Tabac et alcool, des drogues légales: 97 000 morts en France par an. « Alors pourquoi continuer à en vendre ? »

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Tabac et alcool « Des drogues légales »
Publié le mercredi 26 mai 2010 à 11H00

«QUELLES sont les drogues que vous connaissez ? », interroge le brigadier-chef Yves Leroux, chargé de prévention auprès des jeunes au sein de la Direction départementale de la sécurité publique. Les réponses fusent : « Cannabis, héroïne, champignons, amphétamines, cocaïne, ecstasy, beuh… »
« Vous ne citez que les drogues illicites, mais l'alcool et le tabac sont aussi des produits nocifs, licites ceux-là, et provoquant une dépendance », corrige le policier. Devant lui, se trouvent des ados du groupe de l'action d'accueil et de remotivation proposée par la mission générale d'insertion, bénéficiant notamment du fonds social européen.
Ils ont quitté l'école sans bagage et le but est de les raccrocher à une formation, un stage… Avant d'accueillir le policier, ils ont mené un petit sondage.
Le questionnaire révèle qu'une minorité finalement a testé une drogue illicite, mais ils sont la moitié à être prêts à le faire « par curiosité ». En fait, les filles seraient plus promptes à essayer si c'était légal. Enfin, curieusement, les jeunes affirment que ce n'est pas un sujet difficile à aborder avec les parents.
Pour bien marquer les esprits, le brigadier-chef décrit le sevrage d'un toxicomane à l'héroïne. « Pendant quatre jours, ils ne peuvent rien avaler, ils disent qu'ils sont en chien, ils souffrent terriblement. » Ici, on parle du besoin, mais une fois, le sevrage terminé, l'envie demeure insiste le fonctionnaire.
Et si le cannabis n'induit pas forcément une dépendance à petite dose, il peut vite se traduire par des sautes d'humeur, un trouble du sommeil, des problèmes de concentration… « La drogue modifie le comportement », précise le brigadier-chef Yves Leroux.
L'alcool a une façon plus insidieuse de fonctionner. « Au départ, il modifie le comportement. Mais plus la personne boit et plus, c'est pour être « normale » qu'elle boit… Elle se lève le matin victime et elle a besoin de boire pour se stabiliser. »
Un vrai danger à l'heure où la consommation d'alcool se banalise chez les ados, avec une consommation régulière en hausse. En 2007, 13 % des jeunes déclaraient boire au moins 10 fois par mois, contre 7 % en 2003.
D'où cette loi notamment interdisant la vente d'alcool aux mineurs. Argument choc, le policer a encore indiqué que l'alcool et le tabac faisaient 97 000 morts en France par an. « Alors pourquoi continuer à en vendre ? », a questionné une jeune fille dans la salle.
Yann LE BLÉVEC
yleblevec@journal-lunion.fr

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