Académie de médecine: Sensibiliser le public et les médecins à la soumission chimique.
http://www.lepoint.fr/actualites-sciences-sante/2010-03-01/academie-de-m...
Publié le 01/03/2010 à 09:51 Le Point.fr
Académie de médecine
Sensibiliser le public et les médecins à la soumission chimique
Par Anne Jeanblanc
Il est urgent d'assurer une large information du public pour sensibiliser les victimes potentielles, leur entourage, ainsi que les professionnels de santé concernés, au problème de la soumission chimique. Le rapport très récemment adopté par l'Académie de médecine met en évidence la sous-déclaration de cette pratique. L'administration de produits psychoactifs, à l'insu des personnes, est un phénomène "de plus en plus pratiqué", selon ce document. Or les médecins amenés à prendre en charge ces dernières ne savent pas toujours quoi faire, ce qui est "à l'origine d'erreurs de diagnostic".
La soumission chimique est une pratique ancienne dont on trouve la trace dès le XVIIIe siècle. Les auteurs rapportent le cas de la poudre de Datura, utilisée par des bandits parisiens appelés "les endormeurs" : "Ils offraient à leur future victime du tabac à priser mélangé à de la poudre de cette plante et profitaient de l'inconscience et de l'amnésie antérograde (la difficulté à mémoriser des événements qui viennent de se passer, NDLR) qui en résultaient pour les détrousser." Toutefois la première description clinique n'a été faite en France qu'en 1982, par le centre antipoison de Marseille, et il faudra attendre 2002 pour qu'une circulaire précise les modalités de la prise en charge des victimes.
Selon le rapport, environ 580 cas de soumission chimique ont été enregistrés entre fin 2003 et fin 2008 et les substances incriminées sont le plus souvent des benzodiazépines (tranquilisants) ou des médicaments apparentés (60 à 75 % des cas). Les enquêtes montrent que l'anticonvulsivant clonazépam (Rivotril*, Roche) est la molécule la plus utilisée. En revanche le GHB (acide gamma-hydroxy-butyrique), connu sous le nom de "drogue du violeur" a souvent fait la une des journaux "à tort", expliquent les auteurs, "car en réalité son usage est rare... dans ce contexte". Les victimes sont en majorité des femmes qui subissent des agressions sexuelles dans 50 % des cas. Elles souffrent en général d'une amnésie antérograde (52 à 55 % des observations), de troubles de la vigilance (30 %) et des lésions traumatiques (environ 25 % des cas).
















Add new comment