

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