Contrefaçon de médicaments: Selon l’OMS, il représente dans certains pays jusqu’à 60% des volumes vendus

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http://www.afriquejet.com/afrique-de-l'ouest/mali/contrefa%C3%A7on-de-medicaments:-un-phenomene-qui-inquiete-la-banque-atlantique-2009112338783.html

Le marché illicite des médicaments s’est développé de manière considérable en Afrique et au Mali en particulier, depuis plus d’une dizaine d’années.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé, il représente dans certains pays jusqu’à 60% des volumes vendus. Ce fléau planétaire (10% du marché mondial des médicaments) est à l’origine des millions de morts.

La contrefaçon des médicaments est devenue une préoccupation tant pour l’Etat que pour les autres entreprises du pays. C’est dans cette logique que la Banque atlantique, en partenariat avec l’ordre des pharmaciens du Mali, a organisé une conférence débat sur cette problématique qui menace le bien de l’humanité.

Cette conférence avait pour thème « les dangers liés à la consommation des médicaments de la rue ».

Il existe aujourd’hui un problème de contrefaçon de médicaments et la multiplication de ce qu’on a appelé les pharmacies « par terre » liées au pouvoir d’achat faible d’une frange de la population. Ces pharmacies « par terre » constituent un réel danger pour la médecine.

Le Directeur du laboratoire Charles Mérieux, le Pr Boubacar Sidiki Cissé, dans son expose sur la problématique de la contrefaçon des médicaments, a édifié l’assistance sur les dangers et la situation de ce phénomène dans le monde : ils

sont moins profitables, mais tout aussi mortels. Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), ce sont les médicaments contrefaits et de qualité inférieure qui peuvent conduire à des souches de bactéries résistantes aux antibiotiques, et que même les médicaments autorisés ne peuvent traiter.

Jusqu’à 60 pour cent des médicaments anti-infectieux vendus en Afrique et en Asie sont soit faux, soit de qualité inférieure, selon une étude indépendante de 2006 publiée par le journal médical The Lancet. De la fabrication à la distribution, l’assurance qualité du médicament est un processus difficilement applicable et contrôlé dans les pays en développement. Garantir la qualité des produits pharmaceutiques présente un coût réel et fabriquer un médicament de qualité à bas prix relève du défi.

Selon l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), les médicaments contrefaits sont des médicaments qui sont délibérément et frauduleusement munis d’une étiquette n’indiquant pas leur identité et/ou leur source véritable.

Aucun pays n’est à l’abri et l’Organisation mondiale de la santé estime que 10 % des médicaments dans le monde sont contrefaits. Le commerce criminel de ces médicaments est plus répandu dans les pays en développement en raison de la législation, de la répression et du contrôle peu rigoureux qui y sont associés et de la rareté et de l’offre irrégulière des médicaments de base, qui sont hors de prix. La situation est endémique dans le Sud-Est de l’Asie et en Afrique, où plus de 50 % des médicaments en circulation sont contrefaits. Il existe un grand écart entre le pourcentage de médicaments contrefaits dans les pays en développement et dans les pays industrialisés, mais on observe une hausse de ces produits partout dans le monde. Les médicaments les plus fréquemment contrefaits surtout dans les pays en développement sont ceux qui visent à guérir des maladies infectieuses et des maladies graves, comme la malaria, la tuberculose et le VIH/SIDA, ou encore des infections banales.

Répercussions négatives de la contrefaçon des médicaments

Les médicaments contrefaits peuvent provoquer des effets secondaires imprévus, des interactions dangereuses avec d’autres médicaments, des réactions allergiques ou aggraver des troubles médicaux. Selon l’OMS, des milliers de gens sont blessés ou tués par des médicaments contrefaits chaque année.

Ils ont contribué à créer des formes résistantes aux antibiotiques de Shigella, de choléra, de salmonelle3 et de tuberculose. Ces maladies graves mettent en danger la vie de millions de personnes atteintes de la malaria, du VIH/SIDA.

Le conférencier a indiqué que la contrefaçon peut amener les patients à perdre confiance dans le régime de santé publique et l’industrie pharmaceutique, ainsi qu’à ternir la réputation des entreprises pharmaceutiques.

Selon lui, les pertes économiques essuyées par l’industrie pharmaceutique mondiale sont difficiles à évaluer. La plupart des estimations les chiffrent en milliards de dollars par année. Le professeur Cissé, en abordant les stratégies de lutte, a mis l’accent sur la prévention du marché illicite avec une volonté politique claire des autorités.

Après l’exposé du professeur Cissé, le conseiller technique du ministre de la santé, Amara Chérif Traoré, a procédé à la lecture de la déclaration de Cotonou contre le trafic des faux médicaments. Dans cette déclaration, la Fondation Jacques Chirac déclare la guerre à ces produits médicaux mal étiquetés ou falsifiés. En tout cas, l’accès à des médicaments de qualité est un droit fondamental pour chaque être humain.

Nouhoum Dicko

Stagiaire

Le Républicain du 23 novembre 2009

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